Serpopard

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Cylindre-sceau (3000 av. J.-C.) provenant d'Uruk montrant un motif léonin appelé « serpopard » - Louvre

Serpopard est un terme moderne qui désigne un animal mythique, une chimère connue en Égypte ancienne et en Mésopotamie. C'est un mot-valise constitué d'une partie du mot « serpent » et du mot « léopard ». Il utilise la combinaison de deux animaux, l'un étant le corps d'un léopard, l'autre le long cou et la tête d'un serpent. Cependant, on peut interpréter le terme comme étant un lion à cou de serpent. Il n'y a pas de nom connu dans les textes anciens pour une telle créature.

Palette de Narmer avec une dépression centrale pour mélanger des cosmétiques

Images[modifier | modifier le code]

L'image se trouve spécifiquement sur des palettes à fard provenant de la période prédynastique égyptienne et également sur des motifs gravés sur des sceaux-cylindres de la période protohistorique de la Mésopotamie (environ -3500 à -3000). Les exemples incluent la palette de Narmer et la petite palette de Nekhen (Hiérakonpolis). Le sceau-cylindre affiché à droite montre clairement le motif. Typiquement, les créatures sont dessinées avec leurs cous entrecroisés.

Interprétations[modifier | modifier le code]

L'image est généralement classée comme féline et son examen attentif met en évidence un lion à long cou. Ces caractéristiques sont exprimées au bout de la queue, il n'y a pas de taches, la tête aux yeux ronds ressemble à celle d'une lionne plutôt qu'à celle d'un serpent (les serpents n'ont pas d'oreilles et il n'y a pas de caractéristiques serpentines telles que les écailles, la langue ou la forme de la tête[1]).

Il a été suggéré que dans l'art de l'Égypte antique les serpopards représentent « un symbole du chaos qui régnait le long des frontières de l'Égypte », situation que le roi devait dominer. Ils sont normalement exhibés comme conquis ou enchaînés, comme sur la palette de Narmer ou attaquant d'autres animaux. Mais dans l'art de Mésopotamie, ils sont représentés par paires, avec des cous entrelacés[2].

En Mésopotamie, l'utilisation de ces « lions-à-cou-de-serpent » et autres animaux hybrides est interprétée comme étant « les manifestations de l'aspect chtonique du dieu de la vitalité de la nature, lequel est la manifestation de la vie jaillissant de la terre »[3].

De façon similaire dans les peuples anciens, les Égyptiens sont connus pour leurs descriptions précises des créatures qu'ils ont observées. Leurs créatures chimériques (composées) ont des caractéristiques très reconnaissables des animaux à l'origine de ceux qui sont représentés notamment ceux des anciennes divinités mixtes.

Les lionnes jouent un rôle important dans les concepts religieux de la Basse et de la Haute-Égypte réunies. Ce sont des animaux associés à la protection de la royauté. Les longs cous sont simplement une exagération utilisée comme cadre dans un motif artistique formant le godet de mélange des cosmétiques de la palette de Narmer ou l'entourant, dans la petite palette.

Les descriptions d'animaux fantastiques sont aussi connues à Elam et en Mésopotamie[4], comme dans d'autres cultures.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The Narmer palette. Corpus of Egyptian Late Predynastic Palettes », Xoomer.alice.it (consulté le 23 août 2010)
  2. Ross, Micah (ed), From the Banks of the Euphrates: Studies in Honor of Alice Louise Slotsky, p. 177, 2008, Eisenbrauns, (ISBN 1575061449), 9781575061443, Google books
  3. Henri Frankfort, The Art And Architecture Of The Ancient Orient, Yale University Press 1996, p. 37
  4. Michael Rice, Egypt's Making: The Origins of Ancient Egypt, 5000-2000 BC, Routledge 2003, p. 68

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacq C. Tirage limité, hors commerce : Comment est née l'Égypte pharaonique. Paris : XO éditions, 2010, 64 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]