Sanctuaire de Mỹ Sơn

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Temples cham de My Son
Sanctuaire de Mi-sön *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
L'une des tours-sanctuaires remarquables de Mỹ Sơn située à Duy Phu district de Duy Xuyen, province de Quang Nam  Annam Viêt Nam
L'une des tours-sanctuaires remarquables de Mỹ Sơn située à Duy Phu district de Duy Xuyen, province de Quang Nam Annam Viêt Nam
Coordonnées 15° 31′ 00″ Nord 108° 34′ 00″ Est / 15.51667, 108.56667
Pays Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Subdivision Quang Nam
Type Culturel
Critères (ii) (iii)
Numéro
d’identification
949
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1999 (23e session)
Classement en péril de devenir des ruines
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le sanctuaire de Mỹ Sơn (prononciation Vietnamienne [mǐˀ səːn]) est un ensemble de temples chams dont les racines spirituelles le rattachent à l'hindouisme. Le Sanctuaire est constitué à la fois temples dynastiques et temples dédiés à Shiva construit à la fin du IVe siècle jusqu'au XIIIe siècle. Ce site fut pendant une longue période, la capitale religieuse et politique du Royaume de Champâ.

Mỹ Sơn est situé sur la commune de Duy Phu du district de Duy Xuyen dans la province de Quảng Nam Situé à environ 35 km à l'ouest de Hội An et à 50 km au sud-ouest de Đà Nẵng baptisée autrefois Tourane par les français[1]. Le site de l'Art du Champā de Mỹ Sơn est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999.

Mỹ Sơn est un des premiers sites cham qui a été édifié au Vietnam, au IVe siècle. Ce site a traversé à la fois le temps et une histoire très mouvementée notamment avec l'invasion des chinois entre le IVe et le Ve siècle qui l'ont dépouillé. Le sanctuaire de Mỹ Sơn a ensuite, été occupé par les Chams du IVe au XIIIe siècle. Les ruines actuellement visibles datent d'une période allant du VIIe au XIIIe siècle. Elles comprennent les restes d'environ soixante-dix temples et édifices annexes. Leur architecture en briques rouges est vraiment remarquable.

Les temples de Mỹ Sơn de périodes et de styles différents ont été la source de définition de deux styles dans l'Art du Champā ,Mỹ Sơn E1 et Mỹ Sơn A1. Ces temples constituent un site exceptionnel d'une grande valeur culturelle et artistique au sein de l'Asie du Sud-Est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette pierre linga date du Xe siècle. Il est placé près du temple appelé « B4. »

Les tours-sanctuaires se sont bâtis progressivement sur une période de dix siècles et ont constitué le cœur de la patrie ancestrale du clan régnant des Dua qui ont unifié les clans chams et établi le royaume de Champapura (cité du peuple cham en sanskrit) en l'an 192[2].

Au IVe siècle, le souverain Bhadravarman édifia à Mỹ Sơn un temple en bois dédié au culte du lingam du dieu-roi Civa Bhadresvara; il s'agit un dieu dont le nom combine celui du roi et de Shiva. Cela a été révélé dans les inscription en sanskrit sur les pierres du site en briques[3].

Le site est ravagé par un incendie au VIe siècle. Sambhuvarman reconstruisit un temple en briques et en pierres au VIIe siècle et le consacra à Sambhubhadresvara[4]. Mỹ Sơn (Belle Montage) a donc été érigé à l'apogée de la civilisation cham. De récentes découvertes sur le terrain ont apporté la preuve que le site n'était pas uniquement dédié au culte mais constituait également une nécropole pour les rois cham qui y étaient ensevelis après avoir été incinérés[5].

Emplacement de Mỹ Sơn[modifier | modifier le code]

Le choix du site Mỹ Sơn occupe en effet un sommet sur un cirque ; centre géométrique qui dessine une sorte d'amphithéâtre naturel constitué de plusieurs collines concentriques. À partir de cette période, Mỹ Sơn occupe un rôle central dans la vie religieuse du Champâ : les rois successifs embellissent le site sur dix siècles en continu et viennent s'y recueillir lors de leur accession au trône. L'édification de nouveaux temples est particulièrement active aux VIIIe et IXe siècles. Le site perd ensuite son influence à la suite de l'introduction du bouddhisme mahāyāna comme religion d'État avec la montée de l'influence de l'Empire Khmer.

Mỹ Sơn retrouve son statut de capitale religieuse au début du Xe siècle. À partir du XIIe siècle, l'influence du site décline au profit de Panduranga ville sur laquelle la ville de Phan Rang-–Tháp Chàm a été édifiée en 1917.

Découverte des temples cham à Mỹ Sơn et les apports du site[modifier | modifier le code]

Un artiste Cham du Xe siècle illustré sur un temple cham dans son fragment situé au musée de My Son.

