Tuani

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Toani (Tuani en corse) était une pieve de l'en « Deça des Monts », territoire équivalant au département de Haute-Corse d'aujourd'hui.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ancienne Pieve San Ghjuvanni à Tuani

Tuani (Toani) était l'une des cinq composantes de la Balagna, ancienne province génoise composée vers 1520, des pievi de Toani, Aregnu, Santo Andrea, Pino et Ulmia[1].

À cette époque la pieve avait pour lieux habités :

  • li Quercioli, village de nos jours rayé des cartes. Il se situait à près d'un kilomètre au nord du village de Belgodère. Tout proche, au sud-ouest, se trouve la chapelle ruinée de San Gavinu, et plus au nord celle également ruinée de San Tumè.
  • Belgoder, (Belgodère)
  • Ochiatana, (Occhiatana)
  • le Ville, (Ville-di-Paraso)
  • la Costa, (Costa). C'était l'ancien centre de la piévanie. L'ancienne Pieve San Ghjuvanni (Saint-Jean) ruinée, est située à moins de cent mètres au sud-ouest de l'ancien couvent de Tuani.
  • le Cavalleragie, village disparu qui se trouvait à 500 mètres au sud du couvent de Tuani et à environ 800 m à l'E-NE du village de Ville-di-Paraso.
  • Speluncato (Speloncato).

Bordée au nord par la mer Méditerranée, Tuani était entourée à l'ouest par la pieve d'Aregnu, à l'est par la pieve d'Ostricone, au sud par la pieve du Jussani et au sud-ouest par la pieve de Santo Andrea.

Histoire[modifier | modifier le code]

En août 1324, dans l'inféodation faite par l'Aragon à Enrico et Opicinello de Cinarca, l'expression podesteria di Balagna était employée[2].

En 1366 la podestérie de Balagna comprenait les mêmes pievi que cent ans plus tard en 1454 : Chiomi, Armito, Olmia, Pino, Sant' Andria, Tuani, Giussani et Ostriconi[3].

Dès 1455, les Barbaresques commencent à razzier les côtes de l'île. Ils le feront durant environ 3 siècles. Au début du XVIIIe siècle, la pieve de Tuani ne comprenait plus que les communautés de Belgodère, Occhiatana, Costa, Speloncato et Ville.

Toute la Balagne comptait alors 13 762 habitants[4].

La piève civile[modifier | modifier le code]

La pieve de Toani relevait de la juridiction d'Algajola et Calvi. Avant les événements qui, dès 1729, agitèrent cette région pendant la grande révolte des Corses contre Gênes, l’abbé Francesco Maria Accinelli avait dressé à la demande (à des fins militaires) de Gênes une estimation des populations à partir des registres paroissiaux ainsi que des hommes armés. En voici un extrait (texte en italien) : « Giurisditione di Algagliola e Calvi: ... Pieue di Tuuani : Belgodere 595. Occhiatana 334. Costa 103. Speloncato 594. Ville 402... »[4] ; selon Accinelli, Tuani avait une population de 2 028 habitants.

Après la cession de la Corse à la France, Tuani prendra le nom de pieve de Paraso. En 1790, le Paraso devient le canton de Belgodère[1].

La piévanie[modifier | modifier le code]

Porte latérale droite de l'ancienne Pieve San Ghjuvanni

Costa était le centre de la piève éponyme. L'église principale était San Ghjuvanni, dont les ruines sont toujours visibles à près d'une centaine de mètres au sud-ouest de l'ancien couvent de Tuani, se situe au-dessus de la D71, route corniche de la Balagne, au milieu d'un verger d'oliviers séculaires autrefois exploités par les moines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b CORSE : Éléments pour un dictionnaire des noms propres
  2. M.G. Meloni, "La Corona d'Aragona e la Corsica…", op.cit. p.606, d'après ACA, Cancelleria, Papeles Para Incoporuar, caja 27, doc.97)
  3. U. Assereto, "Genova e la Corsica (1358-1378)", op.cit, puis G. Petti Balbi, ibid., pp.45-46
  4. a et b Francesco-Maria ACCINELLI L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974