Mohamed Balhi

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Mohamed Balhi, né le à Biskra[1], est un écrivain, sociologue, journaliste, grand reporter et directeur de la rédaction algérien[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Mohamed Balhi est natif de Biskra. Il est le fils de Sadek Balhi (1912-1996) et de Hattab Lakri (1934-1995). Son père, commerçant, fut un moudjahid durant la guerre d'Algérie et a été emprisonné à plusieurs reprises et torturé par l'armée coloniale.

Mohamed Balhi a effectué sa scolarité à Biskra jusqu'à l'obtention de la sixième. Au début des années 1970, alors lycéen à Batna, il est correspondant de presse d’El Moudjahid et du quotidien régional An Nasr, qui paraissait en français[3].

Il a interprété des rôles dans des pièces de théâtre consacrées à la guerre du Vietnam ; puis, lui-même a écrit et monté la pièce Palestine, qu’il a jouée au cinéma Régent de Batna. À l'université Constantine 1, il est l'un des fondateurs et animateurs de la cinémathèque de la ville ; il a lancé avec d’autres amis la cinémathèque de Biskra au cinéma Casino.

En 1978-1980, il remplit ses obligations de service militaire dans la Marine nationale avec le grade d'aspirant (ex-Pérouse, Tamentefoust, Est d’Alger) puis est affecté à Alger et Tamanrasset.

Détenteur d'une licence en sociologie de l'université Mentouri à Constantine, il est journaliste à Algérie-Actualité de 1980 à 1994[3],[4].

De 1992 à 1994, il est directeur de la rédaction d'Algérie-Actualité, en pleine tourmente terroriste. Il a couvert la guerre du Golfe (1990, 1991, 1992)[3], la guerre du Liban (1984, 1989, 1992)[3], le Sahara Occidental (1987) et effectué plusieurs reportages (Inde, États-Unis, Mexique, URSS, Arabie Saoudite, Iran, Burkina Faso, Sénégal, Mali, France, Maghreb...).

Il parle français, arabe, anglais et espagnol. Globe trotter, dès son jeune âge, il a une parfaite connaissance du monde arabe, notamment l'Égypte où il a effectué plusieurs voyages. En , il accompagne ses parents pour la oumra, petit hadj, en Arabie saoudite. Ce voyage initiatique, en pleine guerre d'Afghanistan, lui a permis d'appréhender le wahhabisme et de décrypter les prêches dans les mosquées de Médine et de La Mecque. Dans Mesjed Ennabaoui, à Médine, le prédicateur algérien Abou Bakr el Djazairi, hostile au socialisme de Boumediene, natif de Tolga (Biskra), de nationalité saoudienne, tenait des halqas destinées aux pèlerins algériens. À la même année, en 1982, une année après la victoire de François Mitterrand, il couvre les émeutes des trois V, à Lyon (Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Villeurbanne), qui ont secoué les ghettos de l'émigration pour la première fois en France. C'est là qu'il découvre les groupes de musiques contestataires Zebda et Carte de séjour.

Mohamed Balhi a été le premier à s’intéresser au phénomène du raï (« Dis-moi mon sort », Algérie-Actualité, ), genre musical qu'il a médiatisé et fait connaître, notamment via l'ancien « porteur de valises » Jean-Louis Hurst, alors collaborateur du quotidien français Libération.

En 1985, lors d'un reportage au Burkina Faso, il avait fait une tournée avec Thomas Sankara à Gaoua, à la frontière du Ghana.

Il est le premier journaliste algérien à être privé de passeport et est devenu ISTN (interdiction de sortie du territoire national), en 1985, sans motif.

En 1986, lors du Séminaire de la pensée islamique, qui s'est tenu à Tichy (Bejaia), il assiste au débat entre le penseur moderniste Mohammed Arkoun et le chef de file des Frères musulmans, l'Égyptien Mohammed al-Ghazali. Dans la salle était présent le leader palestinien Yasser Arafat. Mohamed Arkoun avait été traumatisé par un groupe d'islamistes qui criaient « Allahou Akbar » et apportaient leur soutien à Al Ghazali. Mohamed Balhi l'avait alors interviewé dans les colonnes d'Algérie-Actualité sur l'intrusion de l'islam politique dans les pays arabes.

