Régiment de sécurité présidentielle

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Régiment de sécurité présidentielle
Création 1995
Dissolution 2015
Pays Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso
Allégeance Président du Faso
Branche Armée de Terre
Type Régiment interarmés
Rôle sécurité des institutions
Effectif 1 200
Garnison Ouagadougou
Ancienne dénomination 1er bataillon du Centre Nationale d'entrainement Commando de Po
Marche pas lent
Équipement Acmat bastions, pick-up, Acmat Altv, VLRA, AK47, AKM, mitrailleuses PK, SVD Dragunov, RPG 7
Commandant Commandant Abdoul Aziz Korogo
Commandant historique Général Gilbert Diendéré
Le RSP fut créé par Blaise Compaoré pour soutenir son régime autoritaire

Le Régiment de sécurité présidentielle était une unité des forces armées du Burkina Faso chargée de la protection du président du Burkina Faso, des institutions républicaines et de toute autre personne désignée par le Président du Faso[1] de 1995 à 2015.

Historique[modifier | modifier le code]

Après être arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d’État particulièrement violent le qui conduit à l'assassinat du capitaine Thomas Sankara et plusieurs de ses collaborateurs et soutiens, le nouveau président, le capitaine Blaise Compaoré qui cherche à asseoir son pouvoir par la force voire la terreur crée le régiment de sécurité présidentielle (RSP) par décret le 21 novembre 1995. Le RSP est alors constitué par Gilbert Diendéré autour du détachement ouagalais du 1er bataillon du Centre National d’Entraînement Commando de qui avaient activement participé au coup d’État du 15 octobre 1987[2].

Le RSP est placé sous la responsabilité directe du Chef d’état-major particulier du Président du Faso ; de ce fait il échappe totalement au contrôle des autres responsables militaires. Il bénéficie cependant d'un important armement qui, couplé à la qualité de ses hommes, en font l'unité la plus crainte par le reste de l'armée burkinabè. D'ailleurs, pour garder le rapport des forces en sa faveur, Blaise Compaoré n’hésite pas à affaiblir les autres régiments de l'armée régulière. Des régiments d'élite comme le 25e régiment de parachutistes commandos sont gardés en sous-effectifs et leurs armements sont considérablement réduits pour ne pas gêner le RSP. Toujours à ce titre, la garnison de Ouagadougou se voit vidée de ses troupes combattantes pour ne laisser que les unités de soutien (génie militaire, intendance, santé, etc.).

Dissolution[modifier | modifier le code]

Le 25 septembre 2015, un décret du Conseil des ministres décide la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle[3]. Son désarmement débute le jour même[4]. La dissolution officielle a lieu le 6 octobre 2015[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le RSP se composait de 3 groupements avec un effectif total d'environ 1 200 militaires.

  • Groupement des Unités d’Intervention GUI (avec 03 Compagnies d’Intervention)
  • Groupement de Commandement et des Services GCS (avec 01 Cie de Services et la Compagnie d’Appui)
  • Groupement des Unités Spéciales GUS (avec 01 Groupe de Sécurité Rapprochée, 01 groupe d’Intervention Anti-terroriste GIAT et 01 Groupe de Recherche Identification et Neutralisation des Explosifs RINEX).

Le RSP bénéficiait de beaucoup de financements du budget de l'armée burkinabè et aussi de ressources occultes émanant directement du président Compaoré. Il est exclusivement présent dans la ville de Ouagadougou dans 2 camps militaires : le camp militaire du conseil de l'entente et le camp Naaba Koom II, qui se situe à l’arrière du palais de la présidence.

Commandants[modifier | modifier le code]

  • 1996-1997 : commandant Ousséni Ouédraogo
  • 1997-1999 : capitaine Yaya Seré
  • 1999-2007 : lieutenant-colonel Atogodan Adinaly
  • 2007-2011 : lieutenant-colonel Omer Bationo
  • 2011-2014 : colonel-major Boureima Kere
  • 2014-2015 : lieutenant-colonel Moussa Celeste Coulibaly
  • 2015-2015 : commandant Abdoul Aziz Korogo

Polémiques[modifier | modifier le code]

Norbert Zongo, un journaliste assassiné par le RSP

Le RSP a été formaté comme une garde prétorienne au service d'un homme, le président Blaise Compaoré. Ses membres sont cités dans plusieurs crimes politiques, tortures, meurtres et assassinats ciblés au Burkina Faso. Ainsi on peut mettre à leur actif (sans faire mention des crimes commis par le 1er bataillon du CNEC, l’ancêtre du RSP entre 1987 et 1995).

