NewsGuard

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Logo de NewsGuard

Adresse newsguardtech.com
Slogan « étiquette nutritionnelle »
Propriétaire NewsGuard Technologies
Lancement

NewsGuard est le nom d'une start-up fondée en 2018 aux États-Unis dans le contexte de l'explosion du flux de fake news, partagées sur les réseaux sociaux au moment de l'élection présidentielle américaine de 2016. Cette entreprise se présente comme étant exclusivement dédiée à apporter « plus d'informations aux personnes sur les sources des informations qu'elles découvrent en ligne ».

Pour cela, le site se donne pour mission d'indiquer, directement sur le navigateur web des internautes qui le souhaitent, si un site d'information est fiable et crédible, sur la base de 9 critères réunis dans une « étiquette » informative dite « étiquette nutritionnelle ». Selon Steven Brill, l'un de ses co-fondateurs, l'extension NewsGuard est une alternative à la réglementation gouvernementale et aux algorithmes automatisés (tels que ceux utilisés par Facebook)[1].

L'analyse, et la notation sont faites par des humains, experts dans le domaine de l'information, et non pas par des algorithmes[1]. En 2020, ce service est disponible pour des sites situés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie.

« Newsguard » est aussi le nom de l'extension de navigateur créée par NewsGuard Technologies.

Extension de navigateur 'Newsguard'[modifier | modifier le code]

Cette extension identifie sur la page du moteur de recherche utilisée par l'internaute les sources d'informations par une icône (bouclier vert ou rouge), indiquant sa fiabilité générale et s'il a une histoire de diffusion d'articles étiquetés comme de fausses nouvelles.

Les navigateurs pris en charge incluent Google Chrome, Microsoft Edge, Firefox et Safari[2] NewsGuard est inclus par défaut dans la version mobile d'Edge (mais les utilisateurs doivent l'activer).
L'extension peut également mettre en évidence des conflits d'intérêts potentiels, tels que des sites Web qui ne révèlent pas qu'ils sont financés par des lobbies industriels ou d'autres groupes de pression[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Peu après qu'en 2017, la fondation Mozilla ait lancé l'Information Trust Initiative[4], deux journalistes nord-américains (Steven Brill et L. Gordon Crovitz) ont décidé de créer une start-up dédiée à l'évaluation de site et réseaux sociaux en ligne susceptibles de relayer ou amplifier des fausses nouvelles. Ces deux journaliste sont co-PDG de l'entreprise qu'ils ont lancé avec l'aide de deux investisseurs : Knight Foundation et Publicis [5].

En 2019, l'extension a été intégrée (en janvier) à la version mobile de Microsoft Edge, bien que les utilisateurs doivent l'activer.
Des sites répertoriés comme non fiables se sont opposés à leur notation[2], dont MailOnline finalement reclassé comme fiable[6].

Les sites étiquetés comme non fiables incluent par exemple InfoWars, le Daily Kos, Sputnik[2], RT, mais aussi WikiLeaks[5] (qui ne peut ni citer ses source, ni vérifier contenus).

NewsGuard cherche à travailler avec les sites qu'il a noté comme peu fiables, pour les conseiller sur la manière de se conformer à leurs critères[7].

Au 23 janvier 2019, selon Steven Brill, l'extension fournissait des évaluations pour les 2000 sites d'information américains les plus populaires. Et des évaluations pour plus de sites britanniques étaient annoncées pour avril 2019[8].
Avant les élections européennes de 2019 visant à renouveler le parlement européen, NewsGuard a élargi sa couverture aux informations en plusieurs langues européennes telles que le français et l'allemand[9],[10].

En avril 2019, les cofondateurs de NewsGuard ont annoncé qu'ils avaient entamé des discussions avec des fournisseurs de services Internet britanniques pour intégrer leur système de notation de crédibilité dans les offres Internet grand public. Les internautes verraient alors un message d'avertissement avant de visiter un site trompeur, sans même avoir besoin d'installer l'extension NewsGuard, tout en ayant la possibilité de désactiver la fonctionnalité[11].

En janvier 2020, des évaluations sont disponibles pour « 3 800 sites Web qui représentent 95% des sources d'information en ligne aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie »[12].
De nouvelles fonctionnalités premium sont annoncées, avec un score de fiabilité affiné et de nouvelles applications mobiles pour Android et iOS[12].
NewsGuard commence à informer ses utilisateurs qu'elle deviendrait une extension de navigateur payante, prise en charge par les membres début 2020, tout en restant gratuite pour les bibliothèques et les écoles[12].

