Bataille d'Iron Works Hill

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Bataille d'Iron Works Hill
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte, vers 1806, montrant les villes les plus importantes pour la bataille: Bordentown, Moorestown et Mount Holly, NJ.
Informations générales
Date 22-
Lieu Mount Holly (New Jersey)
Issue

Victoire tactique britannique

Victoire stratégique américaine
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-UnisDrapeau de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne
Flag of Hesse (state).svg Hesse-Cassel
Commandants
Flag of the United States (1777–1795).svg Samuel Griffin (en)Flag of Hesse (state).svg Carl von Donop (en)
Forces en présence
500-600 miliciens[1],[2]2000 britanniques et hessois[3]
Pertes
mineures[4]mineures[4]

Guerre d'indépendance des États-Unis

Batailles

Coordonnées 39° 59′ 42″ nord, 74° 47′ 13″ ouest

Géolocalisation sur la carte : New Jersey

(Voir situation sur carte : New Jersey)
Bataille d'Iron Works Hill

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Bataille d'Iron Works Hill

La bataille d'Iron Works Hill, également connue comme la bataille de Mount Holly, est une série d'escarmouches entre les soldats Américains sous le commandement du colonel Samuel Griffin (en) et les soldats Britanniques et Hessois sous le commandement du colonel Carl von Donop (en) qui se déroule du 22 au à Mount Holly (New Jersey), pendant la campagne de New York et du New Jersey de la guerre d'indépendance des États-Unis.

Alors que la force américaine composée de 600 hommes est finalement obligée de quitter ses positions contraint par une force plus importante composée de 2 000 soldats, cette bataille éloigne von Donop de ses positions à Bordentown, et l'empêche d'assister la brigade de Johann Rall à Trenton quand cette dernière est attaquée et vaincue par George Washington après que ses troupes est traversé le Delaware dans la nuit du 25 au 26 décembre[5],[6].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le colonel américain Samuel Griffin (en) et le colonel hessois Carl von Donop (en).

En , les forces britanniques sous le commandement du général William Howe débarquent à Staten Island. Au cours des mois suivants, les forces de Howe, composées de soldats réguliers de l'armée britannique et de troupes allemandes auxiliaires, les Hessois, chassent l'Armée continentale de George Washington hors de New York et à travers le New Jersey[7]. L'armée de Washington, dont la taille rétrécit en raison de l'expiration des engagements et des désertions dues au mauvais moral, se réfugie en Pennsylvanie sur la rive ouest du Delaware en novembre, s’emparant de toutes les embarcations disponibles pour enlever aux Britanniques toute possibilité de traverser le large fleuve[8].

Le général Howe établit une chaîne d'avant-postes à travers le New Jersey, et ordonne à ses troupes de prendre leurs quartiers d'hiver. Les avant-postes les plus au sud sont situés à Trenton et Bordentown[9]. L'avant-poste de Trenton est occupé par environ 1 500 hommes d'une brigade hessoises sous le commandement de Johann Rall, et l'avant-poste de Bordentown par des Hessois et les contingents du 42e régiment britannique (en), soit environ 2 000 hommes au total, sous le commandement du colonel Carl von Donop (en)[3]. Bordentown, elle-même n'est pas assez grande pour abriter toutes les forces de von Donop. Pensant un temps, cantonner quelques troupes encore plus au sud à Burlington, où il y a un fort soutien des Loyalistes, les batteries flottantes de la Pennsylvania Navy (en) menacent la ville, et Donop, plutôt que d'exposer ses alliés loyalistes à leurs tirs, est contraint de disperser ses troupes à travers la campagne environnante[10].

Alors que les troupes de von Donop et de Rall occupent les avant-postes, elles se retrouvent exposées aux actions des rebelles et des milices patriotes qui surgissent spontanément ou qui sont recrutées par les réguliers de l'armée pour agir. Ces actions mettent à rude épreuve les nerfs des troupes, avec l'incertitude quant au moment et à l'endroit où de telles attaques auraient lieu, et par quelle force de quelle taille. Elles poussent également les commandants à enquêter sur chaque rumeur de mouvement. Rall va jusqu'à ordonner à ses hommes de dormir complètement habillés comme s'ils étaient de garde en permanence[11],[n. 1].

