Bibans

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Bibans
Carte topographique de la Kabylie avec les Bibans au sud-ouest.
Carte topographique de la Kabylie avec les Bibans au sud-ouest.
Géographie
Altitude 1 840 m, Djebel Maadhid ou Aguergour[1]
Massif Atlas tellien
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilayas Bouira, Bordj Bou Arreridj, Béjaïa
Géologie
Roches Roches sédimentaires

Les Bibans (arabe : البيبان, al-Bībān ; berbère : ⵉⵡⴰⵏⵓⵖⴻⵏ, Iwanughen) sont une chaîne de montagnes du Nord de l'Algérie qui culminent à 1 840 mètres d'altitude, entre la vallée du fleuve Sahel-Soummam et les hautes plaines de la Medjana dans la « Petite Kabylie » et constituant une partie de l'Atlas tellien.

En partie territoire de la tribu kabyle des Aït Abbas (Beni Abbès), elle a été marquée, entre les XVIe et XIXe siècles, par le rayonnement de la Kalâa des Beni Abbès et du royaume éponyme.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Ce massif montagneux est le lieu d'un passage stratégique nommé en berbère Taggurt (« la porte ») ; l'usage considérant souvent deux passages (un petit et un grand), le secteur est aussi nommé au pluriel Tiggura (« les portes »). C'est de ces mots berbères qu'est donné le nom arabe (al-Bībān), puis en français les Portes de Fer, à ce passage ; ensuite, par extension dans ces deux langues, le mot arabe Bibans (« les portes ») est employé pour désigner le massif montagneux entier[2].

Avant la colonisation française, ce massif montagneux avait pour nom en arabe Ouannougha[3], qui dérivait du nom berbère du massif ⵉⵡⴰⵏⵓⵖⴻⵏ (Iwanughen)[4].

Les Romains appelaient la chaîne, mont Ferratus (« montagne de fer »)[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue sur les Bibans de Sour El-Ghozlane

Les Bibans sont une chaîne montagneuse de roches schisteuses et marneuses de l’Algérie centrale[6], faisant partie de l'Atlas tellien et dominant la plaine des Beni Slimane et la dépression de l'oued Sahel-Soummam[7].

La chaîne comporte deux défilés très étroits et tourmentés (les Biban ou Portes) qui assurent le passage de la vallée de l’oued Sahel au bassin de l’oued Bou Sellam. Ces défilés de franchissement difficile ont été creusés dans des couches de schistes marneux redressées à la verticale, les gorges sont traversées par l’oued Chebba (Bab el-kebir) et par l’oued Bou Ktoun (Bab es-Sghir)[6].

Le massif des Bibans s’étend du massif du Titteri à l'ouest aux Babors à l'est, au sud de la chaîne du Djurdjura, il fait jonction avec le Hodna au sud. Il s’étend sur trois wilayas : Bouira, Bordj Bou Arreridj et Béjaïa[5].

Les monts sont à dominance calcaire, leur composition prend les aspects d’un relief karstique où se succèdent gouffres, grottes, crevasses, balcons, belvédères et rivières intérieures[5]. Sur leurs flancs, on retrouve des sources thermales ; trois d’entre elles sont très actives, présentent un débit important, une température généralement supérieure à 60 degrés[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Chaîne des Bibans.
Article détaillé : Expédition des Portes de Fer.

L'itinéraire de la grande « Porte », n'a été emprunté qu’à partir du XVIe siècle, par les Ottomans qui le suivirent parce qu’il correspondait au trajet le plus court entre Alger et le Beylik de l'Est. Les tribus montagnardes qui gardaient cette voie percevaient, à chaque passage des colonnes ottomanes, un droit dont la somme était fixée d’avance[6].

Dans l’Antiquité et pendant le Moyen Âge les voies de communication les plus suivies entre l’Algérie centrale et l’Algérie orientale passaient beaucoup plus au sud : la principale contournait par le sud les Monts du Hodna et le Zab et atteignait Sour El Ghozlane ; un autre itinéraire, reliait directement Sétif à Sour El Ghozlane longeant le versant sud des Monts du Guergour et de la chaîne des Bibans[6].

À l'époque de la régence d'Alger (XVIe – XIXe siècle), c'est dans les Bibans que se trouve le centre du royaume des Beni Abbès, la citadelle de la Kalaa[8]. Les dirigeants de ce royaume quasi indépendant, les Amokrane, ou Mokrani, dominent notamment la plaine de la Medjana au sud, mais un enjeu fondamental pour eux est le contrôle des Portes de Fer.

Durant la conquête de l'Algérie par la France, un épisode crucial s'y déroule en octobre 1839 : le franchissement des Portes de Fer par une colonne française incluant le duc d'Orléans et le gouverneur général Valée, la première à réaliser la jonction terrestre entre Alger et Constantine (conquise en novembre 1837)[9].

Ce passage se déroule sans problème, car le maréchal Valée avait, par l’entremise de Ahmed El-Mokrani - reconnu comme bachagha de la Medjana par la France -, versé aux montagnards le droit de passage pour mettre fin à l’ambition de l’Émir Abd el-Kader de contrôler l’Algérie centrale dans sa totalité. Désormais, les clauses obscures du Traité de la Tafna étaient dépassées et la guerre reprenait entre l’Émir et la France[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. E.B. et M. Dahmani, « Kabylie : Géographie », in Encyclopédie berbère, 26 | Judaïsme – Kabylie ; en ligne, mis en ligne le 1er juin 2011, consulté le 29 juin 2015.
  2. Tassadit Yacine-Titouh, Poésie berbère et identité: Qasi Udifella, héraut des At Sidi Braham, Les Éditions de la MSH, 1990, 444 pages, p. 19, [lire en ligne].
  3. Youcef Benoujit, La Kalaa des Béni Abbès au XVIe siècle, Dahlab, 1997, 350 pages, p. 68
  4. Tassadit Yacine-Titouh, Poésie berbère et identité: Qasi Udifella, héraut des At Sidi Braham, Les Éditions de la MSH, 1990, 444 pages, p. 45, [lire en ligne].
  5. a, b, c et d Trois sources thermales du massif des Bibans : L’appel de la nature, Le Jour d’Algérie du 31 mai 2008
  6. a, b, c, d et e E.B., P. Trousset et R. Paskoff, « Biban (Les Portes) », in Encyclopédie berbère, 10 | Beni Isguen – Bouzeis En ligne, mis en ligne le 1er mars 2013, consulté le 29 juin 2015.
  7. « Chaîne des Bibans », sur larousse.fr (consulté le 29 juin 2015).
  8. « Ighil-Ali », in Encyclopédie berbère, 24 | Ida – Issamadanen ; En ligne, mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 29 juin 2015.
  9. Marc Côte, Guide d'Algérie : paysages et patrimoine, Média-Plus, , 319 p. (ISBN 9961-922-00-X), p. 134Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]