En Europe et en France[modifier | modifier le code]

Le site dispose en Europe d'une dizaine de journalistes qui analysent les sources d'information au vu des 9 critères de crédibilité

Sa branche francophone a été fondée en 2019[13].

En France, NewsGuard a commencé par analyser plus de 300 sites (ceux dont les contenus sont les plus partagés sur Facebook et Twitter).

Principes[modifier | modifier le code]

Selon C. Labbé (rédactrice en chef de NewsGuard pour la France), NewsGuard fonctionne « à l'inverse d'un algorithme », sans évaluer l'opinion du média, mais en évaluant « sa capacité à fournir au lecteur des garanties de qualité du travail journalistique »[14].

Des plugins (pour navigateur web ou mobile) permettent à NewsGuard de signaler à l'internante les URL jugées non fiables[14].

Les journalistes évaluateurs(-trices) observent notamment si les sources citées sont anonymes ou pas, quel est leur degré de crédibilité, si les auteurs des articles corrigent leurs contenus quand il savent qu'ils contiennent des erreurs.  Au total, neuf critères sont évalués, dont cinq sur la crédibilité et quatre relatifs à la transparence[14] :

  • La fréquence de publication d'informations inexactes ;
  • L'étendue de l'approvisionnement et la communication originale des informations ;
  • Le degré de démarcation entre le journalisme d'information et le journalisme d'opinion ;
  • La précision des titres, y compris l'utilisation des titres « clickbait" ;
  • Le degré de divulgation de la propriété du site Web, ainsi que les positions politiques des propriétaires ;
  • In fine une note sur 100 est produite ; En dessous de 60/100, le site est qualifié de peu crédible, et marqué par un petit bouclier rouge dans la barre de navigation du navigateur ainsi que dans la liste des résultats proposés par les moteurs de recherche[14].

Au-delà de 60/100, le site est jugé globalement fiable[14].

Ainsi, un site agrégateur de contenu peut obtenir une excellente évaluation, et un site publiant des articles, vidéos ou autres contenus originaux, mais non crédibles et non transparents peut être mal noté par NewsGuard[14]. Les notes de chaque site sont réévaluées tous les trois à quatre mois[14].

L' étiquette nutritionnelle précise sur quels critères, le site a été pris en défaut[15].

Selon NewsGuard[15], sa mission est assurée par des journalistes professionnels expérimentés convaincus du « rôle central du journalisme de qualité dans la démocratie »[15], venus d'horizons divers et sans intérêt politique à défendre et dont les qualifications, les parcours et biographie sont publics[16]. Ils doivent respecter les principes éthiques et notamment ceux relatifs aux conflits d'intérêts publiés en ligne[17]. Et les décisions prises par NewsGuard le sont « de façon entièrement transparente », expliquées sur les « étiquettes nutritionnelles » via les neuf critères[15].

Avant de publier une note négative sur un site, NewsGuard contacte le rédacteur en chef ou responsable de ce site pour obtenir ses réactions, lesquelles sont systématiquement incluses dans étiquettes nutritionnelles (laquelle est corrigée si après avoir évalué le commentaire la première conclusion est jugée erronée)[15].

Si le propriétaire d'un site Web se plaint à propos de ce que NewsGuard a écrit à propos de son site, sa plainte est publiée et fait l'objet d'une réponse publique, avec corrections de l'étiquette si NewsGuard a reçu des éléments permettant de mettre sa notation à jour[18].

Rémunérations[modifier | modifier le code]

Selon NewsGuard, aucun argent n'est accepté des sites internet évalués ; le financement de la start-up ne provient que des plateformes et des moteurs de recherche ayant souscrit aux évaluations pour les inclure à leurs flux et à leurs résultats de recherche.
NewsGuard Technologies accorde une licence à ses évaluations. Parmi ses clients figurent des entreprises technologiques et l'industrie de la publicité, qui considèrent les évaluations comme un moyen de protéger leurs clients contre la publicité sur des sites pouvant nuire à leur marque ou à leur image de marque[5].

Résultats[modifier | modifier le code]

En 2020, NewsGuard dit avoir évalué des sites « d'information et d'actualité parmi plus de 5.800 sites, dont les contenus représentent 95% de l'actualité publiée en ligne en anglais aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie ».

