Moyen breton

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Moyen-breton)
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2012).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

image illustrant la linguistique
Cet article est une ébauche concernant la linguistique.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Moyen breton
Période XIIe au XVIe siècle
Langues filles breton moderne
Pays France
Région Bretagne
Typologie flexionnelle, accusative, à accent d'intensité
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 xbm
Étendue individuelle
Type historique
IETF xbm
Linguasphère 50-ABB-ba[1]

Le moyen breton (krennvrezhoneg en breton moderne) est le nom que l'on donne à la langue brittonique parlé en Bretagne de la fin du XIe siècle à la première partie du XVIIe siècle. En place généralement la date de fin en 1659 lors de la sortie du dictionnaire du père Julien Maunoir. Il a été précédé par le vieux breton et suivi par le breton moderne.

Elle a fourni une littérature, une poésie, mais surtout un théâtre, d'inspiration religieuse.

Chronologie du moyen breton[modifier | modifier le code]

On distingues plusieurs périodes :

  • 1100 - 1450 : pré moyen breton
  • 1450 - 1600 : moyen breton classique
  • 1600 - 1659 : moyen breton tardif

Caractéristiques du moyen breton[modifier | modifier le code]

Les emprunts au français deviennent très nombreux. Le français est alors la langue la plus influente de l’Europe et influence également l'anglais. D'une manière étonnante quand un mot breton ressemble à de l'anglais, il provient généralement du moyen français. Ex. : to strive; strivañ : s'efforcer de

  • le -ff traduit un v nasalisé. Cependant, à la fin du moyen breton le v disparaîtra complètement, à l’exception du dialecte guérandais ou du Goélo (prononcé f),
  • le son dh est marqué par z (menez, scoaz...),
  • le son th est transcrit par z, tz ou zz (scuiz, hennez, harzaff),
  • le son ts, qui vient la plupart du temps de nom français est transcrit par ç, cc, cz,
  • le son [oe] évolue en oa (sauf en vannetais-guérandais et Haute-Cornouaille où il reste oe. Il reste oe également au Pays de galles),
  • le son eu venant des débuts de l'ancien breton.

XIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • le -ong et le -ung deviennent -oe, ue
  • alt, olt se vocalisent en aod ou aot (altin→aotenn (rasoir))
  • les sons adr, odr,edr, dn voient leur d devenir zh transcrit en z. cadr→ cazr (beau) (à partir du XVIe siècle le z deviendra e.)

XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • le son tn devient tr dan le KLT et ten dans le vannetais-guérandais (parfois la transformation fut plus tardive, jusqu'au début du XVIIe siècle).
  • le son kn devient kr dans le KLT et ken dans le vannetais-guérandais (parfois la transformation fut plus tardive, jusqu'au début du XVIIe siècle).
  • la palatisation des consonnes k ou g devant des voyelle comme e ou i commencent, dans certains dialectes.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le son thr est devenu er : cadr → cazr → caer (kaer) beau.
  • le son th évolue en z en KLT mais évolue en c'h dans le vannetais-guérandais.

Il est vraisemblable que cette évolution commença dès le XVe siècle.

Crédin (commune du Morbihan) s'appelle Cherdin en 1116; Kerzin en 1427 mais Crehin en 1464 (actuellement cette commune est en pays gallo, mais à l'époque elle était bel et bien en pays bretonnant).

  • l'article défini an évolu peu à peu en ar, al, an...

La premiere apparition notée de "er" pour "an" (ou "en") survient en 1406, en pays Vannetais.

A Nantes, en 1499, il est toujours prononcé "an" selon Arnold Von Harff (fait peu connu, Nantes a toujours connu en son sein une population bretonnante).

En 1738, selon Grégoire de Rostrenen, la prononciation "an" demeure au sud ouest du Léon et Quimper.

Littérature du moyen breton[modifier | modifier le code]

Elle utilise souvent des rimes internes en plus des rimes en finales. Exemple d'un texte copié par Ivonet Omnes vers 1350 :

  • An guen heguen amlaouenas,
  • An hegarat an lacat glas,
  • Mar ham guorant va karantit,
  • Da vout in nos o he kostit.
  • Vam garet, nep pret.

Du fait de la complexité de ce système, les rimes internes tombent progressivement en désuétude.

la prose[modifier | modifier le code]

Les écrits en prose sont rares. On connaît :

  • Buhez an itron sanctes cathell, est une traduction du latin. C'est un livre de 31 pages imprimé en 1576 au monastère Saint-François de Morlaix.
  • le Dictionnaire et colloques françois et bretons, de Quiguer, imprimé en 1632, 1633, 1652, 1671.
  • le Catholicon, dictionnaire trilingue imprimé en 1499 à Tréguier.

Les textes en vers[modifier | modifier le code]

la poésie[modifier | modifier le code]

  • tremenuan an Ytron Guerches maria
  • pemzec levenez maria
  • Buhez mabden
  • le mirouer de la mort (3 600 vers)
  • an dialog etre arzur roe d'an bretounet ha guynglzaff, de 1450.
  • Les Cantiques

le théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre a laissé plus d'ouvrages. C'est un théâtre au caractère médiéval, semblable aux « mystères » que l'on jouait en France. Dans sa thèse Le Théâtre breton, Anatole Le Braz soutient qu'il n'était qu'imitation des productions françaises voisines. Les progrès de la recherche lui ont donné tort. Parmi les écrits connus :

  • Les Amourettes du vieillard, comédie
  • Le Mystère de sainte Barbe, tragédie
  • An ene christen e bali an Ee, mystère de V. Roudaut
  • Ar varn diwezhañ, mystère du XVIIIe siècle (5 647 vers)
  • Dasorc'hidigezh Jezuz-Krist, mystère du XVIIIe siècle;
  • Louis Eunius ou le purgatoire de saint Patrice, mystère du XVIIIe siècle;
  • L'Ancien Mystère de saint Guénolé
  • Le Grand Mystère de Jésus, publié par Hersart de la Villemarqué en 1865;
  • Prise de Jérusalem, mystère
  • La Vie de sainte nonne (2 804 vers)
  • tragedien sant guillerm, du XVIIIe siècle ;

Par ailleurs, on trouve dans La Farce de Maître Pathelin, un dialogue en moyen-breton, lorsque le protagoniste parle plusieurs langues de sa famille pour montrer qu'il est sur le point de mourir et qu'il ne peut plus parler français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. code générique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (br) Goulven Penaod, Dornlevr krennvrezhonek, Quimper, Kreizenn Imbourc'h Sturyezhouriezh S.A.D.E.D,
  • (fr) (br) Alan Botrel, La Subordonnée infinitive à sujet distinct en moyen-breton : Thèse, Rennes,
  • (br) Alan Botrel, Un dibab testennoù krennvrezhonek, Rennes, C.R.D.P., , 96 p.

Articles

  • Émile Ernault, « Petits textes et notes sur le moyen breton », Annales de Bretagne, vol. 39, no 39-4,‎ , p. 457-496 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]