  • Le meurtre de David Ouedraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet du président Blaise Compaoré en 1998[6]
  • L'assassinat le 13 décembre 1998 du journaliste d'investigation Norbert Zongo, mort criblé de balles et carbonisé dans sa voiture en compagnie de 3 autres personnes alors qu'il enquêtait sur le meurtre de David Ouedraogo[7].
  • La participation aux guerres civiles sierra-leonaise et libérienne aux côtés de Charles Taylor[8],[9].
  • Il y a aussi l'assassinat de Bernadette Tiendrebeogo, une jeune femme d'une trentaine d'annéee en plein domicile familial par un militaire du RSP le 11 mars 2013[10].
  • Lors de la révolte de 2011, le régiment entre en mutinerie obligeant le président à fuir son palais pour un lieu inconnu et procédant à des pillages et à des exactions sur la population[11].
  • Toujours pendant la révolte de 2011, une mission conjointe des éléments du RSP avec le RPC (régiment de parachutistes commandos) et la gendarmerie sont envoyés pour mater une autre mutinerie dans la ville de Bobo Dioulasso, ce qui se soldera par un lourd bilan côté mutins (7 morts selon les autorités, plusieurs dizaines selon les médias locaux)[12],[13].
  • Lors de l’insurrection populaire d'octobre 2014, plusieurs personnes sont abattues à balles réelles devant le domicile de François Compaoré et sur la route du palais présidentiel de Kosyam[14],[15].
  • À la faveur de cette insurrection, un officier de ce régiment Yacouba Isaac Zida, bénéficiant du rapport de force à son avantage s'auto-proclame chef de l’État.
  • Le 30 décembre 2014, une partie du régiment réclamant la non-dissolution de leur unité et protestant contre l'affectation d'officier du régiment à d'autres fonctions dans l'armée régulière empêche la tenue du conseil des ministres. L'exercice reprend le 4 février 2015 avant que leurs doléances soient satisfaites[16].
  • Le 17 septembre 2015, à la faveur d'un coup d'État, le général Gilbert Diendéré renverse le pouvoir en place avec l'appui du RSP. Il gouverne le pays pendant 6 jours. Une médiation orchestrée par la CEDEAO échoue à convaincre les burkinabés. Finalement, avec l'aide de la population burkinabé, l'armée régulière trouve un compromis avec le RSP chez le mogho naaba. Dans une allocation télévisé le président de transition est rétabli avant de dissoudre le RSP le 25 septembre suivant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Forces armées nationales : Le mémoire en défense du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) »
  2. « Forces armées nationales : Le mémoire en défense du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) »
  3. « Compte rendu du Conseil des ministres du 25 septembre 2015 »,
  4. « Burkina : Le gouvernement prononce la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) »,
  5. Frédéric Couteau, « A la Une: le RSP désarmé », sur rfi.fr, (consulté le 8 octobre 2015).
  6. « Burkina Faso : François, l'autre Compaoré »
  7. « Burkina Faso : François, l'autre Compaoré »
  8. « Tribunal de Sierra Leone : Un ancien général de Charles Taylor, John Tarnue accuse Blaise Compaoré de complot contre Thomas Sankara »
  9. « Charles Taylor condamné à 50 ans de prison, pour la guerre en Sierra Leone. À quand la justice pour la guerre du Libéria ? »
  10. « Assassinat de Bernadette Tiendrebeogo »
  11. « Burkina Faso : mutinerie au sein du régiment présidentiel de Blaise Compaoré Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Burkina Faso | Burkina Faso : mutinerie au sein du régiment présidentiel de Blaise Compaoré | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook »
  12. « La garde présidentielle réprime une mutinerie à Bobo-Dioulasso »
  13. « RSP ou gendarmerie : Il faut remettre chacun dans son rôle »
  14. « Burkina Faso. Une enquête doit être menée sur des tirs de l’armée contre des manifestants »
  15. « Tirs à balles réelles, communications coupées: le Burkina Faso s’embrase »
  16. « RSP : Les raisons de la colère. Qui sont les nouveaux hommes forts »

Voir aussi[modifier | modifier le code]