Les ruines de Mỹ Sơn furent découvertes en 1889 par Camille Paris (1856-1908) un fonctionnaire de l'administration française, qui participa à la campagne du Tonkin en 1884-85, et à la construction d'une ligne télégraphique en Annam de 1885 à 1889 [6]. Le fait qu'il s'adonnait activement et passionnément à l'archéologie a permis à Camille Paris [7] de publier des cartes et récits d'exploration du Viêt-Nam et de mettre en lumière sa découverte de Mỹ Sơn.

Le site de Mỹ Sơn fut la première mission d'Henri Parmentier pour l'École Française d'Extrême Orient. Sur la base de l'inventaire de Etienne Lunet de Lajonquière et de Louis Finot sur l'ensemble des monuments cham, Parmentier catégorisa les édifices, et procéda aux fouilles à Mỹ Sơn en 1903 et 1904. Ses travaux révélèrent de véritables temples, et même une véritable ville de temples, pour la plupart encore debout. Ceux-ci dévoilèrent des inscriptions qui apportèrent des éléments essentiels à la connaissance de la culture cham.

Mỹ Sơn au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Temples cham de My Son

En 1899, Louis Finot et Étienne Lunet de Lajonquière (Officier, archéologue et ethnologue attaché à la mission d'archéologie d'Indochine en 1893)[8] avaient effectué un inventaire des sites historiques repérés en Annam. Grâce à ce travail méticuleux et précieux, Henri Parmentier établit alors une liste de travaux à effectuer mais des mesures conservatoires s'imposaient pour les sites les plus sinistrés et menacés par la ruine, tels Po Nagar ou Mỹ Sơn. Jean Commaille a réalisé de nombreuses photographies du site. et sur la base de ces photos, d'autres chercheurs tels Philippe Stern et son équipe ont encodé les monuments du Site pour en étudier, identifier et déterminer chacun des styles de Mỹ Sơn.

Durant la guerre du Viêt Nam dans les années Soixante, les ruines de Mỹ Sơn furent en grande partie endommagées par une attaque américaine hélico-portée avec un appareil qui se posta intentionnellement à l'aplomb su groupe A et se mit à tirer en vue de détruire les monuments, en 1969. Cet acte souleva des tonnerres d'indignation. Le conservateur du musée Guimet de l'époque, Philippe Stern écrivit une lettre de protestation au président américain Richard Nixon pour lui demander instamment d'épargner ces sites qu'il considérait comme ayant une grande valeur pour le patrimoine de l'humanité.

Cependant , malgré toutes ces vicissitudes, le sanctuaire demeure une attraction culturelle majeure de la province de Quảng Nam très visitée et attire des touristes du monde entier[9].

Patrimoine de l'UNESCO en 1999[modifier | modifier le code]

Les critères attribués par l'UNESCO[modifier | modifier le code]

Centre d'interprêtation de Mỹ Sơn

L'UNESCO s'est basée sur les travaux de Henri Parmentier en 1901 puis 1904 et 1905 pour établir l'authenticité du site. Mỹ Sơn est doté de huit groupes de 71 monuments conservés, ainsi qu’une archéologie enfouie importante qui donne l'ampleur du site dans l'histoire cham[10].La conservation du sanctuaire Mỹ Sơn a débuté au XXe siècle avec Henri Parmentier et s'est poursuivie mais a souffert des guerres.

L'UNESCO a attribué les critères suivants :

  • « Critère (ii) : Le sanctuaire de Mỹ Sơn est un exemple exceptionnel d’échange culturel où une société autochtone s’adapte à des influences culturelles externes, notamment l’art et l’architecture hindous du sous-continent indien.
  • Critère (iii) : Le royaume cham a été un phénomène important de l’histoire politique et culturelle de l’Asie du Sud-Est, brillamment illustrée par les ruines de Mỹ Sơn. »

L'Art Champā de Mỹ Sơn[modifier | modifier le code]

Source du Style Mỹ Sơn E1[modifier | modifier le code]

Les ruines de Mỹ Sơn ont des styles différents et ont des périodes différentes dans l'histoire Cham. En effet, les chercheurs, tels Philippe Stern et son équipe, avaient encodés les ruines pour en relever la diversité des périodes et des styles. Ces styles ne sont cependant limités aux monuments de Mỹ Sơn.

Le premier style identifié provient du style Mỹ Sơn E1 Style. Le style de Mỹ Sơn E1 et F1 date du VIIIe siècle après J.-C. Malheureusement, le temple connu comme étant "E1" est désormais en ruine. Ce style qui a été établi est représenté aujourd'hui par deux œuvres qui appartiennent formellement au temple mais sont abritées maintenant au Musée de la sculpture cham à Da Nang : un piédestal et un tympan.
C'est sa structure particulière qui permet aux savants de le rattacher Mỹ Sơn E1. On distingue des influences étrangères variées comme celle des Khmers de l'ère pré-Angkorien du Cambodge, et comme indonésien et indiens de l'art de Dvaravati.

