Filosorma

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Filosorma
Image illustrative de l'article Filosorma
La vallée du Fango en amont du pont de Manso

Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Villes principales Galéria
Barghiana
Siège du pays Galéria
Régions naturelles
voisines
Balagne
Caccia
Niolo
Deux-Sevi

Le Filosorma est une région de Haute-Corse située sur la façade occidentale de l'île de Corse, enchâssée entre la Balagne au nord et les Deux-Sevi au sud. Extrémité méridionale de l'ancienne province de Calvi, il se trouve au pied de la chaîne centrale dont il comprend les deux plus hauts sommets : la Punta Minuta (2 556 m) et la Paglia Orba (2 525 m). Son chef-lieu historique est Galéria.

Terre de transhumance hivernale des bergers niolins, le Filosorma fut longtemps disputé entre Calenzana et les villages du Niolo dont sont originaires la grande majorité de ses habitants.

Delta du Fango
La vallée du Fango et le sommet de la Paglia Orba

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le Filosorma est une région située sur la façade occidentale de la Corse. Il est constitué du golfe de Galéria, de la vallée du Fango et du littoral environnant, limité au nord par la Pointe de la Revellata et au sud par la presqu'île de Scandola. Le Fango, petit fleuve côtier qui prend sa source sur le versant occidental du Capu Tafunatu, a un cours long de 24 km[1] et un bassin versant de 235 km2[2].

Bien que situé sur le versant occidental de la chaîne centrale à l'endroit même où celle-ci est le plus élevé (Punta Minuta, Paglia Orba), le Filosorma appartient à l'En-Deçà-des-Monts (en corse Cismonte) et est administrativement rattaché à la Haute-Corse (et anciennement englobé dans la commune de Calenzana).

Territoire[modifier | modifier le code]

Le Filosorma occupe l'extrémité nord-occidentale du Parc naturel régional de Corse, avec à l'ouest, une façade maritime ouverte sur le golfe de Galéria. Il se situe dans la partie granitique de l'île, essentiellement sur les communes de Galéria et Manso, qui se partagent la vallée du Fango, ainsi que Calenzana (pour le Marsolinu et Luzzipeo). Il faut y ajouter des terres de Calvi (pour les rivages au voisinage ouest de la Revellata et du Capu di a Veta) et d'Osani (pour la moitié nord de la Scandola).

Il est essentiellement constitué par le bassin versant du Fango d'une superficie de 235 km2 qui occupe la totalité de la commune de Manso et presque toute celle de Galéria. Celui-ci est composé :

  • à l'ouest, du delta du Fango : 204 ha dont 116 appartiennent au Conservatoire du littoral et qui sont le site naturel protégé de Riciniccia,
  • au nord, du Marsolinu, la vallée du ruisseau éponyme[3] affluent du Fango,
  • au centre, de la basse vallée du Fango et de la forêt indivise de Calenzana-Moncale (1 436 ha),
  • au sud, de la forêt territoriale du Fango (4 352,49 ha)[4], avec la forêt de Piriu qui borde l'antique chemin de transhumance « Da a piaghja à a muntagna »
  • au nord-est, de la forêt indivise de Filosorma (6 390 ha), avec les vallées de la Cavichja et de Bocca Bianca,
  • à l'est, de la haute vallée du Fango.

Le Filosorma possède également une importante façade maritime quasiment inhabitée. Celle-ci s'étend depuis la Revellata qui marque la fin de la Balagne, jusqu'à la Scandola, aux confins des Deux-Sevi et du golfe de Porto.

Le territoire du Filosorma va de l'altitude zéro (niveau de la mer) jusqu'aux 2 556 mètres de la Punta Minuta, point culminant de la région. La haute vallée du Fango, fermée par les reliefs de la chaîne centrale qui la séparent de la Caccia et du Niolo, compte de nombreux sommets parmi les plus hauts de l'île : outre la Punta Minuta, on compte aussi la Paglia Orba (2 525 mètres), le Capu Tafunatu (2 335 mètres), la Punta Missoghiu (2 201 mètres), la Muvrella (2 148 mètres), le Capu a e Ghiarghiole (2 105 mètres) et le Capu a u Ceppu (1 951 mètres).

Accès[modifier | modifier le code]

La vallée du Fango est traversée du nord au sud par la route D81. Une autre route, la D351, permet de remonter la vallée jusqu'au hameau de Montestremo où elle se termine en cul-de-sac. La jonction des routes D81 et D351 s'opère au lieu-dit "le Fango" sur le territoire de Galéria.

La route en bonne partie ombragée, longe le Fango aux eaux transparentes avec ses piscines naturelles creusées dans des roches polychromes (granit et porphyre rouges). Malgré les beautés naturelles et architecturales qu'elle renferme, la vallée se situe pour l'heure hors des circuits touristiques traditionnels.

