Delay (effet)

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Une pédale de delay contemporaine, l'Ibanez DE7, basée sur un traitement numérique du signal.

Le delay est un effet audio basé sur le principe de la chambre d'écho. Il permet de décaler un signal dans le temps entre son arrivée à l'entrée du delay et sa sortie, puis de le répéter régulièrement tel un écho. Suivant le genre musical, il peut être utilisé de manière intensive sur différents instruments (comme la guitare solo, la voix, etc.), ou peut simuler une légère réverbération.

Exemple vidéo d'une pédale de delay numérique simulant un écho à bande (Nux Tape Core Deluxe) à la guitare électrique.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Exemple de delay appliqué sur une voix.
Les delays analogiques produisent des répétitions plus sombres que l'original. Ici, une modulation (chorus) est rajoutée au son répété.

Physiquement, le delay se présente le plus souvent sous la forme d'une pédale d'effet (analogique ou numérique) ou d'un rack. Historiquement, les premiers delays ont été produits par des échos à bande.

Il peut également se trouver directement intégré à un instrument électronique ou à une console de mixage, ainsi que sous la forme d'un plugin audio.

Les paramètres les plus courants sont :

  • le ratio de rétroaction (en anglais feedback) pour contrôler le nombre de répétitions ;
  • le délai entre les répétitions. Généralement, ce délai doit correspondre à une durée de note, afin d'avoir les répétitions en rythme. C'est pourquoi certains modèles se basent sur le tempo pour déterminer la valeur du délai ;
  • le niveau de l'effet par rapport au signal non traité (noté mix).

On trouve également d'autres traitements (le plus souvent des filtres ou de la modulation telle que du chorus ou du vibrato) pour ajouter des effets sur les répétitions, et en cas de stéréophonie des paramètres permettant de produire des répétitions différentes sur les deux canaux[1]. Certains delays sont réputés pour la coloration qu'ils apportent au son, comme le Memory Man d'Electro-Harmonix.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Un exemple d'utilisation d'un effet délai figure dans le single Maneater de Hall and Oates numéro 1 aux États-Unis en 1982, dans le riff et le solo de saxophone. À l'époque les effets numériques ne disposaient pas assez de mémoire pour une durée de 4 mesures, et sur ce morceau le delay a été ajouté au mixage[2].

Exemples d'usage intensif à la guitare[modifier | modifier le code]

Brian May a fait de l'usage du delay une marque de fabrique, et l'emploie intensément sur un solo qu'il joue sur scène et a interprété sur album depuis le début de sa carrière, et dont les versions les plus longues sont Brighton Rock, sur l'album de Queen en concert intitulé Live Killers et Brighton Rock Solo sur leur Live at Wembley '86.

Démonstration du delay sur une guitare électrique. À partir de 12 s, la note répétée se superpose à la note jouée par le guitariste.

Une variante de cette technique d'utilisation du délai consiste à jouer des notes d'une durée égale à la durée du délai. Ainsi, la deuxième note jouée par le guitariste sonne en même temps que la première note répétée par le délai, la troisième en même temps que la deuxième et ainsi de suite. Cela permet de créer des harmonies relativement complexe en donnant un effet canon. Par exemple, en jouant un La en premier, puis un Do en second on entendra sonner une tierce mineure (la-do). Si un mi est joué par la suite, on entendra une tierce majeure (do-mi) et ainsi de suite. L'autre avantage de l'utilisation de l'effet pour créer ce genre d'harmonie est que le son produit par l'ampli reste clair et les fréquences des deux notes n'interfèrent pas l'une avec l'autre, comme si deux guitaristes étaient en train de jouer. Cela est d'autant plus vrai lorsque l'on joue en distorsion ou overdrive, où les notes d'une harmonie ou d'un accord sont parfois inaudibles à cause de la saturation si le gain est trop élevé.

Lorsque la note jouée est répétée plusieurs fois (deux, trois, quatre fois ou même à l'infini), il est possible de produire des harmonies impossibles à jouer à la main comme un empilement de tierces par exemple (la-do-mi-sol-si-la (octave supérieure)) ou même des empilements de plusieurs quartes, quintes ou mixtes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « FX Story : le Delay », sur Audiofanzine (consulté le )
  2. (de) « Drew Bentley - Plan 9 », sur smooth-jazz.de (consulté le ).