Aregnu

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Aregnu était une pieve de Balagna, de l'en « Deça des Monts », territoire équivalant à l'actuel département de Haute-Corse.

Histoire[modifier | modifier le code]

En août 1324, dans l'inféodation faite par l'Aragon à Enrico et Opicinello de Cinarca, l'expression podesteria di Balagna était employée[1].

En 1366 la podestérie de Balagna comprenait les mêmes pievi que cent ans plus tard en 1454 : Chiomi, Armito, Olmia, Pino, Sant'Andria, Tuani, Giussani et Ostriconi[2]. La pieve d'Aregnu n'existait pas.

La pieve civile[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, Aregnu était une pieve dont le centre était Aregno. Vers 1520, elle comptait environ 500 habitants. Elle faisait partie de la province génoise de Balagna, région qui comprenait à l'époque les pievi de Tuani, Aregnu, Santo Andrea, Pinu et Olmia.

Au début du XVIIIe siècle, avant les événements qui, dès 1729, agitèrent cette région pendant la grande révolte des Corses contre Gênes, voici une estimation des populations extraite des registres des paroisses par l’abbé Francesco Maria Accinelli (texte en italien) : « Pieve di Aregno : Occhi 66. Lavataggio 263. Reparata 588. Aregno 439. Cattari 239. Avapessa 162. Corbara 1125. S. Antonino 276. Monticello 476 »[3].

La pieve d'Aregnu faisait partie de la province d'Algajola ; elle relevait de la Juridiction d'Algajola et Calvi. « 16 villaggi fra quali Occhi, Lavatogio, S.Reparata, Aregno, Cattari, Avapessa, Corbara, S.Antonino, e Monticello, compresa l’Argagliola principale di questa prouincia fortificata da Ribelli, in questa vi soleva rissedere il Luogotenente, con 4050 anime formano la Pieve di Aregno »[3].

L'église pievane de la Trinité San Giovani servait aussi de tribunal de première instance.

Elle disparaitra sous l'administration française, laissant place à la pieve de Sant'Angelo et à celle de Regino. Celles-ci deviendront en 1790, avec la Révolution, respectivement les canton de L'Île-Rousse et canton d'Algajola.

La pieve religieuse[modifier | modifier le code]

Aregnu était sous l'autorité du diocèse d'Aléria. « Il vescovato di Alleria, che è il più di tutti pingue hà 2000 Scudi d’oro di entrata, e contiene 19 Pievi : Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, Serra, Bozio, Allessani, Orezza, Vallerustie, Tralcini, Venaco, Rogna, Corsa, Covasina, Castello ò sia Vivario, Niolio, Carbini, et Aregno in la Balagna. L’Ughelli però dice (Ital.Sacr.Tom.III) contenere la sua Diocesi 60 parochie con 14 conventi di Frati, e fruttare alla Camera di Roma 300 fiorini, et avere di redito 4000 scudi Romani »[3].

Plusieurs couvents existaient dans la pieve et la paroisse d'Algajola s'appelait San Giorgio. « Era antiquitus l’Algagliola circondata di buone muraglie, situata alla sponda del mare in buona positura, ma in queste ultime Ribellioni è stata mezza rouinata : Hanno in detta Pieve i min. Osservanti un Convento in Aregno, li minori Riformati un’altro d° di S.Cervone, ò sia di Marcaso, e li Capuccini il convento di S.Riparata, le Parochi d’Algagliola porta il titolo di S.Giorgio »[3].

La piévanie[modifier | modifier le code]

Église de la Trinité et de San Giovanni (XIe siècle)

La communauté d'Aregno était le centre de la pieve. L'église de la Trinité San Giovanni (église de la Sainte-Trinité) de la fin du XIe siècle, classée Monument historique[4], était l’église piévane. Elle possède en son sein une arca ( fosse cummune) dans laquelle étaient inhumés les morts d'Aregno et de Sant’Antonino jusqu’en 1812, année durant laquelle chaque paroisse ouvre un cimetière, les morts n'étant plus inhumés dans les églises. En plus de sa vocation religieuse, elle avait un rôle social, servant aussi de tribunal jusqu’au début du XVIe siècle.

L'église piévane de la Trinité San Giovanni, dite communément d'Aregno, se trouve en fait sur le territoire communal de Sant’Antonino.

Géographie[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, la pieve d'Aregnu comportait les lieux habités suivants :

Au sud-ouest, se situe la cité de Calvi, au sud la pieve de Pino et celle de Santo Andrea, et à l'est la pieve de Tuani.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M.G. Meloni, "La Corona d'Aragona e la Corsica…", op.cit. p.606, d'après ACA, Cancelleria, Papeles Para Incoporuar, caja 27, doc.97)
  2. U. Assereto, "Genova e la Corsica (1358-1378)", op.cit, puis G. Petti Balbi, ibid., pp.45-46. À noter qu'Olmia et Armito ont été transcrits par U. Assereto, et non par G. Petti Balbi
  3. a, b, c et d Francesco-Maria ACCINELLI L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974
  4. Notice no PA00099155, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Base Infcor

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]