Cyperus papyrus

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Le papyrus (Cyperus papyrus L. ) est une plante de la famille des cypéracées native des rives du Nil et de son delta. Elle se trouve principalement aujourd'hui en Europe, où elle a été préservée dans les jardins botaniques et le long du fleuve Ciane en Sicile.

Il est constitué d'une tige ligneuse de section triangulaire supportant des feuilles disposées en étoile à son sommet, qui constituent l'ombelle. Cette plante peut atteindre plusieurs mètres de haut. Son feuillage est de couleur vert jade, long, fin, persistant, avec des épillets bruns.

Le papyrus a été utilisé pendant longtemps comme matière première pour fabriquer une forme de papier également dénommé papyrus qui était le support d'écriture le plus important de l'Antiquité.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, le mot vient du latin papyrus, emprunté au grec πάπυρος (papyros). On a pu penser que ce mot grec dérivait du terme égyptien per-peraâ, signifiant « fleur du roi »[1]. Néanmoins, aucun texte antique contenant ce mot n'a jamais été retrouvé. En égyptien ancien, on désignait le papyrus par les mots wadj [w3ḏ], tjufy [ṯwfy], et djet [ḏt]. Le terme latin papyrus est, quant à lui, très certainement à l'origine du mot français papier[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Papyrus, fleuve Ciane, près de Syracuse, Sicile.

Origine[modifier | modifier le code]

La plante était très commune dans l'Antiquité. Elle poussait alors dans le lit du Nil - fleuve sacré - et plus particulièrement dans son delta. Elle avait, de ce fait, une fonction religieuse et politique. Le papyrus était représenté sur les temples ou porté lors des processions.

Symbolisme[modifier | modifier le code]

Emblème de la Basse-Égypte, il était personnifié par la déesse Ouadjet (ouadj : hiéroglyphe du papyrus, signifiant aussi le vert de malachite, la prospérité).

Le papyrus symbolisait la renaissance et la régénération du monde, ou encore l'éternité. En effet, la section triangulaire de sa tige rappelait celle des pyramides, tombeau des rois d’Égypte[3]. L'ombelle s'apparentait aux rayons du soleil du dieu Amon-Rê.

Usages antiques[modifier | modifier le code]

Les usages antiques du papyrus étaient multiples, à la fois sacrés et communs.

Embarcations[modifier | modifier le code]

Le papyrus était utilisé pour la confection des barques des dieux de l'Égypte. C'était aussi le matériau de base pour les embarcations à caractère profane.

Support des manuscrits[modifier | modifier le code]

Article détaillé : papyrus (papier).

Les tiges dont l'écorce avait été retirée au préalable, servaient pour la fabrication du papier des manuscrits.

Fabrication moderne du papier à base de papyrus.

À cet effet, la tige était découpée en fines lamelles, puis martelée et roulée pour en retirer l'eau[3]. Les lamelles étaient trempées pendant six jours pour dissoudre les matières solubles (la plante contient naturellement 10% de sucre et d'amidon). L'eau était renouvelée régulièrement, puis les lamelles disposées verticalement et horizontalement sur un support de peau d'animal. L'amidon et le sucre présent naturellement dans la tige du papyrus servaient de liant entre les fibres, sans nécessiter de recours à une colle externe. Puis l'ensemble était recouvert d'une deuxième peau, compacté par le poids de pierres[3]. Après six autres jours de séchage entre les peaux, la feuille de papyrus était prête à l'emploi. Elle se roulait et se pliait alors sans se casser. Elle servait alors à l'écriture et la peinture avec des pigments naturels.

À l'époque contemporaine, le papier de papyrus est souvent copié avec des feuilles issues de la canne à sucre ou du bananier.

Vannerie[modifier | modifier le code]

D'autre part, il était employé pour fabriquer des objets plus communs tels que les nattes, les pagnes, les sandales, les paniers, les corbeilles et les cordes.

Consommation humaine[modifier | modifier le code]

Sa racine et sa chair pouvaient être consommées.

Biotope[modifier | modifier le code]

Le papyrus pousse sur des terrains sableux et gorgés d'humidité, avec un ensoleillement important toute l'année et ne craint pas d'avoir le pied de sa tige entièrement immergé.

Dans leur biotope naturel, les papyrus peuvent constituer un écran épais le long des berges. Seuls des animaux massifs peuvent s'y frayer un chemin : éléphants, hippopotames. Les autres animaux utilisent leurs traces pour passer.

Du fait du contrôle artificiel du Nil (comme les barrages d'Assouan), la plante a aujourd'hui quasiment disparu de son milieu d'origine, en dehors d'un usage touristique (ornementation).

Il est cultivé dans toutes les régions tempérées pour son attrait ornemental au jardin, en serre ou en véranda, car il craint les températures froides.

La plante[modifier | modifier le code]

Le papyrus se reproduit principalement par ses racines, qui font émerger de nouvelles tiges à intervalles réguliers. Il produit également des graines pouvant être emportées par le vent.

Le Cyperus papyrus originaire d'Égypte ne peut pas se bouturer contrairement au Cyperus alternifolius (ou Cyperus à feuilles alternes), souvent commercialisé abusivement sous le nom de « papyrus ». Originaire de Madagascar, le Cyperus à feuilles alternes peut se reproduire par bouturage : une tige plongée tête en bas dans l'eau produit des racines puis de nouvelles tiges vers le haut.

Les tiges de papyrus atteignent trois mètres de haut en moyenne, et peuvent atteindre jusqu'à cinq mètres.

La section des tiges est d'une épaisseur de presque un centimètre pour les plus grosses. Ces longues tiges grêles portent au sommet une très grosse inflorescence légère et plumeuse en éventail. Les nouvelles pousses apparaissent toujours du même côté.[réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Papyrus sur etymonline.com
  2. Article sur etymonline.com
  3. a, b et c PENP, « PENP - Fabrication du papyrus », (consulté le 1er octobre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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