Delay (effet)

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Une pédale de delay contemporaine, l'Ibanez DE7, basée sur un traitement numérique du signal.

Le delay est un effet audio basé sur le principe de la chambre d'écho. Il permet de décaler un signal dans le temps entre son arrivée à l'entrée du delay et sa sortie, puis de le répéter régulièrement.

La principale différence entre le delay et la ligne à retard utilisée en sonorisation est que cette dernière sert à corriger l'effet d'écho, tandis que le delay en ajoute volontairement. En outre, la où seul le signal traité par la ligne à retard est retransmis, le son issu de l'effet delay vient se superposer au son direct de l'instrument qui y est raccordé.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Principalement utilisé par les guitaristes, le delay se présente le plus souvent sous la forme d'un pédalier avec interrupteur de mise en/hors service, deux connecteurs au format jack 6,35 mm et une molette de réglage permettant de choisir la durée du retard à appliquer au signal.

Sous une forme plus élaborée, le format de l'effet de sol est plus grand. On trouve des delays classiques, tape delay, simulation de delais vintage, modulation, rélage des retards: courts moyens longs, par rapport aux notes jouées.

Mais aussi réglages fins, nombres de répétitions, volume, mix.Tap tempo, effet inversé, looper.

Le réglage le plus souvent employé consiste à baser le retard sur le rythme de jeu de l'interprète, afin de donner l'impression que plusieurs guitaristes jouent en même temps. Les cordes sont attaquées, le son passant par le delay est transmis à l'amplificateur et répété au moment où l'interprète attaque à nouveau les cordes. Le signal répété perd assez rapidement en intensité jusqu'à ce qu'il ne soit plus audible, afin d'éviter que le son résultant généré (son direct + effet écho) ne devienne par trop cacophonique.

Exemples d'usage intensif du delay[modifier | modifier le code]

Brian May a fait de l'usage du delay une marque de fabrique, et l'emploie intensément sur un solo qu'il joue sur scène et a interprété sur album depuis le début de sa carrière, et dont les versions les plus longues sont Brighton Rock, sur l'album de Queen en concert intitulé Live Killers et Brighton Rock Solo sur leur Live at Wembley '86.

Le solo effectué par Dave Weiner lors d'un concert à l'Astoria à Londres les 6 et 7 décembre 2001, pour la tournée de Steve Vai, est également un bon exemple d'utilisation du delay. Dans ce cas, l'effet n'est plus utilisé comme un supplément au solo, mais comme une partie du solo lui-même. En effet, le temps de délai est réglé sur une durée égale à deux fois le tempo du solo et le signal n'est répété qu'une seule fois. Lorsque Dave Weiner commence son solo, il ne joue que des noires sur les temps. À chaque fois qu'il joue une note, le délai la répète deux fois plus vite que le tempo (et donc deux fois plus vite qu'un temps, à la croche). On entend donc un solo constitué de croches de deux notes identiques à chaque temps alors que Weiner, ne jouant que des noires, ne fait sonner réellement qu'une des deux notes. Cela donne un effet beaucoup plus fluide au solo contrairement au cas où toutes les notes seraient jouées, et cela permet également de réaliser des arpèges très réguliers sur un tempo très rapide sans avoir recours au sweeping. D'autres réglages sont possibles pour obtenir cet effet, comme régler la durée de délai quatre fois plus vite que le tempo et ne jouer que des croches : on entendra alors un phrasé constitué de doubles-croches. Le solo de Dave Weiner est disponible sur le DVD enregistré du concert, intitulé Live at the Astoria, de Steve Vai.

Une variante de cette technique d'utilisation du délai consiste à jouer des notes d'une durée égale à la durée du délai. Ainsi, la deuxième note jouée par le guitariste sonne en même temps que la première note répétée par le délai, la troisième en même temps que la deuxième et ainsi de suite. Cela permet de créer des harmonies relativement complexe en donnant un effet canon. Par exemple, en jouant un La en premier, puis un Do en second on entendra sonner une tierce mineure (la-do). Si un mi est joué par la suite, on entendra une tierce majeure (do-mi) et ainsi de suite. L'autre avantage de l'utilisation de l'effet pour créer ce genre d'harmonie est que le son produit par l'ampli reste clair et les fréquences des deux notes n'interfèrent pas l'une avec l'autre, comme si deux guitaristes étaient en train de jouer. Cela est d'autant plus vrai lorsque l'on joue en distorsion ou overdrive, où les notes d'une harmonie ou d'un accord sont parfois inaudibles à cause de la saturation si le gain est trop élevé.

Lorsque la note jouée est répétée plusieurs fois (deux, trois, quatre fois ou même à l'infini), il est possible de produire des harmonies impossibles à jouer à la main comme un empilement de tierces par exemple (la-do-mi-sol-si-la (octave supérieure)...) ou même des empilements de plusieurs quartes, quintes ou mixtes. Les possibilités sont de plus en plus grandes avec l'apparition du même effet dans des pédaliers plus conséquents tels que la série des Boss GT par exemple, où l'on peut maintenant définir différentes structures de répétition, jouer sur les sorties stéréo gauche-droite, etc.