Quinquegentanei

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Les Quinquegentianei ou Quinquegentiani ou Quinquégentiens étaient une confédération tribale berbère de l'Antiquité classique, qui résidait entre Saldae, et Rusuccuru, région qui est maintenant connue sous le nom de Kabylie, en Algérie[1]. Leur territoire s'étendait à la frontière orientale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, et même s'ils étaient officiellement sous domination romaine, ils agissaient de manière très autonome. Au IIIe siècle, ils entrent en révolte contre Rome[2].

Parmi les historiens d'aujourd'hui, Lionel Galand propose de voir dans les Quinquégentiens (« cinq tribus ») de l'Antiquité, comme les ancêtres des actuels Kabyles, théorie aujourd'hui acceptée. Non seulement leur emplacement autour du Mons Ferratus (l'actuel Djurdjura) coïncide avec celui de cette population berbère, mais aussi la dénomination actuelle, Leqbayel, qui vient du terme arabe « tribus » pourrait être une continuation de l'ancienne dénomination, les (cinq) tribus.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'ethnonyme Quinquegentiani signifie "les gens des cinq tribus" en latin. Cela suggère que les Quinquegentiane étaient une confédération de plusieurs tribus berbères différentes au lieu d'une seule tribu[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 253, les Quinquegentiani, qui avaient formé une confédération avec les Bavares et les Fraxinenses, deux autres tribus berbères de la région, ont commencé à attaquer et à pilonner des colonies romaines en Numidie. Ces hostilités ont conduit à une intervention romaine, mais en raison de problèmes plus urgents, comme la mort de l'empereur Émilien et la succession impériale, la guerre a duré une décennie, et les Romains ont réussi à rétablir l'ordre en 262. La confédération tribale a été dissoute, et les tribus ont été repoussées dans leurs terres natales[4],[5].

Avec le retour victorieux de Constance, Maximien peut se concentrer sur le conflit en Maurétanie. Du fait de l'affaiblissement de l'autorité romaine au cours du iiie siècle, les tribus nomades berbères harcèlent les colonies romaines de la région avec des conséquences de plus en plus graves. En 289, le gouverneur de la Maurétanie Césarienne (correspondant à l'actuelle Algérie centrale et occidentale) obtient un court répit opposant une petite armée face aux Quinquegentanei et aux Bavares, mais les raids reprennent peu après. Les Quinquegentiani se sont de nouveau rebellés contre la domination romaine en 289. Cette fois, ils ont été de nouveau soutenus par les Bavares. La rébellion était initialement un succès, le terrain était défavorable aux troupes romaines, et les berbères étaient habiles à la guérilla, mais en 297, les forces romaines de Maximien Hercule ont commencé une grande offensive[6], qui a conduit les rebelles à leurs terres natales dans les montagnes Atlas, et de Kabylie; Cependant, au début de 298, Maximianus a envahi leurs terres natales afin de leur infliger une plus grande punition; En utilisant des tactiques de terre brûlées, et en tuant autant qu'il le pouvait, il aurait conduit les Quinquegentiani au Sahara. Au printemps 298, une paix a été conclue, et les Quinquegentiani ont disparu des records romains[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gaston Louis Emmanuel Du Fresne marquis de Beaucourt, Paul Allard et Jean Guiraud, Revue des questions historiques, vol. 41, Librairie de Victor Palmé, (lire en ligne), p. 38
  2. Revue archéologique, Ernest Leroux., (lire en ligne), p. 57
  3. (en) J.D. Fage et Roland A. Oliver, The Cambridge History of Africa, Cambridge, United Kingdom, Cambridge University Press, , 206 p. (ISBN 9780521215923)
  4. (en) Susan Raven, Rome in Africa, London, United Kingdom, Routledge, (ISBN 9780415081504)
  5. (en) J.D. Fage et Roland A. Oliver, The Cambridge History of Africa, Cambridge, United Kingdom, Cambridge University Press, , 206 p. (ISBN 9780521215923)
  6. (en) Susan Raven, Rome in Africa, London, United Kingdom, Routledge, (ISBN 9780415081504)
  7. (en) J.D. Fage et Roland A. Oliver, The Cambridge History of Africa, Cambridge, United Kingdom, Cambridge University Press, , 206 p. (ISBN 9780521215923)