Momos

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Dans la mythologie grecque, Momos (en grec ancien Μῶμος / Mỗmos, « la raillerie ») est une divinité grecque mineure, fils de Nyx[1], qu'elle engendra seule ou avec Érèbe, les Ténèbres selon les versions, frère de Moros, des Kères et de Thanatos - trois personnifications de la Mort - ainsi que d'Hypnos, le frère jumeau de Thanatos.

Mythe[modifier | modifier le code]

Personnification du Sarcasme et de la Moquerie, il est le dieu de la raillerie, des malicieuses critiques et des bons mots. Il[2],[3] agit comme le bouffon des divinités olympiennes. C'est lui qui suggère à Zeus, pour réduire le nombre croissant des hommes qui commence à l'inquiéter, de donner Thétis en mariage à un mortel et d'engendrer la belle Hélène, le séduisant enjeu de la guerre de Troie. Mais après avoir raillé tous les dieux, il fut chassé et s'installa chez le seul dieu capable de le comprendre : Dionysos. Il est assimilée au Momus des Latins. [réf. nécessaire]

Momus et les goguettes[modifier | modifier le code]

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Une publication de goguette en 1818[4].

Dévolues à la joie, au moins quinze sociétés festives et chantantes françaises au XIXe siècle ont pris un nom faisant référence à Momus. À Dunkerque, la Société littéraire du Petit Couvert de Momus[5]. À Lille, la Société de Momus[6]. À Paris et en région parisienne, les Soupers de Momus[7], les Soirées de Momus[8], les Enfants de Momus[9], les Enfans de Momus au Moulin d'Amour[10], les Enfans de Momus, barrière des trois Couronnes[11],[10], les Soutiens de Momus, à la Courtille[10], les Momusiens[12], le Banquet de Momus, société à laquelle Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers fut invité le 6 mai 1825. Il écrivit à cette occasion une chanson[13] : les Petits Momus[14], les Gais Momusiens, la Société des Enfants de Momus, à Meudon[15], la Société des Enfants de Momus, à Saint-Germain-en-Laye[15] et la Société des Enfants de Momus, à Versailles[15].

Momus au Carnaval de Galveston (Texas)[modifier | modifier le code]

Une confrérie de Carnaval, les Chevaliers de Momus (Knights of Momus), a été fondée en 1871 à Galveston, Texas. Cette confrérie a disparu à l'époque de la Seconde Guerre mondiale. Un nouveau groupe a été fondé au milieu des années 1980. Et en cherchant à raviver l'esprit du groupe initial, il a adopté le nom de Momus[16].

Momus au Carnaval de la Nouvelle-Orléans[modifier | modifier le code]

Fondée en 1872, une des trois plus anciennes confréries du Carnaval de La Nouvelle-Orléans s'appelle, comme celle de Galvestone, Texas : Les Chevaliers de Momus (Knights of Momus).

Momus dans l'opéra[modifier | modifier le code]

Momus apparaît dans le « ballet bouffon » de Jean-Philippe Rameau Platée, sur un livret d'Adrien-Joseph le Valois d'Orville, tiré de Platée ou Junon jalouse, du dramaturge Jacques Autreau, lui-même inspiré des Béotiques, IXe livre, chapitre III, de la Description de la Grèce, du géographe-historien grec Pausanias.

Dans cet opéra-ballet, Momus, dans le prologue encourage Thespis, inventeur mythique de la comédie, à ne pas épargner les immortels dans ses moqueries et au deuxième acte organise sur l'ordre de Jupiter une fête en l'honneur de la naïade, malheureuse victime de la supercherie du plus puissant des dieux.

Jean-Sébastien Bach est l'auteur d'une cantate profane Geschwinde,_ihr_wirbelnden_Winde (BWV 201), composée à Leipzig en 1729 comme Drama per musica. Le thème en est la lutte entre Phébus et Pan dans la mythologie grecque. Momus y joue le rôle de l'arbitre. La pièce a été jouée de nouveau en 1735-1740 et en 1749 à Leipzig.

L'acte II de La Bohème de Giacomo Puccini se déroule au Café Momus, à Paris, lieu ayant réellement existé.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Momos sur la peinture de Hippolyte Berteaux, plafond du Théâtre Graslin de Nantes

Ce dieu est représenté levant son masque, et tenant à la main, une marotte, symbole de la folie. Elle accompagne assez souvent Comus, dieu de la bonne chère et du libertinage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Platon, La République [détail des éditions] [lire en ligne], Livre VI (487a)
  2. Brisson 2008, p. 2170
  3. Lucien de Samosate 2015, p. 79.
  4. Le goguettier Émile Debraux a contribué à la rédaction de cette publication. Elle est consultable sur le site Internet de la BNF Gallica.
  5. Trois chansons conservées mentionnent cette goguette : Auguste Philippe, Couplets, Chantés par l'auteur, le jour de sa réception au Petit Couvert de Momus, 1848 ; Pierre Simon, Mes Regrets. Couplets chantés à l'un des banquets de la Société littéraire du Petit Couvert de Momus. ; Carlier Aîné. A mon ancien Camarade du Petit Couvert de Momus à Dunkerque en 1815, Bernaert aîné, à Bruxelles, 1845.
  6. Son nom est mentionné en-tête d'une chanson imprimée en feuille volante : Chant patriotique, Chœur chanté à Lille, le 9 octobre 1845 par la Société de Momus, paroles de M. F. Danel, musique d'Alfred Postian.
  7. On peut lire sur Internet un Cahier lyrique de la Société des Soupers de Momus, pour le mois de mars 1818.
  8. La Bibliothèque nationale de France conserve un Cahier lyrique de la Société des soirées de Momus par plusieurs membres de la société pour Mars 1818, Imprimerie de Delaguette, Paris, In-8°, 13 pages.
  9. Le Troubadour, recueil de chansons inédites, par J.-B. Gougé, édité par l'auteur, Paris 1824, pages 65-68.
  10. a, b et c Promenade à tous les bals publics de Paris, barrières et guinguettes de cette capitale, ou revue historique et descriptive de ces lieux par M. R***, habitué de toutes les sociétés dansantes de Paris et des barrières - Paris, Terry jeune, Libraire 1830, pages 278 à 281. (Bibliothèque nationale de France : RES. 8°Li159).
  11. Louis Festeau a écrit une chanson en l'honneur de cette goguette : Les Enfans de Momus
  12. Marc Fournier, Goguettes et Sociétés Chantantes, partie de l'ouvrage : Paris chantant, romances chansons et chansonnettes contemporaines, texte de Marc Fournier, Fertiault, Bourget, Festeau, Hégesippe Moreau, Eugène Briffaut, etc. ; musique de Festeau, Scudo, A. Harquerie, Édouard Donvé, J. Vimeux, François Schubert, etc., Éditeur : Lavigne, Paris 1845, page 6.
  13. Couplets chantés au Banquet de Momus où je fus invité le 6 mai 1825.
  14. Les goguettes en 1827, L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, 20 janvier 1910, col. 97–104.
  15. a, b et c Nom mentionné dans l'article de Robert Balland Les goguettes rurales autour de Paris au milieu du XIXe siècle, dans Ethnologie française, no  3, tome 12, juillet-septembre 1982, pages 247-260.
  16. Voir l'histoire, en anglais, de cette confrérie sur le site Internet des Knights of Momus de Galveston).

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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