En , alors qu'il était directeur de la rédaction d'Algérie-Actualité, dans une action collective, il démissionne de cet hebdomadaire avec le responsable de la publication Abdelkrim Djilali et d'autres journalistes, en signe de protestation contre le licenciement par le ministère de tutelle du jeune Sid Ahmed Semiane, qui écrivait sous le pseudonyme de SAS et critiquait dans ses chroniques le chef de l'État Liamine Zeroual. De l'été 1994 à 1996, il a vécu au chômage dans une semi-clandestinité à Alger, changeant constamment d'itinéraires pour rejoindre son domicile familial. Une période noire marquée par les assassinats où la presse était ciblée.

En 1995, le chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Saïd Sadi le sollicite pour faire partie de son staff de campagne en vue de l'élection présidentielle, en tant que consultant en communication.

En 1996, il fait partie des journalistes maghrébins invités à Washington par la Banque mondiale et le FMI qui, pour la première fois, ont lancé une série d'ateliers pour mieux se faire connaître du public.

En 1996, il est directeur de la rédaction au Soir d'Algérie puis, de 1997 à 2000, éditorialiste-chroniqueur à El Watan[3]. Il est conseiller puis directeur des éditions à l'ANEP de 2000 à 2012 et enfin l'un des organisateurs du Salon international du livre d'Alger, chargé de l'animation culturelle.

Entre 1996 et 1998, il réalise une série de reportages sur les régions affectées par le terrorisme (Mitidja, Kabylie, Ouest algérien). Avec le concours de son collègue et ami Abdelkrim Djilali, il sillonne les régions touchées par le terrorisme, notamment dans ce qu'on appelait « Le Triangle de la mort » (Boufarik, Bentalha, Larbaa).

En 1998, il participe à un atelier organisé à l’hôtel Hilton du Caire par la Banque mondiale pour les journalistes de la région MENA, sur les réformes en Égypte.

En , il fait partie de la cellule de communication du 35e sommet de l'OUA, organisé à Alger. Il fait aussi partie de la cellule de communication de l'Union interparlementaire arabe lors d'une session qui s'est déroulée à Alger ; il avait été enfin membre de la cellule de communication de la réunion des ministres arabes de l'Intérieur organisée à Alger.

En 2004, un des proches de l'ancien chef de gouvernement et opposant Ali Benflis le sollicite pour faire partie du staff de campagne à l'élection présidentielle.

Passionné d'arts martiaux, ancien karatéka[3], il est un des fondateurs en 2010 du Judo club de Rouiba, dans la banlieue d'Alger.

En 2011, il a enseigné à l'École nationale supérieure de journalisme et des sciences de l'information d'Alger, section Reportages et journalisme scientifique.

De 2015 à 2019, il a été chargé, comme consultant, par l'Entreprise nationale de communication, d'édition et de publicité (ANEP), de piloter le prix Assia Djebar du roman.

En 2016, il dirige le prix Les amis du livre.

Habitué des grands événements politiques et culturels internationaux, il a couvert plusieurs festivals, colloques, congrès et séminaires. Mohamed Balhi est aujourd'hui consultant en communication.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais
  • Chroniques infernales, Algérie 1990-1995, Alger, Éditions Marinoor, 1997[3]
  • Les moines de Tibhirine, Liban, Éditions El Farabi, 2002[3]
Roman noir
  • La Mort de l'entomologiste, Alger, Éditions Barzakh,
Essais et beaux livres
  • Biskra, miroir du désert, Alger, Éditions Anep, 2011
  • Biskra, miroir du désert, réédition revue et augmentée, Éditions Anep,
  • Zaatcha 1849 : l'insurrection des Ziban, Alger, Éditions Anep,
  • Les phares d'Algérie, Alger, Casbah Éditions,
  • La route de l'or, Alger, Éditions Anep, .
  • Pyramides d'Algérie : Imedghassen-Tombeau royal maurétanien-Djedars, texte de Mohamed Balhi, photos de Nacer Ouadahi, , éditions Anep, Alger
  • Dey Hussein, dernier souverain d'El Djazaier, 1818-1830, , éditions Anep
  • Au pays de Syphax, roi numide, texte de Mohamed Balhi, photos de Khedidja Aït Hammouda, , éditions Anep
  • Le long règne du dey Mohamed ben Othmane ( 1766-1791), janvier 2021, éditions Anep, Alger

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mohamed Balhi », sur www.editions-barzakh.com (consulté le )
  2. « "Les Phares d'Algérie", un beau-livre cosigné par Zinedine Zebar et Mohamed Balhi », Al HuffPost Maghreb,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a b c d e f g et h « Mohamed Balhi (Journaliste et auteur) », Djazairess,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « Le Midi Libre - Culture - Mohamed Balhi mène l’enquête », sur www.lemidi-dz.com (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]