Jeanne Leuba

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Jeanne Leuba
Naissance
Paris France
Décès
Autriche
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession
Famille
Épouse et collaboratrice de Henri Parmentier

Jeanne Leuba née le 8 novembre 1882 à Paris et morte en 1979 en Autriche est une journaliste, écrivaine et poète française, épouse d'Henri Parmentier archéologue français et pionnier de l'archéologie indochinoise. Toux deux vécurent au Cambodge et en Indochine et partirent fréquemment en expédition vers des sites historiques à étudier dans des conditions parfois très rudimentaires. Aussi prestigieuse que fut sa collaboration avec Henri Parmentier, elle a, par elle-même, tracé sa propre voie, ceci grâce à ses écrits et ses observations, elle est ainsi une véritable femme de lettres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille protestante, et fille de M. A. Leuba[1] un célèbre artiste de dessins anatomiques[2],[3] décédé en 1926, et d'une mère était elle-même très érudite et férue de littérature, la jeune Jeanne Leuba a été éduquée, s'entraîne et répète pour devenir pianiste de concert. Cependant, sa destinée artistique prit un tournant original lorsqu'elle rencontre son futur époux Henri Parmentier Chef du Service Archéologique de École française d'Extrême-Orient, et pionnier de l'archéologie indochinoise.

Mariage avec Henri Parmentier[modifier | modifier le code]

En 1905, elle épouse Henri Parmentier de onze ans son ainé, Jeanne a 23 ans, et Henri 34. Il est alors en congés à Paris pour y passer son diplôme d'architecte. Elle l’accompagne pour vivre en Indochine dès 1905, tout d'abord à Nha Trang en Annam au centre du Vietnam pour y restaurer des temples cham tel Po Nagar (la Dame de la Cité) dont les tours sont un des plus beaux témoignages de la civilisation Cham.

Vie et expéditions en Indochine[modifier | modifier le code]

Une fois en Indochine, au lieu d'opter pour une vie coloniale confortable comme les autres "bourgeoises" coloniales, elle préféra accompagner son époux dans ses explorations archéologiques dans la brousse. Dans le journal qu'elle tint à jour lors de leurs expéditions, il est clair que les conditions étaient vraiment rudes surtout pour une jeune française de la classe moyenne parisienne que rien n'avait préparé à affronter une existence aussi éprouvante. Un grand nombre d'endroits qu'ils visitèrent ne pouvaient être joints que par sampans, ou par canoës ou encore par des chars tirés par des buffles. Le couple devait aussi marcher très longtemps pour rallier les sites qu'Henri souhaitait étudier. Les hébergements qu'il trouvaient dans les villages le long de leurs routes étaient souvent des abris de fortune et constituaient des protections assez précaires contre les éléments. Parfois, ils emmenèrent leur boy avec eux dans leurs voyages. Mais souvent, Jeanne dût elle-même s'acquitter de corvées, dans des endroits inconfortables, telles que raccommoder les vêtements, trouver de l'eau, et du ravitaillement, elle était aussi très au point pour apporter à Henri une assistance technique de haut niveau sur le terrain.

Hommage EFEO[modifier | modifier le code]

Même si Jeanne n'avait pas elle-même une formation formelle d'archéologue, elle a beaucoup appris auprès de son mari et devint véritablement experte dans ce domaine. Sa contribution aux travaux de son mari fut souvent citée par ses collègues de manière élogieuse. Dans la nécrologie de son époux, dans le bulletin de l'EFEO École Française d'Extrême Orient, il est mentionné que Jeanne Leuba avait eu une part active dans tout le travail d'Henri Parmentier.

Sa collaboration très proche d'Henri Parmentier dans ses recherches, fit qu'elle fut capable de prendre en charge la publication de son travail posthume : l'Art du Laos en 1954. Elle publia elle-même deux livres sur les monuments khmères d'Angkor. et deux livres sur les chams ; les chams d'autre fois et d'aujourd'hui[4] en 1915 et un royaume disparu, les chams et les Arts en 1923. Henri Parmentier est également auteur lui-même de plusieurs publications sur les arts du Cambodge et du Laos.

