Aït Waghlis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Aït Waghlis
Description de cette image, également commentée ci-après
Un village des Aït Waghlis (Tasga, commune de Souk Oufella)
Populations significatives par région
Autres
Régions d’origine Kabylie
Langues Kabyle
Religions Islam
Communes de la wilaya de Béjaïa auxquelles est rattaché le territoire des Aït Waghlis

Aït Waghlis (ou Ath Waghlis) est une tribu berbère de Kabylie, région montagneuse du nord de l'Algérie, établie sur la rive gauche de la Soummam et le versant sud du mont Akfadou, occupant le territoire constitué approximativement de la commune de Sidi Aïch et des communes avoisinantes[1] : Chemini, Leflaye, Souk Oufella, Tibane et Tinabdher[2]. C'est la tribu la plus importante en nombre de la vallée de la Soummam[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon une première hypothèse, le nom de la tribu des Aït Waghlis proviendrait du nom de l'ancêtre éponyme Waghlis, un souverain berbère musulman[3].

A contrario, une autre hypothèse donne une origine commune à l'ethnonyme et au nom kabyle de la panthère, soit la racine berbère γls, et propose deux acceptions : dans la première, le nom waghlis viendrait des couleurs (probablement tachetées) de la panthère que l'on retrouvait sur les tuniques que portaient les waghlissiens ; dans la seconde acception, le nom de la tribu ferait simplement allusion à la bravoure du fauve qui serait un attribut de la tribu[4].

Ce nom de tribu donnera naissance au patronyme al-Waghlisi[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de la tribu[modifier | modifier le code]

Carte d'état-major de la Région de Sidi Aïch.

Établie sur le versant sud du mont Akfadou, dans la chaîne du Djurdjura), la tribu des Aït Waghlis occupe le territoire inscrit dans le triangle délimité à l’ouest par la rivière Ighzer Amokrane jusqu’au col d’Akfadou (à la limite avec la tribu des Ouzellaguen), au nord par une ligne partant du col d'Akfadou le long de l’oued Remila (à limite avec la tribu des Aït Mansour), et au sud par la rivière de la Soummam.

Le territoire de la tribu s'étend sur une vingtaine de kilomètres en longueur, de Semaoun à l'ouest à Tinabdher à l'est, et sur une dizaine de kilomètres en largeur, d'Aourir au nord à Takrietz au sud ; Ighzer n Souk délimitant la partie Ath-Sammer à l'Ouest et Ath Mzal à l'Est. Sidi-Aïch constitue un centre reliant le âarchs Ath Waghlis à ses voisins du flanc méridional de la vallée : At-Yemmel Seddouk, Amalou et Imessissen.

Communes et villages de la tribu Aït Waghlis[modifier | modifier le code]

Les principales localités des Aït Waghlis sont : Aourir Ousammer (Souk Oufella), Bu Mellal, Leflaye, Tibane, Tifra, Tiloua el Qadi (Souk Oufella), Timezgug (Tibane), Tinabdher et Sidi Aïch[1].

Le territoire de la tribu est réparti sur six communes relevant de deux daïras de la wilaya de Béjaïa :

Ce territoire est constitué d'une soixantaine de villages, dont :

  • Chemini (vingt-trois villages, 17 220 habitants) : Agueni, At-Chemini, At-Ouragh, Ait-Soula, At-Zadi, Bouchachiou (ex:Ighzer Oukharouv), Boumelal, Djenane, Il-Maten, Imaâliouène, Larbâa, Louta, Semaoun, Sidi Hadj Hassaine, Sidi-Yahia, Taghrast (Taɣrast), Taguemount, Takhlidjt, Takorabt, Tazrout, Tidjounane, Tighilt (Tiɣilt), Tihouna, Tissirra.
  • Leflaye : El Maadi, Ath Daoud, Izrghad, leflaye
  • Souk-Oufella : Aourir, Ayaten, Tasga, Taourirt, Berkouk, Takrietz, Azib Ismaïl n'Aït Tsouati, Zountar, Tiliouacadi, At-Oubelaïd.
  • Tibane (neuf villages, 5 148 habitants) : At-Chetla, At-Oubelaïd, Maxène, Mezgoug, Takorabt, Taourirt, Tizi-Laraïf, Tighilt Tawraght et Tibane (chef-lieu).
  • Tinebdar : Bermatou, Iguer-Ammar,Talaou Zrou, Irouflen, Chevirdhou, Sidi-Moussa, Tadoukant, Tala N'Tagmount, Igoudiane, Tirezerathin (Tiɣezratin).

