Prise du Fort Ticonderoga

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Prise du Fort Ticonderoga
Description de cette image, également commentée ci-après

Gravure de 1875 par John Steeple Davis donnant une représentation idéalisée et inexacte d'Ethan Allen demandant la reddition du fort.

Informations générales
Date
Lieu Ticonderoga (New York)
Issue Victoire américaine
Belligérants
Milices du Vermont
et du Connecticut
Union flag 1606 (Kings Colors).svg British Army
Royal Marines
Commandants
Ethan Allen
Benedict Arnold
William Delaplace
Forces en présence
83 48
Pertes
0 48 capturés

Guerre d'indépendance des États-Unis

Batailles

Coordonnées 43° 50′ 29″ Nord 73° 23′ 17″ Ouest / 43.841388888889, -73.388055555556

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
 Différences entre dessin et blasonnement : Prise du Fort Ticonderoga.

Géolocalisation sur la carte : New York

(Voir situation sur carte : New York)
 Différences entre dessin et blasonnement : Prise du Fort Ticonderoga.

La prise du Fort Ticonderoga est un événement du début de la guerre d'indépendance américaine ; le , les colonels Ethan Allen et Benedict Arnold s'emparèrent du fort britannique de Fort Ticonderoga dans l'État de New York. Les canons pris après la bataille furent utilisés au siège de Boston.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1775, la position de Fort Ticonderoga n'apparaît pas aussi importante du point de vue stratégique qu'elle ne l'a été durant la guerre de la Conquête, quand les Français l'ont fameusement défendu contre une force britannique beaucoup plus importante lors de la bataille de Fort Carillon en 1758, et lorsque les Britanniques l'ont capturé en 1759. Après le Traité de Paris de 1763, dans lequel les Français cèdent aux Britanniques leurs territoires en Amérique du Nord, le fort n'est plus à la frontière de deux grands empires, gardant la principale voie navigable entre eux deux[1]. Les Français ont fait sauter la poudrière du fort lorsqu'ils l'ont abandonné, et il s'est délabré depuis lors. En 1775, il n'est occupé que par un petit détachement du 26e Regiment of Foot, composé de deux officiers et quarante-six hommes, dont nombre d'« invalides » (des soldats avec un service limité à cause d'invalidités ou de maladie). Vingt-cinq femmes et enfants y vivent également. À cause de son importance passée, Fort Ticonderoga a toujours une haute réputation comme la « porte d'entrée du continent » ou le « Gibraltar d'Amérique », mais en 1775, il est d'après l'historien Christopher Ward, « davantage un village reculé qu'un fort[2]. »

Avant même les premiers échanges de tirs dans la guerre d'indépendance américaine, les patriotes américains étaient intéressés par Fort Ticonderoga. Le fort est un atout précieux pour plusieurs raisons. Dans ses murs se trouve un ensemble de pièces d'artillerie lourde incluant des canons, des obusiers et des mortiers, des types d'armement qui manquent aux Américains[3],[4]. Le fort est situé sur les rives du lac Champlain, une route d'importance stratégique entre les Treize colonies et les Provinces du nord contrôlées par les Britanniques. Les forces britanniques qui y sont stationnées pourraient exposer les forces coloniales de Boston à une attaque par l'arrière[3]. Après que la guerre a commencé avec les batailles de Lexington et Concord le 19 avril 1775, le général britannique Thomas Gage réalise que le fort aurait besoin d'être fortifié, et plusieurs colons ont l'idée de capturer le fort.

Gage, écrivant de la ville assiégée de Boston à la suite des batailles de Lexington et Concord, demande au gouverneur du Québec, le général Guy Carleton, de réhabiliter et de refortifier les forts de Ticonderoga et Crown Point[5]. Carleton ne reçoit pas cette lettre avant le 19 mai, bien après que le fort a été capturé[6].

Benedict Arnold s'est fréquemment rendu dans la région autour du fort et connaît son état, ses hommes et son armement. En route pour Boston à la suite des nouvelles des événements du 19 avril, il mentionne le fort et son état aux membres de la milice de Silas Deane[7]. Le comité de correspondance du Connecticut acted on cette information ; de l'argent est « emprunté » des coffres de la province et des recruteurs sont envoyés dans le nord-ouest du Connecticut, l'ouest du Massachusetts et dans les New Hampshire Grants (actuel Vermont) pour rassembler des volontaires pour une attaque du fort[8].

Lorsque Arnold arrive à l'extérieur de Boston, il parle au comité de sécurité du Massachusetts des canons et des autres équipements militaires présents au fort faiblement défendu. Le 3 mai, le comité donne à Arnold une commission de colonel et l'autorise à mener une « mission secrète », qui consiste à capturer le fort[9]. Il reçoit 100 £, de la poudre, des munitions et des chevaux et est chargé de recruter jusqu'à 400 hommes, marcher sur le fort et ramener au Massachusetts tout ce qu'il pense pouvoir être utile[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Randall 1990, p. 86.
  2. Ward 1952, p. 69.
  3. a et b Ward 1952, p. 64.
  4. Drake 1873, p. 130.
  5. Gage 1931, p. 397.
  6. Lanctôt 1967, p. 49.
  7. Randall 1990, p. 85.
  8. Randall 1990, p. 87.
  9. Ward 1952, p. 65.
  10. Nelson 2006, p. 15.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael A. Bellesiles, Revolutionary outlaws : Ethan Allen and the struggle for independence on the early American frontier, Charlottesville, University Press of Virginia, , 428 p. (ISBN 978-0-8139-1603-3, OCLC 472722632)
  • (en) Mark Mayo Boatner, Encyclopedia of the American Revolution, Mechanicsburg, Stackpole Books, , 3e éd. (1re éd. 1966), 1290 p. (ISBN 978-0-8117-0578-3, OCLC 29595553)
  • (en) Francis S. Drake, Life and correspondence of Henry Knox : major-general in the American Revolutionary Army, Boston, S.G. Drake, , 160 p. (OCLC 2358685, lire en ligne)
  • (en) Thomas Gage, The correspondence of General Thomas Gage, volume 1, Yale University Press, (ISBN 978-0-208-00812-1)
  • (en) Charles A. Jellison, Ethan Allen : frontier rebel, Syracuse, Syracuse University Press, , 360 p. (ISBN 978-0-8156-2141-6)
  • (en) Gustave Lanctôt, Canada and the American Revolution, 1774–1783, Harvard University Press, (OCLC 70781264)
  • (en) James L. Nelson, Benedict Arnold's navy : the ragtag fleet that lost the Battle of Lake Champlain but won the American Revolution, Camden, McGraw-Hill, , 386 p. (ISBN 978-0-07-146806-0, OCLC 64510314, lire en ligne)
  • (en) Willard Sterne Randall, Benedict Arnold : patriot and traitor, New York, Morrow, , 667 p. (ISBN 978-1-55710-034-4, OCLC 21163135)
  • (en) Christopher Ward, The War of the Revolution, Volume 1, The Macmillan Company,