Une compagnie de la milice est levée en sous le commandement du colonel Samuel Griffin (en) de Virginie. Griffin[n. 2] est l'adjudant du général Israel Putnam, qui est chargé de la défense de Philadelphie. La force de Griffin, dont la composition exacte est incertaine, comprend probablement des artilleurs de Virginie, de l'infanterie de Pennsylvanie et des miliciens du New Jersey, et compte de cinq à six cents hommes[1],[2]. À la mi-décembre, il atteint Moorestown, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Mount Holly[12],[13]. Le , Griffin se rend à Mount Holly et établi une fortification au sommet d'une colline près d'une usine sidérurgique, au sud de la rivière Rancocas Creek (en) et du centre du village[14]. Von Donop envoie un loyaliste pour enquêter, qui rapporte la présence d'une force qui ne dépasse pas plus de huit cents, et composée quasiment que des miliciens à l'exception de quelques soldats de Pennsylvanie[1]. Thomas Stirling, qui commande un contingent du 42e régiment positionné à environ dix kilomètres au nord de Mount Holly à Blackhorse (aujourd'hui Columbus, New Jersey (en)), entend des rumeurs affirmant qu'il y a 1 000 rebelles à Mount Holly et que 2 000 autres sont positionnés à l'arrière pour les soutenir[1]. Lorsque von Donop demande conseil à Stirling, celui-ci lui répond :« Vous, monsieur, avec les troupes de Bordentown, vous devriez venir ici et attaquer. Je suis sûr que nous sommes à la hauteur[n. 3] »[15].

Bataille[modifier | modifier le code]

Plaque commémorant l'escarmouche de Petticoat Bridge.

Le , environ 600 soldats de Griffin envahissent un avant-poste de garde du 42e régiment, situé à environ un 1,5 km au sud de Blackhorse, à Petticoat Bridge[16]. Dans la soirée du , l'adjudant de Washington, Joseph Reed (en), se rend à Mount Holly et rencontre Griffin. Griffin a écrit à Reed pour lui demander des petits pièces d'artillerie pour l'aider dans sa campagne, et Reed, qui a discuté d'une attaque planifiée contre les hommes de Rall à Trenton avec Washington, veut voir si la compagnie de Griffin à la capacité de participer à une attaque de diversion. Griffin est malade et ses hommes sont mal équipés pour mener une action importante, mais il accepte de prendre des mesures pour le lendemain[17],[18].

Le matin du , von Donop conduit environ 3 000 soldats, le 42e régiment britannique et les bataillons de grenadiers hessois Block et Linsing à Petticoat Bridge, où ils débordent les hommes de Griffin. Les troupes de Griffin se replient alors à Mount Holly où von Donop disperse selon ses dires environ 1 000 hommes près de la maison des réunions de la ville. Le capitaine des chasseurs à pied, Johann Ewald (en), rapporte qu'environ 100 hommes postés sur une colline près de l'église, sont rapidement contraint à la retraite après quelques coups de feu de l'artillerie[19]. Griffin, dont les troupes occupe Mount Holly, se retire alors lentement jusqu' à leur position fortifiée sur la colline, après quoi les deux camps se livrent à des tirs à longue distance sans conséquence[20].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les forces de Von Donop bivouaquent à Mount Holly dans la nuit du , où, selon Ewald, elles pillent la ville et notamment les magasins d'alcool et les maisons abandonnées afin de se saouler[15]. Von Donop lui-même prend ses quartiers dans la maison qu'Ewald décrit comme appartenant à une « veuve de médecin extrêmement belle[n. 4] »[15], dont l'identité est incertaine[21],[22]. Le lendemain, le , l'ensemble des forces de Von Donop se déplacent en force pour chasser la milice de la colline, mais Griffin et ses hommes se sont repliés à Moorestown pendant la nuit[20]. Von Donop et ses contingents restent à Mount Holly, à 29 km et une journée entière de marche de Trenton[23], jusqu' à ce qu'un messager arrive le , apporte la nouvelle de la défaite de Rall par Washington ce matin-là[20],[24].

Le bilan des combats autour de Mount Holly est souvent exagérées. Les comptes rendus publiés varient, y compris parmi les participants à la bataille. Un Pennsylvanien a affirmé que seize ennemis ont été tués, tandis qu'un milicien du New Jersey a déclaré sept ennemis tués[4]. Donop et Ewald ont spécifiquement nié toute perte britannique ou allemande lors de la première escarmouche, le 22 décembre[22], tandis que le Pennsylvania Evening Post rapporte plusieurs pertes ennemies et deux morts et sept ou huit blessés parmi la milice sur la totalité des événements[4].