Selon C. Labbé, en 2020 « la Covid nous a permis de comprendre que les sites avec les étiquettes nutritionnelles les plus mauvaises sont en fait des multi-récidivistes. Il y a 6 mois, ils publiaient des intox sur le Bataclan et l'holocauste. Dans 6 mois, ils en publieront sur un éventuel vaccin Covid »[14].

Critiques[modifier | modifier le code]

Une limite aux critères retenus est que le critère de transparence des sources, dans le cas d'informations venant de vrais lanceurs d'alerte peut porter atteinte à la sécurité de ces sources.

En 2019, l'extension a été intégrée (en janvier) à la version mobile de Microsoft Edge, bien que les utilisateurs doivent l'activer.
Des sites ayant précédemment ignoré l’extension (ex : MailOnline) se sont opposés au fait d'être répertoriés comme non fiables[2]. La décision de classer MailOnline comme non fiable a été annulée et NewsGuard a reconnu avoir eu tort sur certains points[6].

NewsGuard a été critiqué par Breitbart News, site de presse en ligne, média d'opinion et de commentaire d'extrême droite américain[19],[20], fondé mi-2007 par le conservateur américain Andrew Breitbart[21],[22],[23]. Les journalistes et articles de Breitbart News sont largement considérés comme soutenant une idéologie parfois misogyne, xénophobe et raciste par les libéraux et de nombreux conservateurs traditionnels américains[24] ; ce site a aussi publié diverses théories du complot[25],[26],[27],[28],[29] et des contenus intentionnellement trompeurs[30],[24]. Breitbart News a dit de NewsGuard qu'il s'agissait « du dernier effort des médias de l'establishment pour mettre sur liste noire les sites de médias alternatifs »[31].

Comité consultatif[modifier | modifier le code]

En 2021, le comité consultatif comprend notamment Don Baer, ex-directeur de la communication de la Maison-Blanche sous l’administration Clinton ; John Battelle, anciennement co-fondateur et responsable éditorial du magazine Wired ; Silvia Bencivelli, auteur, présentatrice de télévision et de radio, professeur de journalisme à l’université de Rome, et contributrice à La Repubblica ; Yves Clarisse, écrivain et journaliste qui a travaillé comme rédacteur en chef du service en français de l’agence de presse Reuters à Paris. (Yves Clarisse fournit des conseils éditoriaux pour la France), Arne Duncan, ancien ministre de l’Éducation de l’administration Obama ; le Général Michael Hayden, ancien directeur de la CIA et de la NSA ; Kate O’Sullivan, directrice générale de la diplomatie numérique chez Microsoft, qui comprend le « Defending Democracy Program » ; Anders Fogh Rasmussen, ancien Premier ministre du Danemark, ancien secrétaire général de l’OTAN ; Tom Ridge, premier secrétaire d’État à la Sécurité intérieure (administration de George W. Bush) ; Gianni Riotta, journaliste italien et éditorialiste pour La Stampa, il enseigne à l’université de Princeton, membre du Council on Foreign Relations ; Richard Sambrook, directeur du Centre de journalisme de l’université de Cardiff, ancien directeur de l’information pour la BBC ; Richard Stengel, ancien rédacteur en chef du magazine Time et sous-secrétaire d’État chargé des affaires publiques (administration Obama) ; Ed Vaizey, ancien député du parlement britannique, ancien ministre de la Culture et des Affaires Digitales ; Jimmy Wales, cofondateur de Wikipedia[32].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en-US) « NewsGuard Fights Fake News With Humans, Not Algorithms », sur Wired (ISSN 1059-1028, consulté le )
  2. a b c et d (en-GB) « Mail Online demands browser warning U-turn », sur BBC News, (consulté le )
  3. (en) David Morgan CBS News March 5 et 2018, « New venture aims to combat "fake news" on social media with warning labels », sur www.cbsnews.com (consulté le )
  4. Par Louis Adam à 16:47, « Information Trust Initiative : Mozilla veut lutter contre les fake news », sur ZDNet France (consulté le )
  5. a b et c (en-US) Edmund Lee, « Veterans of the News Business Are Now Fighting Fakes (Published 2019) », sur The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le )
  6. a et b (en-US) James Walker Twitter, « 'We were wrong': US news rating tool boosts Mail Online trust ranking after talks with unnamed Daily Mail exec », sur Press Gazette, (consulté le )
  7. (en) Claire Atkinson800d ago / 8:21 PM UTC, « NewsGuard gives Fox News a thumbs up, Breitbart a thumbs down », sur www.nbcnews.com (consulté le )
  8. (en-GB) Jim Waterson Media editor, « Don't trust Daily Mail website, Microsoft browser warns users », sur The Guardian, (ISSN 0261-3077, consulté le )
  9. (de) Süddeutsche Zeitung, « "NewsGuard" für Online-Medien: TÜV für Glaubwürdigkeit? », sur Süddeutsche.de (consulté le )
  10. (en-US) About the AuthorEJO, « NewsGuard's “news trust” ratings rolled out to Europe », sur European Journalism Observatory - EJO, (consulté le )
  11. (en) « Untrustworthy news sites could be flagged automatically in UK », sur the Guardian, (consulté le )
  12. a b et c (en-US) Freddy Mayhew Twitter, « News website rating tool Newsguard to start charging for service », sur Press Gazette, (consulté le )
  13. « NewsGuard, la start-up anti « fake news », se lance en France », sur Les Echos, (consulté le )
  14. a b c d e f g et h Par Guillaume Serries à 09:56, « Faut-il une "étiquette nutritionnelle" pour les sites d'infos ? », sur ZDNet France (consulté le )
  15. a b c d et e « Pourquoi nous faire confiance ? – NewsGuard » (consulté le )
  16. « Notre équipe – NewsGuard » (consulté le )
  17. « Déclaration d'entente et d'engagement des employés – NewsGuard » (consulté le )
  18. « Politique en matière de corrections – NewsGuard » (consulté le )
  19. (en) Jason Abbruzzese, « Breitbart staffers quit over the news site's 'party-line Trump propaganda' », sur Mashable (consulté le )
  20. (en) « Is Breitbart.com Becoming the Media Arm of the 'Alt-Right'? », sur Southern Poverty Law Center (consulté le )
  21. (en-US) Facebook et Twitter, « Breitbart.com sets sights on ruling the conservative conversation », sur Los Angeles Times, (consulté le )
  22. (en-GB) « How Breitbart became Donald Trump's favourite news site », sur BBC News, (consulté le )
  23. (en) Jane Coaston, « Bannon’s Breitbart is dead. But Breitbart will live on. », sur Vox, (consulté le )
  24. a et b (en) Scott A. Eldridge II, « Online Journalism from the Periphery: Interloper Media and the Journalistic Field », Routledge, (ISBN 978-1-317-37005-5, consulté le )
  25. (en-US) Michael M. Grynbaum et John Herrman, « Breitbart Rises From Outlier to Potent Voice in Campaign (Published 2016) », sur The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le )
  26. * (en-US) Roy, « What is the alt-right? A refresher course on Steve Bannon's fringe brand of conservatism », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne[archive du ]) :

