Picking (guitare)

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Le picking (ou finger-picking, littéralement « cueillette au doigt ») est une technique de jeu utilisée à la guitare (surtout en acoustique). Elle est très répandue dans le blues et la musique country. Elle fut inventée au début du XXe siècle aux États-Unis, dans les États du vieux sud, notamment dans les Appalaches (Carolines, Virginies). Le guitariste s'exprime seul, en général, sans aucun soutien orchestral et assure à la fois :

  • le rythme par la ligne de basse jouée par le pouce, avec ou sans onglet, légèrement étouffée par la paume de la main,
  • la percussion simulée par les coups d'onglet de pouce sur une ou plusieurs cordes, ce qui produit un effet de caisse claire,
  • l'accompagnement en grattant de temps à autre les accords, puis
  • la mélodie avec l'index, le majeur et l'annulaire, l'auriculaire restant la plupart du temps posé sur la table de la guitare.

Le jeu en picking fait partie des techniques de fingerstyle. Dans toutes ces techniques, chacun des doigts de la main droite comme de la main gauche est en fait un musicien. Les mouvements qui sont imposés à chaque doigt ne sont évidemment pas des mouvements naturels et nécessitent des exercices intensifs et réguliers.

Un peu différent de la technique picking traditionnel, ci après un exemple de morceau de Jazz, joué en fingerstyle, interprété par M. Martin Taylor : Down At Cocomo's

Ce morceau illustre l'agilité et la précision requises de tous les doigts pour maîtriser cette technique ainsi que l'utilisation d'un artifice pour modifier le son de la guitare, ici un morceau de carton glissé entre les cordes près du chevalet pour évoquer un « steel drum ».

On peut se rapprocher des guitaristes français qui ont utilisé cette technique de jeu, pour des styles très différents, comme Marcel Dadi, Christian Laborde, Gilles Marchal, Michel Haumont, Jérôme Malaval, Patrice Jania, François Sciortino, Jack Ada, Jean-Félix Lalanne, Pierre Bensusan, Alain Giroux, Eric Gombart, Bruno Mursic, Cisco Herzhaft, Jean-Luc Thievent, Shaï Sebbag et Michel Dalle Ave pour ne citer qu'eux et de guitaristes étrangers comme Chet Atkins, Tommy Emmanuel, Doyle Dykes, Mark Knopfler, Merle Travis, Brian Setzer, Doc Watson, Jerry Reed, Todd Hallawell, John Standefer, Martin Taylor, Jacques Stotzem, Leo Kottke... Certains guitaristes s'en sont fait une spécialité et jouent uniquement avec cette pratique, tel que le bluesman norvégien Bjorn Berge (avec des onglets), et le canadien Steve Hill (uniquement avec le bout des doigts).

De toute évidence, le finger-picking a pour modèle le style de jeu des pianistes de ragtime qui jouaient dans les cabarets. Le finger-picking est d'ailleurs parfois désigné par ragtime-guitar. Cette technique s'apparente aussi au jeu à plusieurs doigts du banjo façon Earl Scruggs.

Des variantes existent : hybrid picking ou flat Picking utilisant plectre et doigts, mute picking...

Une technique ancienne, le Carter picking du nom de Maybelle Carter (du fameux Trio Carter) qui l'apprit d'un guitariste noir Lesley Riddle, est un picking à deux doigts, simple et efficace, qui ne se joue qu'avec le pouce et l'index. D'autres guitaristes de country et de folk ont utilisé cette technique, Woody Guthrie, Joan Baez. Cette technique à deux doigts a vu son aboutissement avec le guitariste virtuose Merle Travis que ne jouait qu'avec le pouce et l'index, les trois autres doigts posés sur la guitare !

L'un des tout premiers grands virtuoses du finger-picking fut Sam McGee qui fut aussi le premier, dès 1926, à enregistrer ses œuvres. Il contribua à la vocation de nombreux guitaristes

Cette technique donne souvent l'impression que deux guitaristes jouent en même temps. Le picking est une technique qui, avec un peu d'expérience, permet d'improviser sur toutes sortes de genres musicaux.

Initialement, la technique traditionnelle dite picking est la plus ancienne technique utilisée à la guitare (par opposition à la technique du plectre ou médiator, inspirée aux USA par l'influence de la mandoline importée par les Italiens. Elle est aussi très proche du jeu de certains instruments africains comme la Kora avec laquelle les musiciens utilisent seulement deux doigts pour pincer les cordes : le pouce pour les basses et des soli dans les cordes aiguës, l'index pour les trois cordes aigües pour la ligne mélodique (le majeur est utilisé occasionnellement selon le phrasé ou la vitesse d'exécution).

Les basses alternées sont prédominantes dans les musiques de la côte est des États-Unis. Le Blues du Sud Deep South Blues ou Blues du Delta repose sur des basses monotoniques ou percussives — le pouce frappe ou percute une corde ou deux cordes en guise de rythmique, un jeu qui libère les cordes graves et permet une plus grande liberté mélodique, surtout dans la réalisation de chorus improvisé ou non. Il arrive que dans un même morceau, le guitariste utilise les deux techniques de basses précitées.

Apparition de la technique du picking en France[modifier | modifier le code]

C'est à la fin des années 1960 que le picking est apparu en France avec des musiciens comme Steve Waring et Roger Mason qui publiaient les partitions, sous forme de tablatures, de quelques morceaux de leur 33 tours Guitar Picking. Vint ensuite Marcel Dadi, qui livrait systématiquement les tablatures de ses morceaux dans les pochettes de ses disques. Marcel Dadi a joué un rôle extrêmement important non seulement dans la vulgarisation de la technique du picking, mais dans le monde de la guitare en général, notamment par la création de la convention d'Issoudun et en rapprochant les guitaristes de tous genres, aussi bien classique, flamenco, jazz, blues, rock, manouche, etc.

Le musicien et chanteur breton Alan Stivell a adapté le picking à la harpe celtique vers 1966, après avoir assisté aux hootenanies du Centre Américain de Paris, où se produisaient aussi Waring, Mason et Don Burke.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Guitare fingerstyle

Liens externes[modifier | modifier le code]