Le Filosorma dans le PNRC[modifier | modifier le code]

Avec la création du Syndicat mixte du parc naturel régional de Corse en 1970, suivi du projet solidaire validé par le décret du 9 juin 1999 qui classe le territoire en parc naturel régional et en adopte la charte, le Filosorma est devenu un secteur opérationnel. Ce « territoire de vie » a été nommé Falasorma-Marsolinu. Y ont adhéré les communes de Galéria, Manso et Calenzana pour parties de son territoire, à savoir le cirque de Bonifato et la vallée du Marsolinu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Filosorma est un territoire chargé de l'histoire de ces bergers du Niolo qui l'ont façonné et peuplé au long des siècles au rythme de la transhumance. En effet, les bergers niolins ont de tous temps franchi les hautes murailles qui ferment la vallée, en empruntant parfois des cols parmi les plus hauts comme le col de Serra Pianella (2 211 m) et le col des Maures (2 155 m) autour de la Paglia Orba (2 525 m). Les cols les plus empruntés étaient la Bocca di Capronale (1 329 m) et la Bocca di Guagnarola (1 833 m), qui sont d'ailleurs toujours des points de passage de l'actuel sentier de la transhumance.

Au Moyen Âge le Filosorma et le Marsolino n'étaient habités que par les bergers niolins transhumants en hiver. Au XVIe siècle existait la pieve de Chiomi qui, hormis le village de Luzipeo était inhabitée vers 1520[5]. Lo Cipeo, village de l'ancienne pieve d'Armito (Hermito)[6], devenu par la suite Luzipeo ou Luzzipeo, dominait la baie de Crovani sur la commune de Calenzana ; rayé des cartes, le village avait été d'ailleurs ruiné à cette époque par les Turcs[7]. Un pont génois datant du XVIe siècle permettait aux bergers de franchir avec leur troupeau le Fango au lieu-dit Ponte Vecchju, et de gagner des lieux habités comme Prezzuna, Cherchisani ou Pieve dans le Marsolino, Chiumi ou encore des bergeries.

En 1584, afin d'échapper aux attaques des barbares, les habitants de la côte abandonnent leurs riches et opulents villages au sol fertile pour se retirer dans des montagnes arides et stériles. C'est la cause de la famine qui régna dans l'île ces années là.

« Voici, en commençant par le Delà des Monts, les noms des villages qui furent abandonnés : Campo dell'Oro, Casabuona, Cauro, Piaggia del Frasso, Piaggiuola, Taravo, le Canne, Baraggi, Tavaria, Conca, Bisoggeni, Pallaggio, Sorgeni, l'Olmeto, Ficari, Capo di Bonifazio, Freto, Piccovaglia, Sito di Portovecchio, Foni, l'Isola de' Corsi, San Cipriano, Ventiseri, le Fiume del Solagio, le Trave, Cavo dell'Oro, Favone, Favoncino, Agriata, une partie d'Ostricone, Sia, Marzolino, Luzzipeo et Galéria »[8].

La pieve de Chiomi prendra plus tard le nom de pieve de Filosorma. Celle-ci fusionnera au XVIIIe siècle après la cession de la Corse à la France, avec la pieve d'Olmia dont Calinzana constituait la principale agglomération[5].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La Réserve de Biosphère du Fango[modifier | modifier le code]

Vallée du Fango *
Réserve de biosphère
Image illustrative de l'article Filosorma
Carte de la surface totale (en vert) de la réserve de biosphère
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Création 1 mars 1977
Superficie 26 825 ha
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

L'ensemble de la vallée, soit les 23 500 ha du Filosorma, constitue la réserve de biosphère de la vallée du Fango désignée par l'UNESCO le 1er mars 1977. Sa structure de coordination est le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC)[9]. Le cœur en est la forêt de Piriu, peuplée d'eucalyptus, de pins maritimes et larici ainsi que de remarquables chênes verts multiséculaires qui, dit-on, seraient les plus vieux du monde. La yeuseraie de Piriu (77,9 ha) n'est pas exploitée depuis 1850. Le fleuve est peu touché par les activités humaines qui résident en l'élevage et le tourisme. Toutefois, la fréquentation touristique s'est fortement développée ces dernières années le long du fleuve, en raison des baignades, créant de nombreuses nuisances au cours d'eau et à ses rives. Le périmètre du bassin versant du Fango est aussi désigné site Natura 2000.

Le Fango a des eaux très claires s'expliquant par leur très faible minéralisation. Les trois quarts des éléments dissous contenus dans les eaux du Fango sont issus de l'atmosphère, ce qui le rend sensible à la qualité de l'air et des pluies, à la pollution atmosphérique et à celle engendrée par les activités humaines proches.

Réserve naturelle de Scandola[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserve naturelle de Scandola.

La presqu'île de Scandola est une réserve naturelle à la fois marine et terrestre, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco et gérée par le Parc naturel régional de Corse. Bien que presque intégralement rattachée à la commune d'Osani, sa partie septentrionale (jusqu'à l'île de Gargalo) appartient au Filosorma.

Site naturel de Crovani[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étang de Crovani.

C'est un site naturel inscrit, propriété du Conservatoire du Littoral[10],[11].