Histoire[modifier | modifier le code]

I Selon les anciens, la tribu des Aït Weɣlis a été très tôt divisée en deux: Au Nord les At Menzal (Communes de Sidi Aich, Tibane, Leflay, Tinebdar). Au sud: les At Usammar (Communes de Azru n Chemini et Souk Oufella). Les Aït Weɣlis Usammar aurait fait partie de la confédération des Igawawen qui rassemblait beaucoup de tribus des versants nord du Djurdjura. Les At Menzer ont fait alliance avec des tribus de la vallée de la Soummam. Cela explique les différences linguistiques entre les deux factions. Alors que les Usammar (comme ses voisins: Awzellagen, At Ziki, At Idjeur) utilisent des explosives comme les tribus de la confédération des Igawawen (tappurt, heggi, axxam k yemɣaren, axxam-aki), les At Menzal prononcent ces phonèmes comme plus largement dans la vallée de la Soummam (tawwurt, heyyi, axxam yemɣaren, axxam-ayi).[réf. nécessaire][6].

Les Aït Waghlis étaient passés maîtres dans le travail du palmier nain (ddum, igezdem en kabyle)[7].

Coutumes et traditions[modifier | modifier le code]

Les Aït Waghlis sont connus par les tribus environnantes pour leur pouvoir (qudra) de réduire les fractures que leur attribue la coutume[8]. Cette pratique perdure aujourd'hui chez une famille du village d'Ath Soula (axxam n'tbib).

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Camille Lacoste-Dujardin, Dictionnaire de la culture berbère en Kabylie, La Découverte, (ISBN 2707145882), p. 55.
  2. Yacine Ould Zakres, « Sur les traces des Aït Waghlis : parcours de mémoire », El Watan, no 6551,‎ , p. 16 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  3. a et b Foued Laroussi, Plurilinguisme et identités au Maghreb, Publications de l'Université de Rouen, (ISBN 9782877752282, lire en ligne), p. 64.
  4. Youcef Allioui, Les Archs, tribus berbères de Kabylie : Histoire, résistance, culture et démocratie, L'Harmattan, (ISBN 9782296013636, présentation en ligne), p. 250.
  5. M. A. Haddadou, « Ces prénoms que vous portez : Noms de lieux devenus prénoms (I) », Infosoir,‎ (lire en ligne).
  6. Rapport de la commission chargée de l'application du Sénatus consulte le 25 novembre 1869, présidée par M. Augeraud, colonel commandant la Subdivision de Sétif, Province de Constantine, extrait en ligne [archive].
  7. Youcef Allioui, p. 168.
  8. M. A. Haddadou, « Coutumes & Traditions : La magie et ses rites (XV) », Infosoir, no 1842,‎ , p. 6 (ISSN 1112-9379).
  9. Le philosophe happé par la politique. Article du journal El Watan du 30/06/2011. Consulté le 09/04/2012.
  10. [1] Consulté le 09/04/2012.
  11. Combattant durant la Guerre de Libération nationale algérienne
  12. Zoheir Ihadaden - Du maquis au journalisme. Article du journal El Watan du 30/06/2011. Consulté le 15/10/2011.
  13. Mohand Amokrane Maouche, un pionnier du football algérien Consulté le 06/07/2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]