Source du style Mỹ Sơn A1[modifier | modifier le code]

Ce piédestal et les contours d'un mur sont tout ce qui reste d'un magnifique temple appelé "A1."
Les entrepôts connu comme "B5" (arrière-plan) est un exemplaire remarquable de l'Art survivant du style de My Son A1.

Le style Mỹ Sơn A1 porte un nom directement inspiré d'un temple du groupe A de Mỹ Sơn, et qualifié d'après Emmanuel Guillon l’historien d’art : "l’expression la plus parfaite de l’ architecture Cham". Plusieurs des monuments présents à Mỹ Sơn se rattachent au style Mỹ Sơn A1.[11] Cet art du style de Mỹ Sơn A1 vient du Xe et au XIe siècle, cette période connaît une renaissance hindoue qui succède à la période bouddhiste de Dong Duong. C'est le renouveau de l’influence de Java et correspond à un « âge d’or » pour l’art Cham. Les sculptures Mỹ Sơn A1 sont fines et gracieuses, pour Guillon, « c’est un Art de la danse et du mouvement, de la grâce qui quelquefois porte un trait presque ironique du style, qui surprend par leur propre beauté. » En effet, les danseurs étaient un motif favori des sculpteurs Mỹ Sơn A1. Le style est aussi connu pour son fin relief images du réel et des animaux mythiques comme les éléphants, lions et garudas. Mais le style Mỹ Sơn A1 n'est pas exclusivement lié aux temples de Mỹ Sơn, mais aussi à d'autres sites tels que Khuong My et Trà Kiệu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Titre de couv. : "Camille Paris, la Mac... indochinoise". - Réunit des discours prononcés en 1909 à l'occasion de l'inauguration du monument et un extrait de "Missionnaires d'Asie", de C. Paris
  • Henri Parmentier, “Les monuments du cirque de Mĩ-sơn,” BEFEO, 4 (1904), 805-896.
  • Henri Parmentier, Inventaire descriptif des monuments čams de l’Annam. Tome premier. Description des monuments. Paris (1909): Imprimerie nationale.
  • Henri Parmentier, Inventaire descriptif des monuments čams de l’Annam. Tome II. Étude de l’art čam. Paris (1918): Ernest Leroux.
  • Henri Parmentier, “Catalogue du musée Cam de Tourane,” BEFEO, 19 (1919), 1-114
  • Philippe Stern (l'Art du Champa en Annam et ses Évolutions), Toulouse, 1942
  • George Cœdès : Les États hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, Paris, E. de Boccard, 1948, p. 128
  • George Cœdès : Les Peuples de la péninsule indochinoise, 1962
  • Jean Boisselier, La Statuaire du Champa, Paris: École française d'Extrême-Orient, 1963.
  • Tran Ky Phuong, "Vestiges of Champa Civilization".
  • Emmanuel Guillon, "Hindou-Bouddhiste Art du Vietnam: Trésors du Champa".
  • Ngô Vǎn Doanh, Champa: Ancient Towers. Hanoï, The Gioi Publishers, 2006

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. http://whc.unesco.org/fr/list/949
  2. Ngô Vǎn Doanh, Champa: Ancient Towers. Hanoï, The Gioi Publishers, 2006
  3. Jean Boisselier, La Statuaire du Champa, Paris,: École Française d'Extrême-Orient, 1963
  4. Georges Coedès (1968). Walter F. Vella, éd. The Indianized States of Southeast Asia'. trans.Susan Brown Cowing. University of Hawaii Press. ISBN 978-0-8248-0368-1
  5. 6.↑ Tran Ky Phuong, Vestiges of Champa Civilization.
  6. "Camille Paris, la Mac... indochinoise". - Réunit des discours prononcés en 1909 à l'occasion de l'inauguration du monument et un extrait de Missionnaires d'Asie, de C. Paris
  7. http://data.bnf.fr/12022850/camille_paris/
  8. Commandant Étienne Lunet de la Jonquière : http://data.bnf.fr/12423784/etienne_lunet_de_la_jonquiere/
  9. http://fr.nhandan.com.vn/culture/patrimoine/patrimoine-naturel/item/369571-le-sanctuaire-de-my-son-une-destination-attrayante.html
  10. http://whc.unesco.org/fr/list/949
  11. Emmanuel Guillon, "Hindou-Bouddhiste Art du Vietnam: Trésors du Champa".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres temples Cham :

Liens externes[modifier | modifier le code]