Nunc

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Nunc est une revue de création et d'essais, codirigée par Franck Damour et Réginald Gaillard, qui a existé de 2002 à 2021. Elle a fait partie, pendant vingt ans, des plus importantes revues de poésie françaises[1].

Au moment de son arrêt, en 2021, le conseil de rédaction était constitué de Stéphane Barsacq, Pierrick de Chermont, Michel Fourcade, Pierre Gelin-Monastier, Jérôme de Gramont, Benjamin Guérin, Nicolas Idier, Antoine de Meaux, Florian Michel et Gemma Serrano. Jacques Darras, longtemps membre de ce conseil de rédaction, est désormais désigné comme « figurant d'honneur ».

Description[modifier | modifier le code]

Lancée en 2002, elle publie trois fois par an des livraisons comprenant de la poésie et des essais philosophiques, littéraires ou de théologie. Elle consacre régulièrement des dossiers à des figures importantes (Pierre Oster, Andreï Tarkovski, Jean-Louis Chrétien, Jean-Luc Marion, Salah Stétié, etc.) ou à des thèmes (la transgression, le commencement, la musique contemporaine). Revue de réflexion et de méditation, Nunc n'hésite pas non plus à provoquer le dialogue et le débat[2].

Dans sa note d'intention, Réginald Gaillard écrit : « Mon but était de créer un lieu où se rencontreraient des écrivains, des artistes — jusque là rien de très original — mais aussi des intellectuels et créateurs dont les œuvres sont nourries par leur foi. Leur foi chrétienne, mais pas seulement. L’intention première était de créer un lieu qui serait à la croisée de la revue Les Études, Dieu Vivant dans les années d'après-guerre, et, par exemple, de la revue de Michel Deguy, Po&Sie, ou d’Europe, dont nous avons repris le principe d’un dossier d’études. Un lieu qui serait aussi un laboratoire pour de jeunes créateurs. Spirituelle, donc, mais résolument moderne dans son souci d’appréhension de la création[3]. »

Chaque numéro est accompagné d'illustrations d'un artiste dont les œuvres sont insérées dans des tirages de luxe de la revue. Elle est publiée par les éditions de Corlevour.

En 2017, la revue a créé ses propres prix littéraires, remis à deux recueils poétiques, l'un de langue française, l'autre de langue étrangère[4].

Pour sa dernière parution, au printemps 2021, la revue Nunc a publié un double numéro consacré au poète argentin Antonio Porchia et à l'Ukraine, « pivot de l'Europe ». Dans son liminaire, Réginald Gaillard annonce la création prochaine d'une nouvelle revue, davantage centrée sur les questions politiques : Achille. La revue s'arrête ainsi définitivement au cinquante-et-unième numéro, après vingt ans d'existence[5].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Sur le site Poezibao, l'un des plus importants lieux cybernétiques consacrés à la poésie, Bernadette Engel-Roux écrit : « C’est une œuvre de découverte, de création, de partage, que mène avec courage la collégiale fraternelle et amicale de la petite mais dynamique "maison" de Corlevour. Découverte, car de "jeunes" auteurs y ont trouvé place et accord. Création, car chaque livre comme chaque numéro est un bel objet en lui-même, très souvent accompagné du travail consonant d’un artiste peintre. Partage, car la revue, éclectique jusques en ses exigences et sa fidélité à une ligne fondatrice, assemble horizontalement une communauté d’écrivains et poètes très différents les uns des autres[6]. »

Numéros parus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Munier, « Inventer l’écriture / Revue NUNC », sur France culture, (consulté le )
  2. Hervé Beligné, « Rencontre avec R. Gaillard (Revue Nunc) : “L’urgence d’une appréhension spirituelle du réel” », sur Cahiers libres, (consulté le )
  3. « Nunc la revue », sur Corlevour (consulté le )
  4. « Remise des prix de la revue Nunc », sur Le Progrès, (consulté le )
  5. Anne Segal, « Réginald Gaillard : “La poésie doit être sans écran, brute, directe” », sur Télérama,
  6. Bernadette Engel-Roux, « Les éditions Corlevour et la revue Nunc », sur Poezibao, (consulté le )
  7. Alexandre Gefen, « Revue Nunc, numéro 27 (juin 2012) », sur Fabula, (consulté le )

Lien externe[modifier | modifier le code]