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Joëlle Aubron

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Joëlle Aubron
Terroriste d'extrême gauche
Information
Nom de naissance Joëlle Jeanne-Marie Guillemette Aubron
Naissance
Neuilly-sur-Seine
Décès (à 46 ans)
Paris 15e
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Actions criminelles Attentats
Assassinats
Attaques à main armée
Affaires Action directe
Victimes Gabriel Chahine (1982)
René Audran (1985)
Georges Besse (1986)
Période 1980-1987
Pays Drapeau de la France France
Arrestation
Complice Jean-Marc Rouillan
Nathalie Ménigon
Georges Cipriani
Régis Schleicher

Joëlle Aubron, née le à Neuilly-sur-Seine et morte le dans le 15e arrondissement de Paris, est une militante d'extrême gauche, devenue terroriste comme membre d'Action directe, coupable des meurtres du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse.

Issue d'une famille bourgeoise et aînée de quatre filles[1], Joëlle Jeanne-Marie Guillemette Aubron[2] naît de l'union de Jean-Noël Aubron (Paris 17e, Auxerre, )[3],[4] et de Madeleine Aubron, née Poulle (Paris 5e, Auxerre, )[5]. Joëlle Aubron passe une enfance sans histoire jusqu'au baccalauréat où elle échoue deux fois[6]. Après ce second échec scolaire, elle rompt avec sa famille et commence à alterner travail temporaire et participation à des squats à Paris et Vincennes où elle s'inscrit au Centre universitaire de Vincennes pour suivre des études de théâtre et de cinéma. Elle y rencontre des militants d'extrême gauche.

En 1979, elle participe avec Jean-Pierre Tillenon (en), dit Yann-Ber Tillenon (1947-), un intime, à une rencontre célébrant le solstice organisée par le Centre d'études doctrinales Julius Evola[7] lié au GRECE.

Sa participation à Action directe s'affirme en 1980 alors qu'elle est déjà familière des membres du futur noyau dur de l'organisation.

Arrêtée le avec son compagnon Mohamed Hamami, elle est condamnée à quatre ans de prison pour recel et détention d'armes[8]. En août 1982, le groupe Action directe est dissous. En 1982, elle épouse Régis Schleicher, autre membre d'Action directe, dont elle divorce par la suite. Ayant bénéficié d'une remise de peine à la suite de son mariage, elle est libérée le . Elle reprend la gestion de la librairie anarchiste parisienne « Le Jargon libre » ouverte en 1974 et fermée définitivement en 2025 pour remplacer Hellyette Bess qui est alors emprisonnée. Joëlle Aubron passe ensuite à la clandestinité en 1985, au moment où le groupe se radicalise ; il s'allie avec le groupe terroriste allemand Fraction armée rouge. Elle participe dès lors à plusieurs attaques organisées par Action directe, en particulier l'assassinat du général René Audran le et celui de Georges Besse le . Joëlle Aubron est considérée comme directement responsable, avec Nathalie Ménigon, de ces deux assassinats sans que l'on puisse préciser les rôles respectifs[9].

Durant sa cavale, elle est notamment cachée par Jean-Pierre Tillenon[7].

Arrêtée avec ses compagnons Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Georges Cipriani le dans une ferme à Vitry-aux-Loges (Loiret), elle est condamnée en 1989 et 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans. Elle est incarcérée à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) puis transférée comme Nathalie Ménigon à la prison de Bapaume (Pas-de-Calais) en .

Après avoir été opérée d'une tumeur au cerveau, elle est libérée le et sa peine est suspendue en application de la loi du relative aux droits des malades.

Elle meurt le , 1 an et 8 mois après sa libération, à l'âge de quarante-six ans, d'un cancer du poumon ayant provoqué des métastases au cerveau[10].

Culture populaire

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En 2005, elle apparaît dans le documentaire Ni vieux, ni traîtres, de Pierre Carles et Georges Minangoy, y livrant son dernier entretien avant sa mort[11].

Joëlle Aubron est incarnée par Florence d'Azémar dans le téléfilm A.D. La guerre de l'ombre, réalisé en 2008 par Laurence Katrian.

L'écrivain Vanessa Schneider consacre un roman à Joëlle Aubron, La Fille de Deauville[12] (Grasset, ). Dans L'Obs, le critique littéraire Jérôme Garcin note : « Vanessa Schneider a compris qu’il fallait être romancière, et non biographe, pour parvenir à camper l’énigmatique, insaisissable, paradoxale Joëlle Aubron[13] ».

La bande dessinée L'Escamoteur, parue en 2024, raconte une partie de sa vie.

Notes et références

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  1. Elle a toujours paru la plus solide du groupe. [1].
  2. Insee, « Acte de décès numéro 597 de Joëlle Jeanne-Marie Guillemette Aubron », sur MatchID (consulté le )
  3. Insee, « Acte de décès numéro 389 de Jean-Noël Aubron », sur MatchID (consulté le )
  4. Le père de Joëlle Aubron s'exprime sur les conditions de détention de sa fille sur ina.fr. [2].
  5. Insee, « Acte de décès numéro 195 de Madeleine Jeanne-Marie Germaine Poulle. », sur MatchID (consulté le )
  6. Elle passera un bac philo en prison en 1983.
  7. a et b Nicolas Lebourg, Le monde vu de la plus extrême droite : du fascisme au nationalisme-révolutionnaire, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, coll. « Études », , 260 p. (ISBN 978-2-35412-075-7, lire en ligne), p. 215.
  8. Roland Jacquard, Les Dossiers secrets du terrorisme. Tueurs sans frontières, Éditions Albin Michel, , p. 224.
  9. Fanny Bugnon, Les "amazones de la terreur". Sur la violence politique des femmes, de la Fraction armée rouge à Action directe, Paris, Payot, , 234 p. (ISBN 978-2-228-91314-0, lire en ligne)
  10. Isabelle Sommier, La violence révolutionnaire, Les Presses de Sciences Po, , p. 9.
  11. Le documentaire Ni vieux, ni traîtres sur YouTube. [3].
  12. "La fille de Deauville", Vanessa Schneider, (lire en ligne)
  13. « Vanessa Schneider dans la tête de Joëlle Aubron, la pasionaria d’Action directe », sur L'Obs, (consulté le )

Liens externes

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