Vie de Jeanne au Cambodge après Henri[modifier | modifier le code]

Lorsque son mari décède le 22 février 1949 à Phnom Penh à l'âge de 78 ans, Jeanne a 67 ans et au lieu de rentrer à Paris comme l'ont fait d'autres veuves, elle choisit de rester dans la colonie. Elle a été détenue par les japonais en 1945 dans un camp de prisonniers et à sa libération, elle travailla à la radio de Phnom Penh. Elle y partage son activité entre l’étude de la civilisation Cham et la composition d’une œuvre romanesque et poétique marquée par la découverte des paysages, cultures et sociétés du Sud-Est asiatique; l’exil, le dépaysement et la nostalgie de l’Occident. Elle a collaboré à la revue Pages indochinoises.

Départ du Cambodge[modifier | modifier le code]

En 1966, à l'âge de 84 ans elle quitte le Cambodge juste avant la Guerre Civile cambodgienne (1967-1975) qui oppose les khmers rouges et le royaume du Cambodge avec le roi Norodom Sihanouk, après y avoir passé plus soixante ans, pour l'Autriche où elle demeure pendant 13 ans avant de s'éteindre en 1979.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions originales[modifier | modifier le code]

  • La Tristesse du soleil, Plon-Nourrit et Cie, 1913
  • Les Ruines d'Angkor, Imprimerie administrative, 1914
  • Les Chams d'autrefois et d'aujourd'hui, La Revue Indochinoise, 1915
  • Pour un bijou, La Revue Indochinoise, 1917
  • L’Ombre nuptiale, Plon-Nourrit et Cie, 1919
  • Loin du monde, La Revue Indochinoise, juin 1919, p. 563–573
  • L'Aile de feu, Plon-Nourrit, 1920
  • Frick en exil, Perrin, 1923
  • Un royaume disparu. Les Chams et leur art, G. Van Oest et cie, 1923 (Préface de Louis Finot)
  • La Fin d'un roi cambodgien, Éditions de la revue "Extrême-Asie", 1928
  • La Brève lumière, E. Flammarion, 1930
  • Le Personnel reconnaissant, Le Petit Écho de la Mode, no 37, 10 septembre 1933
  • Le Métis ensorcelé. La Roue du temps. Condiments. Les Deux nuits de l'as de trèfle. Camille ou l'ingénue malgré lui, J. Aspar, 1941
  • Le Mystère de Bel-Abri. Le Rubis volé. La Servante des Aiguilles, J. Aspar, 1942
  • Écumes, J. Aspar, 1943
  • L'Art du Laos (avec Henri Parmentier), Imprimerie Nationale (Publications de l'École Française d'Extrême-Orient), 1954
  • Angkor. Guide Henri Parmentier (avec Henri Parmentier), E.K.L.I.P, 1960

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Lu-Khê, Lu-Khê. La douleur secrète, contes, Édition Luk, 1940

Rééditions[modifier | modifier le code]

  • Au tombeau de Nghi-Thien (Poème extrait de La Tristesse du soleil), La Nouvelle Revue, no 37, 1er novembre 1913 Texte en ligne

Sources[modifier | modifier le code]

Monographie

  • Patrick D. Laude, Exotisme indochinois et poésie: étude sur l’œuvre poétique d’Alfred Droin, Jeanne Leuba et Albert de Pouvourville, Sudestasie, 1990 (ISBN 978-2-85-881068-0)
  • French Women and the Empire: The Case of Indochina Par Marie-Paule Ha https://clio.revues.org/12628

https://books.google.fr/books?id=v0VZAwAAQBAJ&pg=PA211&lpg=PA211&dq=French+Women+and+the+Empire:+The+Case+of+Indochina+Par+Marie-Paule+Ha+Jeanne+Leuba&source=bl&ots=IRTGHFH4Be&sig=PPRQNVexAKzxaVDaWTE85e-IMlQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj8zcre3MPLAhWMPxoKHYFnCQcQ6AEIITAB#v=onepage&q=French%20Women%20and%20the%20Empire%3A%20The%20Case%20of%20Indochina%20Par%20Marie-Paule%20Ha%20Jeanne%20Leuba&f=false

Article de périodique

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]