Pierre Billaud (physicien)

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Pierre Billaud est un physicien français né le à Fontenay-le-Comte en Vendée et mort le . Il a participé à l'élaboration du programme nucléaire militaire de la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Billaud est admis à l’École polytechnique le 7 septembre 1939, mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale entraîne sa mobilisation le 9 septembre. Il commence sa carrière militaire par des études d’élève officier de l'artillerie coloniale à l'École d'artillerie de Fontainebleau. Après la défaite de la bataille de France, il continue quelques mois ses études à Polytechnique avant de terminer sa formation d'artilleur.

Affecté au Protectorat français au Maroc en 1942 au Groupement d’artillerie coloniale antiaérienne et de côte du Maroc[1], il subit le baptême du feu lors du débarquement allié en Afrique du Nord alors qu'il sert une batterie d'artillerie côtière à Casablanca. En tant que chargé des transmissions du 41e Groupe de forces terrestres antiaériennes de la 2e division d'infanterie marocaine, il participe à la campagne d'Italie puis à celle de Libération de la France. Il se marie durant celle-ci avec Jeannette Diguet qui lui donne quatre enfants. D'octobre 1945 à avril 1948, il est cantonné à Madagascar.

À partir de septembre 1948, il est détaché au laboratoire des rayons X de Maurice de Broglie à Paris et suit les cours d'Irène Joliot-Curie à l'Université de Paris; il obtient le diplôme d'études supérieures « Électronique et radioactivité ».

Affecté à l’état-major du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, il prend part à la guerre d'Indochine de septembre 1951 à janvier 1954[2].

En juin 1955, il s'oriente vers la recherche scientifique et entre au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) comme chef du service de physique expérimentale de la direction des applications militaires [3]. Il est nommé chef de projet de l’engin « A » en 1958-1960 et chargé de diriger la préparation de la première expérience nucléaire française, il prend donc part à Reggane en février 1960 au premier tir nommé Gerboise bleue qui permettra à la France d’entrer dans le club des puissances nucléaires[4], le général De Gaulle le fera ensuite officier de la Légion d'Honneur en juillet 1960.

Il devient directeur du centre de la Direction des applications militaires de Limeil-Brévannes de 1962 à 1966[5] d'où il évincé par une décision d'Alain Peyrefitte[6]. Il participe aux recherches menant à la bombe à hydrogène française, dont il dirige le deuxième tir expérimental mené à Moruroa, nom de code Procyon, le 8 septembre 1968 qui a un rendement de 1,25 mégatonne[7]. Le 22 mars 1969, il est fait commandeur de la Légion d'honneur. Le directeur des applications militaires du CEA le charge de toutes les questions de sécurité, y compris celles des dispositifs d'armes opérationnelles, en 1972.

Admis à la retraite en 1979 avec le grade de colonel, Pierre Billaud se consacre à diverses recherches scientifiques personnelles. Il prend la plume en 1994 pour contester publiquement la paternité de la bombe H française attribuée à tort à Robert Dautray[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 261- Insignes de Formations antiaériennes d’Artillerie Coloniale (b) », sur basart.artillerie.asso.fr (consulté le 7 janvier 2016).
  2. Pierre Billaud, « Pierre Billaud », sur http://fr.biobble.com/ (consulté le 7 janvier 2016).
  3. Pierre Billaud, « Souvenirs d'un pionnier de l'armement nucléaire français », sur pbillaud.fr, (consulté le 7 janvier 2017).
  4. Pierre Billaud, « La grande aventure du nucléaire militaire français: Des acteurs témoignent » [PDF], sur L'Harmattan, (consulté le 7 janvier 2017).
  5. Tome 2 GR 3 K – DE TO Inventaire, Service historique de la Défense, , 12 p. (lire en ligne), p. 6.
  6. Jean Guisnel et Bruno Tertrais, Le Président et la Bombe, Odile Jacob, , 330 p. (ISBN 978-2738133878).
  7. « Essais nucléaires français à Mururoa et à Fangataufa », sur www.capcomespace.net (consulté le 7 janvier 2017).
  8. Pierre Billaud, « Le vrai père de la bombe H », La Recherche, no 422,‎ (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Billaud, La véridique histoire de la bombe H française, Pensée universelle, , 94 p. (ISBN 978-2214098585)
  • Pierre Billaud, La grande aventure du nucléaire militaire français : Des acteurs témoignent, Paris, L'Harmattan , coll. « Diplomatie et stratégie », , 420 p. (ISBN 978-2343095028)