Nathalie Ménigon

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Nathalie Ménigon
Terroriste d'extrême gauche
Image illustrative de l’article Nathalie Ménigon
Information
Naissance (61 ans)
Enghien-les-Bains (Val-d'Oise)
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Actions criminelles Attentats
Assassinats
Hold-ups
Affaires Action directe
Victimes Gabriel Chahine (1982)
René Audran (1985)
Georges Besse (1986)
Période 1979-1987
Pays Drapeau de la France France
Arrestation
Complice Jean-Marc Rouillan
Georges Cipriani
Régis Schleicher
Joëlle Aubron

Nathalie Ménigon est née le à Enghien-les-Bains. Elle a été impliquée dans des actions terroristes revendiquées par le groupe Action directe et a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989. Elle est libérée en août 2008 après plus de 20 ans de prison.

Membre fondatrice d'Action directe[modifier | modifier le code]

Issue d'un milieu ouvrier, elle devient employée de banque. Les grandes banques nationales offrent à l'époque, notamment dans leurs services administratifs, des emplois relativement bien payés et une certaine latitude pour mener des activités politiques ou syndicales. Nathalie Ménigon exploite avec d'autres militants ces possibilités, créant au sein de la BNP un comité de grève qui sert à la fois contre le patronat et contre les syndicats établis. Elle fonde en 1978, avec des camarades, dont Jean-Marc Rouillan, l'organisation communiste révolutionnaire Action directe. En septembre 1980, elle est arrêtée après avoir participé à une fusillade contre la police qui coûte la vie à un fonctionnaire de police, à l’occasion du cambriolage d’une banque parisienne. En août 1981, les militants d'Action Directe bénéficient de l'amnistie présidentielle après la suppression de la Cour de Sûreté de l’État et sont libérés. Nathalie Ménigon, exclue de l'amnistie pour avoir tiré sur des policiers lors de son arrestation, est finalement libérée en septembre 1981 au terme d'une grève de la faim, tout en restant inculpée de tentative d'homicide sur des policiers. Elle rejoint d'autres militants d'Action directe dans la clandestinité.

En janvier 1985, après une longue série d'attentats et d'actions violentes, elle participe à l'assassinat du général Audran, responsable des affaires internationales du ministère de la défense. Le 17 novembre 1986, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron assassinent Georges Besse, PDG de Renault[1].

Arrestation et incarcération[modifier | modifier le code]

Arrêtée avec ses complices Jean-Marc Rouillan, Joëlle Aubron et Georges Cipriani le 21 février 1987 dans une ferme à Vitry-aux-Loges (Loiret), elle est reconnue coupable en 1989 d'avoir assassiné le PDG de Renault Georges Besse (en 1986) et l'ingénieur général René Audran (en 1985) et est condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité[2].

Elle se marie avec Jean-Marc Rouillan le à la prison de Fleury-Mérogis[3].

En 2004, la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen dénonce les conditions de détention des membres d'Action directe et demande leur libération[4]. Franca Maï dédie à Nathalie Ménigon un poème musical, Ouvrez les cages.

Libération[modifier | modifier le code]

Elle a séjourné jusqu'en août 2007 à la prison de Bapaume dans le Pas-de-Calais. Par trois fois elle se voit refuser une suspension de peine pour raison médicale[5]. Le 10 mai 2007, le tribunal d'application des peines de Paris lui a accordé un régime de semi-liberté, lui permettant de travailler la journée et de dormir en prison[2]. Elle est transférée le à la maison d'arrêt de Seysses. Ce régime de semi-liberté est un préalable à une mesure de libération conditionnelle[6], finalement accordée le 17 juillet 2008. Elle est libérée en régime de libération conditionnelle le 2 août 2008 sur décision du juge d'application des peines de Paris, après plus de vingt ans de détention[7].

Elle souffre des séquelles d'une hémiplégie causée par deux accidents vasculaires cérébraux ayant eu lieu durant sa détention. Pour « protester contre le manque de soins », elle s'était blessée volontairement en 2003 alors qu'elle était incarcérée à Bapaume[8].

Cellules communistes combattantes[modifier | modifier le code]

Nathalie Ménigon était en contact en Belgique avec Pierre Carette, dirigeant-fondateur des Cellules communistes combattantes (CCC).[réf. nécessaire]

Nouveau Parti anticapitaliste[modifier | modifier le code]

En juillet 2008, elle aurait selon l'hebdomadaire Le Point « fait part de son intérêt pour le Nouveau Parti anticapitaliste lancé par Olivier Besancenot et la Ligue communiste révolutionnaire le 28 juin 2008 »[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fanny Bugnon, Les amazones de la terreur. Sur la violence politique des femmes, de la Fraction armée rouge à Action directe, Paris, Payot, , 240 p.
  2. a et b « Nathalie Ménigon obtient une semi-liberté, appel du parquet », L'Express, 10 mai 2007 (source Reuters).
  3. « Nathalie Ménigon en liberté conditionnelle », Le Figaro, 17 juillet 2008.
  4. Cf. article du Nouvel Observateur du 30 mai 2004.
  5. Elle souffre d'une hémiplégie partielle et de dépression. Victime de deux accidents vasculaires cérébraux, elle souffre également de troubles de l'équilibre et de spasmes
  6. Nathalie Ménigon obtient une semi-liberté libération.fr (19/07/2007)
  7. « L'ex-militante d'Action directe Nathalie Ménigon est sortie de prison », Le Monde, 2 août 2008.
  8. L'ex-militante d'Action directe Nathalie Ménigon sort de prison, Le Point,
  9. Le Point, n°1868, 3 juillet 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]