    « Under Bannon's leadership, Breitbart published ... articles regurgitating conspiracy theories about Hillary Clinton and her staff. »

  27. * (en-US) Robertson, « Trump's ISIS Conspiracy Theory » [archive du ], sur FactCheck.org, Annenberg Public Policy Center of the University of Pennsylvania,  : « Donald Trump said a report on a conservative news site proved he was 'right' in suggesting President Obama supported terrorists. It doesn't. ... It's the kind of claim that we'd debunk in an article on viral conspiracy theories. »
  28. (en-US) Novak, « Shirley Sherrod's Contextual Nightmare » [archive du ], sur FactCheck.org, Annenberg Public Policy Center of the University of Pennsylvania,  : « We've posted no shortage of pieces on political attacks that leave context on the cutting room floor to give the public a misleading impression. [...] The latest victim of the missing context trick is U.S. Department of Agriculture employee Shirley Sherrod. [...] a clip of several minutes of her roughly 45-minute speech surfaced on conservative Andrew Breitbart's website, where he labeled her remarks 'racist' and proof of "bigotry" on the part of the NAACP. [...] It quickly became clear that the climax, not to mention the moral, of Sherrod's tale had been edited out of the version Breitbart posted. »
  29. Scott A. II Elridge, Online Journalism from the Periphery: Interloper Media and the Journalistic Field, Routledge, , 171 p. (ISBN 978-1317370055, LCCN 2017017472), « Visualizing journalism: evaluating the field, and its dimensions »
  30. (en-US) Viveca Novak, « Shirley Sherrod's Contextual Nightmare », sur FactCheck.org, (consulté le )
  31. (en) Kenneth Li, « NewsGuard's 'real news' seal of approval helps spark change in fake news era », sur Reuters, (consulté le )
  32. Notre Comité Consultatif, newsguardtech.com