Faune[modifier | modifier le code]

Dans la haute vallée du Fango, les rochers abrupts sont le domaine des mouflons corses ; dans le ciel on peut voir l'aigle royal et le gypaète barbu.
On trouve dans le Fango :

Dans le delta du Fango, on trouve :

Par ailleurs, la cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata), une libellule commune dans le sud-ouest de la France, le nord de l'Italie, en Europe centrale et de l'Est, a été récemment découverte dans la vallée du Fango.

Les falaises de la Scandola protègent les nids de nombreux oiseaux marins, dont le balbuzard pêcheur (alpana en langue corse[12]) et le cormoran huppé méditerranéen. On y trouve aussi le puffin cendré, le faucon pèlerin, et le goéland. Le balbuzard ou le gypaète barbu y nichent dans les rochers. Dans l'eau, on trouve entre autres des grands dauphins.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Sainte-Marie de Galéria, située au cœur du village et dotée d'un clocher à 4 niveaux coiffé d'un clocheton.
  • Église Sainte-Lucie, se trouvant dans l'ancien village de Prezzuna. Elle est attenante à une annexe de la mairie de Galéria, et à la Maison des Poètes.
  • Église paroissiale Saint-Pancrace de Barghiana. Elle a été entièrement construite par les bergers et les habitants.
  • Église Saint-Cyr (San Quilicu) ruinée à Luzzipeo. D'architecture romane, elle semble dater du XIe siècle[13].
  • Église Saint-Jean ruinée au fond de la vallée du Marsolinu.
  • Chapelle Saint-Pierre ruinée, située en moyenne vallée du Fango à 425 m d'altitude.
  • Ancien couvent Sainte-Marie de Filosorma, en amont de Barghiana dans la haute vallée du Fango. Le site n'est accessible que par le sentier de la transhumance depuis Montestremo. Ne subsistent que la voûte et la pièce où les moines faisaient leur vin.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • Mines de l'Argentella
  • Phare de la Revellata, à l'extrémité septentrionale du Filosorma.
  • Tour de Galéria (ou de Calcinaghja), tour génoise construite dans la seconde moitié du XVIe siècle. Propriété de la commune, elle est inscrite aux MH[14].
  • Tour d'Elbo, tour génoise située dans l'est de la presqu'île de Scandola, se trouvant au fond de la baie d'Elbo.
  • Tour de Gargalo, se dressant à 129 m d'altitude au sommet de l'île de Gargalo, qui constitué l'extrémité méridionale du Filosorma et l'extrémité occidentale de la Corse. De par sa situation dans la Réserve naturelle de Scandola, son accès est interdit à toute personne non autorisée.
  • Torre Truccia, tour génoise aujourd'hui ruinée, bâtie sur un piton rocheux à 301 m d'altitude, à environ 300 mètres de la côte.
  • Ponte Vechju, vieux pont génois sur le Fango (altitude 46 m) qui permet de se rendre par une piste jusqu'au pied de la Punta di Chiumi. Ce pont « à cheval » sur les communes de Manso et de Galéria, a été restauré en 2010.
  • Tour de Maraghio, tour génoise ruinée à l'intérieur des terres au-dessus de la vallée du Marsolinu.
  • Pont des Cinq Arcades sur le Fango, emprunté par la route de Calvi
  • Pavillon de chasse ruiné à Luzzipeo ayant appartenu au Prince Pierre-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier.
  • Torre Mozza, tour génoise ruinée située à Luzzipeo à quelques mètres de la maison de chasse Bonaparte, au sud-est de la Torre Truccia avec laquelle elle correspondait par feux.
  • Sémaphore de Capo Cavallo situé à 4 km au nord de Luzzipeo. Il resta en activité entre 1810 et 1987. Il appartient depuis 2009 au Conservatoire du Littoral, en vue d'une gestion accrue sur les côtes du Filosorma, notamment au niveau de Luzzipeo[15].
  • Parc éolien de Punta Aja actuellement en service qui fait déjà l’objet d’un écotourisme local.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Panneau Le Fango un fleuve côtier, au régime torrentiel - P. Simeoni, technicien PNRC
  2. a et b Panneau d'information du Parc naturel régional de Corse
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Marsolinu (Y7810540) » (consulté le 22 novembre 2013)
  4. Rapport no  2012/01/026 du président du Conseil exécutif de l'Assemblée de Corse sur les plans d'aménagements des forêts territoriales de Corse
  5. a et b ADECEC - CORSE : Eléments pour un dictionnaire des noms propres
  6. Mgr Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction de l'Abbé Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, page 22
  7. Revue d'histoire maritime, Société française d'histoire maritime, 2001
  8. Anton Pietro Filippini in Chronique, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome III, p. 343
  9. http://mab-france.org/fr/biosphere/reserve-de-biosphere-de-la-vallee-du-fango/
  10. Office de l'Environnement de la Corse
  11. Fiche CROVANI (FR1100647) sur le site de l'INPN
  12. Le balbuzard pêcheur sur le site Wikipédia.co
  13. Données de la Bibliothèque nationale de France
  14. Notice no PA00132605, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Crovani sur le site du Conservatoire du Littoral

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site internet de la Réserve de biosphère de la Vallée du Fango