Certains journalistes, dont le loyaliste Joseph Galloway, ont supposé que Griffin avait été envoyé spécifiquement pour éloigner von Donop de Bordentown, mais la décision de von Donop d'attaquer en force a apparemment été prise avant l'arrivée de Reed. Reed note dans son journal que « cette manœuvre[sic], bien que tout à fait accidentelle, avait eu un effet heureux car elle a éloigné le comte Donop... »[4]. La planification de la traversée du Delaware par George Washington comprenait l'envoi d'une milice à Griffin afin de mener une attaque contre von Donop à Mount Holly, mais cette compagnie n'a pas réussi à traverser le fleuve[25].

La colline que la milice de Griffin a occupée est située au parc Iron Works Park à Mount Holly. La bataille est reconstituée chaque année[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Citation originale : « fully dressed like [they were] on watch »[11].
  2. Le nom de Griffin est parfois mal orthographié en « Griffith ».
  3. Citation originale : « You sir, with the troops at Bordentown, should come here and attack. I am confident we are a match for them »[15].
  4. Citation originale : « exceedingly beautiful widow of a doctor »[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Fischer 2004, p. 198.
  2. a et b Dwyer 1983, p. 211.
  3. a et b Dwyer 1983, p. 151.
  4. a, b, c, d et e Dwyer 1983, p. 216.
  5. Rosenfeld 2006, p. 177.
  6. Di Ionno 2000, p. 29.
  7. Dwyer 1983, p. 5.
  8. Dwyer 1983, p. 24–112.
  9. Fischer 2004, p. 185.
  10. Dwyer 1983, p. 170–173.
  11. a et b Fischer 2004, p. 196.
  12. Dwyer 1983, p. 213.
  13. Hunt 1776,  : « ... the Soldiers had Taken our Meeing house [in Moorestown] to Lodge in ... »
  14. Rizzo 2007, p. 80.
  15. a, b, c, d et e Fischer 2004, p. 199.
  16. Petticoat Bridge est localisé sur la carte de 1806, à l'endroit où la route qui mène au nord de Slab Town traverse Assiscunk Creek (en).
  17. Reed 1847, p. 273.
  18. Hunt 1776,  : « We had a pretty good Quiet Meeting at our Meeting [in Moorestown] the Soldiers being gone » (traduction : « Nous avons eu une assez bonne réunion tranquille à notre réunion [à Moorestown] les soldats étant partis »).
  19. Dwyer 1983, p. 214–215.
  20. a, b et c Rizzo 2007, p. 82.
  21. Fischer 2004, p. 200.
  22. a et b Dwyer 1983, p. 215.
  23. Fischer 2004, p. 216.
  24. Hunt 1776, "Memorandom 24th of the 12 mo: 1776" : « ...but things Seemed to turn very Strange and unexpected about the 22 of the 12 mo. the two armies Met at Mount Holly and had a Scermish. the Americans were Drove out of the town and Came back to the Moorestown and by Reports the Hessians on the English party did Strip many very much at that time in Mt Holly. maybe 20 years before this Mt Holly was a Remarkably hilly favourd place but there was an Admirable Strange turn for as was Reported about the 26 of the month a very Stormy Day Some Hundreds of the Hessians or of the English party were taken Prisoners at Trentown & Brought to Phil and the Rest Drove back towards Brunswick ».
  25. Dwyer 1983, p. 241.
  26. (en) « Battle of Iron Works Hill reenactment », Main Street Mount Holly (consulté le 4 janvier 2010).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Mark Di Ionno, A Guide to New Jersey's Revolutionary War Trail: For Families and History Buffs, (ISBN 0-8135-2770-8). .
  • (en) William M. Dwyer, The Day is Ours!, New York, Viking, (ISBN 0-670-11446-4). .
  • (en) David Hackett Fischer, Washington's Crossing (book), New York, Oxford University Press, (ISBN 0-19-518159-X). .
  • (en) John Hunt, John Hunt's Journal, Swarthmore, PA, Friends Historical Library of Swarthmore College, . .
  • (en) William Bradford Reed, Life and Correspondence of Joseph Reed, Volume 1, Lindsay & Blakiston, (lire en ligne). .
  • (en) Dennis Rizzo, Mount Holly, New Jersey: A Hometown Reinvented, The History Press, (ISBN 978-1-59629-276-5). .
  • (en) Lucy D. Rosenfeld, History Walks in New Jersey: Exploring the Heritage of the Garden State, (ISBN 0-8135-3969-2). .
  • (en) Federal Writers' Project of the Works Progress Administration for the State of New Jersey, New Jersey: A Guide to Its Present and Past, Murrieta, CA, US History Publishers, (ISBN 1-60354-029-6).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]