Ogliastra

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Carte interactive de la région d'Ogliastra
Cala Sisine

L'Ogliastra est une région historique de Sardaigne (Italie), située dans la partie centrale de la côte orientale sarde donnant sur la mer Tyrrhénienne, qui a donné son nom à la nouvelle province de l'Ogliastra, en juillet 2001. Composée d'une montagne de pics calcaires, appelés tacchi[1], tombant dans la mer Tyrrhénienne entre des plages de sable blanc[1], ou des collines plantées de forêts de chênes verts ET de vignobles[1], et caractérisée par l'une des densités de population les plus faibles d'Italie[1], c'est l'un des territoires d'Europe comptant le plus de centenaires[1].

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom dériverait de la présence d'oliviers sauvages, nommés olgiastu en sarde. Il a été orthographié de différentes manières, depuis Squillastrum jusqu'à Agugliastra en passant par Olasta, Ullasta, Ullaste. En latin, le nom dérive de oleaster, olivier sauvage. Selon Angelo Dettori dans son ouvrage Glossario Sardo-Logudorese, le nom Ogliastra dérive très probablement de l'ancienne dénomination Agugliastra, qui se réfère à des écueils de mer, formés par de nombreuses pointes rocheuses parsemant la côte est de la région. Angelino Usai écrit que la région s'est appelée successivement Agugliastra, Squillastrum à la suite de l'invasion romaine, Oleastra, Ollasta, Olasta, Ullaste, Ullastra, mais aussi Barbagia di Trigonia, du grec "trigonos", vu sa forme vaguement triangulaire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans sa partie interne, très montagneuse, on trouve une alternance de schistes, de granites et de calcaires. La région comprend à l'Ouest la chaîne du Gennargentu, littéralement « la Porte d'Argent », nom dû à la couleur argentée qui prédomine.

Le point le plus élevé de l'île, Punta La Marmora, qui culmine à 1 834 m, s'étend en partie sur le plateau du Supramonte (it), et se divise en taccus, reliefs tabulaires se détachant nus des montagnes anciennes et laissant apparaître, çà et là, d'immenses obélisques naturels qui émergent de forêts de chênes verts, de plus en plus restreintes, à la suite d'une politique de déforestation et à des incendies d'origine criminelle pour la plupart. Dès le printemps, la région se parfume des senteurs du maquis méditerranéen où se mêlent les genévriers sauvages, le myrte, le lentisque (pistachier), le houx, la bruyère à petites fleurs rouges violacées, l'arbousier, le romarin, la lavande et le thym.

D'une étendue de 1 838 km2 et peuplée par quelque 60 000 habitants, elle comprend les sous-régions de Supramonte et la Quirra. Les rivières Flumendosa, Codula di Luna, Pramaera, Mirenu, Pelau, Rio di Quirra et San Giorgio l'irriguent de manière irrégulière : torrents impétueux en hiver, mais asséchés en été. Le Flumendosa alimente en eau toute la région grâce au barrage qui a créé le lac du même nom.

Administration[modifier | modifier le code]

À partir du , date de l'élection des nouveaux conseils provinciaux, elle fera partie de la province de l'Ogliastra, nouvellement créée par une loi régionale de 2001.

L'Ogliastra a pour chef-lieu administratif la ville de Lanusei, dont le statut est disputé par la ville de Tortolì avec son port d'Arbatax (dont le nom dérive de l'arabe, qui veut dire quatorze). Finalement les deux villes seront chefs-lieux de la nouvelle province en 2005.

Elle comprend les communes de :

Population[modifier | modifier le code]

L'Ogliastra est considéré comme « une île dans l'île »[2], tout comme le massif montagneux du Gennargentu[2] qui s'y situe en partie.

Avec quelque 30 habitants au km2, c'est est un territoire en moyenne moins dépeuplé que le centre de la Corse[2] mais l'un des moins peuplés d'Italie[1]. Il craint un « choc démographique »n[2], les jeunes, découragés par la faiblesse des revenus, ne parvenant pas à remplacer une population âgée[2]. Les promoteurs du tourisme durable y ont développé avec les élus locaux[2] des offres de découverte du territoire combinant gastronomie, randonnée et soutien aux exploitants agricoles[2],[1].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

L'Ogliastra est un des hauts-lieux de la culture nuragique sarde, récemment étudiés par les archéologues. Parmi les traces de cette civilisation, les "bronzetti", des figurines de bronze de personnages masculins, féminins ou d'animaux, d'une quinzaine de centimètres de haut[3] effectuées suivant la technique de la cire perdue[3], en particulier à partir du IXe siècle avant J-C[3]. La coopérative "La nuova luna", créée en 1997 pour gérer le Parc archéologique située au dessus de Lanusei[3], en plein cœur de la zone montagneuse de l'Ogliastra, héberge plusieurs de ces "bronzetti", qui sont également exposées au Musée archéologique national de Cagliari[3].

Sports[modifier | modifier le code]

L’escalade dans les falaises de la région, l'une des mieux dotées de Sardaigne, est facilitée par une série de grands escarpements rocheux[4], composés en partie de roches calcaires dolomitiques teintées de rouge[4], situées dans le massif montagneux qui compose une grande partie de l’Ogliastra[4]. Le village d’Ulassai est ainsi niché au pied d'un site qui présente des similarités avec le Machu Picchu péruvien[4] et dont les parois peuvent être escaladées du printemps à l’automne[4].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Concernant le tourisme, la région est connue pour ses plages, sa gastronomie et pour la pratique de la randonnée en Sardaigne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g "Sardaigne : pourquoi l'Ogliastra devrait être votre prochaine destination", par Jean Tiffon, dans Le Figaro le 09/05/2022 [1]
  2. a b c d e f et g " En Sardaigne, un tourisme soucieux de partage" par Paula Boyer, envoyée spéciale, dans La Croix le 6 janvier 2022 [2]
  3. a b c d et e "En Sardaigne. Les étonnants vestiges de la civilisation nuragique disparueé par Paula Boyer, le 05/01/2022 dans La Croix [3]
  4. a b c d et e "Vidéo: Ulassai, escalade zen en Sardaigne" dans Grimper Magazine le 29 février 2016 [4]

Liens externes[modifier | modifier le code]