Philippe Stern

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Philippe Stern
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Philippe Stern ( - à Paris) est un historien de l'art et conservateur de musée français, du Musée Guimet. Il est connu pour ses travaux sur l'art khmer et l'Art du champā, les deux grandes civilisations antiques de l'Asie du Sud-Est; le fait est que l'Empire Khmer et le Royaume du Champā sont contemporains au Đại Việt. Il opéra avec d'autres historiens notamment Jean Boisselier qui fut son élève, de grandes avancées en matière de connaissance de l'Art cham. Mais sa prédilection resta attachée à l'Art Khmer qui débuta avec la publication de sa thèse sur le Bayon bâtiment central de Angkor où il mit en place une méthodologie de datation et d'identification très précise. En tant que Conservateur du Musée Guimet, il eut une influence décisive pour le faire rayonner au niveau Mondial en tant que musée de l'Art asiatique de référence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Stern naît le 11 avril 1895[1]. Il suit l'enseignement de l'historien français Émile Mâle, ce qui l'amène à s'intéresser à l'art oriental[2].

Thèse sur le Bayon d'Angkor[modifier | modifier le code]

En 1927, il publie une thèse à l'École pratique des Hautes Études sur la Bayon monument central de Angkor qui modifia sensiblement l'approche historique sur l'art khmer[1]. En effet, il était communément admis que le Bayon datait du IXe siècle, il mit en place une approche consistant en une étude minutieuse et comparative des sculptures et surtout des motifs décoratifs ainsi que des détails de ces sculptures pour en arriver à la conclusion que le Bayon datait du XIe siècle.

Professeur École du Louvre[modifier | modifier le code]

Philippe Stern enseigna pendant une trentaine d'années à l'École du Louvre. Il avait des qualités pédagogiques remarquables et eut à cœur de grouper autour de lui des étudiants et de jeunes chercheurs pour les encourager et diriger leurs travaux.

Conservateur du Musée Guimet[modifier | modifier le code]

Ensuite, Philippe Stern travaille au musée Guimet de 1929 à 1965. À partir des années 1930, il monte une bibliothèque de musiques de l'Asie et de l'Afrique[3].

À partir des années trente, grâce à ses prédécesseurs Joseph Hackin de 1938 à 1941 directeur du Musée, et René Grousset, à la direction du musée 1941 à 1953, le musée Indochinois du Trocadéro fondé par Émile Guimet, est transformé en un Musée sur l'Art asiatique de référence. Il suivit sa méthodologie de classification des œuvres exposées en les mettant en valeur grâce à une présentation claire et harmonieuse. René Grousset intégrera des œuvres Khmers au Musée[4]. Le Musée devint avec tous ses attributs que ce soit sa bibliothèque, ses archives photographiques, ses publications de recherches, de conférences, l'enseignement donné par ses conservateurs, un institut d'Asie de premier plan.

Philippe Stern a considérablement amélioré, sinon créé, une méthode qu'il appelait « méthode d'évolution des motifs » et qui se proposait, « de faire surgir l'évolution d'un art, d'un style ou d'un thème par la confrontation synchronique du développement d'un assez grand nombre de motifs décoratifs spécialement choisis dans ce but ». Le musée occupe la place d’un des tout premiers musées d’arts de l’Asie dans le monde, sous la direction jusqu’en 1953 de René Grousset qui a succédé à Joseph Hackin, mort en 1941 en compagnie de son épouse au service de la France libre.
Philippe Stern, expert de l’art du Cambodge antique, dirige le musée de 1954 à 1965, et continue à développer les activités savantes du musée, à la bibliothèque et surtout aux archives photos, Jeannine Auboyer lui succède en 1965, en veillant au l’enrichissement des collections dans le domaine de l’Inde classique[4]. Par la suite, il demeure conservateur en chef honoraire des Musées de France.

Mission d'archéologie en Indochine[modifier | modifier le code]

En 1936, Philippe Stern dirige une mission archéologique en Asie et en Indochine pour y recueillir des œuvres d'art khmer[5], ce fut son unique mission sur le terrain. Son travail a été principalement réalisé à partir de photographies, ce qui selon Jean-François Hubert "démontre un talent remarquable" [6].Philippe Sterne a répertorié de nombreux temples et les a fouillés, puis a collecté tous les objets qu’il a trouvé à l’intérieur de ces édifices. Les relevés de Philippe Stern sont réutilisés quelques années plus tard par d’autres archéologues, tel que Jean-Baptiste Chevance, afin d’approfondir les recherches en Indochine.

Philippe Stern a participé avec les historiens tels Jean Boisselier qui fut son élève et Jean-François Hubert à la codification des temples cham, ainsi qu'à la définition des styles cham. Ils ont pu révéler l'Art du Champā et ainsi valorisé les sites de :

  • Temple de Mỹ Sơn près de Da Nang, appelée Indrapura au temps des Cham et bien plus tardivement Tourane au temps des Français[7];
  • Temple de Po Nagar près de Nha Trang ou Kauthara au temps des Cham ;
  • Temple de Po Klong Garai près de Phan Rang ou Panduranga au temps des Cham

Cette classification des styles historiques dans l'analyse de l'art du Champā établie par Philippe Stern est analysé dans (l'Art du Champa en Annam et ses Évolutions, 1942) et par Jean Boisselier dans (Statuaire du Champā, 1963).

