Questel (entreprise)

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Questel est une entreprise française spécialisée dans l'information et la propriété intellectuelle.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, alors que les États-Unis mènent une politique nationale de circulation de l'Information scientifique et technique, en lançant notamment MEDLINE, la France souhaite développer ses compétences dans le domaine de l'information afin d'assurer une indépendance nationale sur ces enjeux stratégiques[1]. Pour travailler sur ces questions, le Bureau national de l'information scientifique et technique (BNIST) est créé en 1973, avant de devenir la Mission interministérielle de l’information scientifique et technique (MIDIST) en 1979. C'est à cette époque que la structure oriente sa politique sur la mise en œuvre d'un « centre serveur national »[2] sur les recommandations du rapport Aigrain-Dejou[3].

Cette opération sera confiée à Télésystèmes, filiale du groupe qui deviendra France Télécom. Le est lancé le serveur Questel. Dans les premiers temps régie intéressée, la structure reçoit des subventions de l'État de plusieurs millions de francs par an (132 millions sur la période 1978 - 1986)[4].

La structure qui était jusqu'alors une division de Télésystèmes devient une structure indépendante en 1989 tout en restant une filiale du groupe France Télécom. La société se développe en rachetant son concurrent américain Orbit et prend le nom de Questel.Orbit.

À la fin des années 1990, son propriétaire essaie de vendre la société sans y parvenir et c'est finalement en 2000 que la structure Intelligence Property Group nouvellement créée rachète 80 % des parts de l'entreprise, France Télécom conservant les 20 % restants quelque temps avant de les céder[5].

Le serveur Questel (1979)[modifier | modifier le code]

Questel est un serveur qui offre l'accès à des banques de données réalisées par des producteurs tiers, dans des domaines divers. Il participe, dans les années 1980 et 1990, à transformer, par l'accès à l'information numérisée, les processus d'archivage et de gestion de documentations[6],[7],[8],[9],[10],[11]. Lors de son lancement en 1979, Questel met à disposition de ses usagers une douzaine de bases bibliographiques françaises ainsi que Chemical Abstracts Service[12]. L'accès au serveur, situé à Valbonne-Sophia-Antipolis[13], se fait à l'aide du réseau transpac[14] et du logiciel Mistral.

Comme la plupart des serveurs disponibles à l'époque, l'accès à Questel est payant et intègre plusieurs éléments : un droit d'entrée (sous la forme d'un abonnement annuel, 1 290 f en 1992 par exemple); un coût proportionnel à la durée de connexion, variable selon la base consultée[15]; une majoration pour la consultation des références et des conditions particulières pour les options (0,70 francs pour la sauvegarde d'un résultat par exemple en 1992 toujours)[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Salaün, « Les politiques scientifiques en information scientifique et technique », dans Martine Poulain, Histoire des bibliothèques françaises, t. III, Paris, Cercle de la librairie, , 1187 p. (ISBN 978-2-7654-0973-1), p. 685-701
  2. Souad Odeh, Le positionnement des intermédiaires en économie de l’information numérique : le cas de l’industrie bibliographique, Lyon, Université Lumière-Lyon-II, , 257 p. (lire en ligne)
  3. Titré Les échanges scientifiques internationaux sur les problèmes de réseaus et de système d'IST, ce rapport au président de la République de mars 1979 n'a pas été publié.
  4. Jiaji Ma, Pouvoirs publics et serveur Questel, ENSSIB, , 107 p. (lire en ligne)
  5. « Questel : premier serveur d'information brevets », sur www.bases-netsources.com (consulté le 9 janvier 2016)
  6. « Expériences, évolutions : Les documentalistes en mouvement », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. « Une araignée dans la pinède Les télécommunications sont devenues une industrie majeure. Et un atout », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « L'information professionnelle électronique " En ligne ", en disques et surtout en forme », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « Banque de données pour le sous-sol », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. « Oredic, trois ans après », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. « L'électronique dépoussière les archives », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. Serge Cacaly et Yves-François le Coadic, « Fifty years of scientific and technical information policy in France (1955-2005) », Journal of Information Science,‎ (lire en ligne)
  13. François Russo, « Destin et maîtrise de l'information écrite », Études,‎ , p. 621-632 (lire en ligne)
  14. Clarisse Marandin et Jean-Émile Tosello-Bancal, Des banques de données : pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, , 6e éd., 50 p.
  15. Anny Maximin, « Bases et banques de données juridiques et économiques françaises », Bulletin des bibliothèques de France, vol. 26, no 7,‎ , p. 391-405 (lire en ligne)
  16. Marie-France Blanquet, L'industrie de l'information : l'offre et la demande, , 239 p.