Pour résumer leurs conclusions, l'historien d'art Jean-François Hubert a identifié au moins les styles suivants :

  • Mỹ Sơn E1 (VIIe au VIIIe siècle)
  • Dong Duong (IXe au Xe siècle)
  • Mỹ Sơn A1 (Xe siècle)
  • Khuong My (Première moitié du Xe siècle)
  • Trà Kiệu (Seconde moitié du Xe siècle))
  • Chanh Lo (Fin du Xe siècle au milieu du XIe siècle)
  • Thap Mam (XIe au XIVe siècle)

Guerre du Vietnam[modifier | modifier le code]

Les bombardements pendant la guerre du Vietnam commençaient à endommager gravement les sites historiques de la région. Le groupe A de Mỹ Sơn fut presque entièrement démoli par les attaques US. Après une attaque massique par un hélicoptère sapeur-minier intentionnellement positionné sur le groupe A considéré comme le plus important du sanctuaire de Mỹ Sơn pour le détruire, Philippe Stern a personnellement écrit une lettre de protestation au Président US Nixon qui avait ordonné de continuer à abattre le Vietcong, afin qu'il épargne les monuments cham. Effet, il considérait ces sites historiques comme ayant une grande valeur pour l'humanité[8].

Échange Musées Guimet Paris et Musée de la sculpture cham Da Nang[modifier | modifier le code]

De fréquents et fructueux échanges ont été établis entre le Musée Guimet et le Musée de la sculpture cham de Da Nang.

Écrivain[modifier | modifier le code]

Philippe Stern évoque dans ses livres le fait que les arts naissent, se développent, traversent des crises, se renouvellent, vieillissent et meurent. La vie des Arts, est beaucoup plus complexe qu'on pourrait le supposer - archaïsme, classicisme, baroque, décadence - se révèle à qui en étudie minutieusement l'évolution. Philippe Stern grâce à sa méthodologie, s'efforce de découvrir la méthode présentée dans ce cahier. Cette méthode, qui a permis en particulier de retracer l'histoire des arts khmer et cham, a été utilisée et perfectionnée, sinon découverte, par Philippe Stern et l'équipe qu'il a dirigée au Musée Guimet de Paris. Dans son livre sur la biologie des Arts écrit avec Jean Naudou, Claudine Picron, Stern étudie ce phénomène et l'illustre d'exemples empruntés aux arts de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est (travaux de Philippe Stern sur les colonnes d'Ajanta et d'Ellora, sur le Bayon d'Angkor, sur l'art cham). Deux articles en montrent ensuite l'application: Claudine Picron établit une chronologie détaillée et sûre des stèles de Pala-Sena et Philippe Stern montre tout ce que peut révéler y compris grâce à l'étude d'un motif aussi limité que la colonnette khmère.

Philippe Stern meurt le 4 avril 1979 à Paris[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Stern Le Bayon d'Angkor et l'évolution de l'art khmer, Paul Geuthner, 1927
  • Philippe Stern et P. Masson-Oursel et H. de William-Grabowska) L'Inde antique et la civilisation indienne, Bibliothèque de synthèse historique, Paris, 1933
  • Philippe Stern L'art du Champa (ancien Annam) et son évolution, Toulouse, 1942
  • Philippe Stern et Mireille Benisti, Évolution du style indien d'Amarâvatî, PUF, 1961
  • Philippe Stern Les Monuments khmers du style du Bayon et Jayavarman, PUF, 1965
  • Philippe Stern Colonnes indiennes d'Ajanta et d'Ellora, PUF, 1972
  • Nick Ray, Peter Dragicevich Vietnam Regis St. Louis
  • Philippe Stern, Jean Naudou, Claudine Picron Au service d'une biologie de l'art Tomes I et II Recherches sur les arts de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est - Esthétique et sciences des arts - Presses Universitaires du Septentrion - (ISBN 2859390812 et 9782859390815)
  • Camille Paris, “Les ruines tjames de la province de Quang-nam (Tourane)”, L’Anthropologie, 3 (1892), 137-144.
  • Henri Parmentier, “Nouvelles découvertes archéologiques en Annam”, BEFEO, 2 (1902), 280-282.
  • Henri Parmentier, “Les monuments du cirque de Mĩ-sơn”, BEFEO, 4 (1904), 805-896.
  • Louis Finot (orientaliste), Notes d'Epigraphie: XI. Les inscriptions de My-Son, BEFEO 4:1 (1904), 897-977
  • George Cœdès Pour mieux comprendre Angkor, 1943
  • Emmanuel Guillon, Hindou-Bouddhiste Art du Vietnam: Trésors du Champa 1997.
  • Ngô Vǎn Doanh, My Son Relics. Hanoi: The Gioi Publishers, 2005.
  • Jean-François Hubert, l'Art du Champa, 2005 - Parkstone Press International

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Philippe Stern » (voir la liste des auteurs).
  1. a b et c Jean Boisselier, « Philippe Stern, 11 avril 1895-4 avril 1979 », Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, vol. 70, no 70,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  2. Jeannine Auboyer, « In Memoriam - Philippe Stern (1895-1979) », Arts asiatiques, vol. 36,‎ , p. 66-67 (lire en ligne)
  3. Jean Naudou, « Stern Philippe (1895-1979) », dans Encyclopædia Universalis, (lire en ligne)
  4. a et b http://www.guimet.fr/fr/musee-guimet/histoire-du-musee-guimet
  5. Baptiste 2005, p. 42.
  6. http://angkor.wat.online.fr/dec-stern.htm
  7. http://whc.unesco.org/fr/list/949
  8. https://books.google.fr/books?id=Wmhv70_iaIgC&pg=PA265&lpg=PA265&dq=Philippe+stern+et+vietnam&source=bl&ots=Me-DDL9FQ9&sig=s8BcW6H-YXhVE6Wy1wbrgsD8JMg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj4hNryipXLAhVM2hoKHYYHC3cQ6AEIMTAE#v=onepage&q=Philippe%20stern%20et%20vietnam&f=false page 265

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]