Maurycy Hauke

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Hans Moritz Hauke
Maurycy hauke.PNG
Maurycy Hauke, peinture par Alexander Molinari (1772-1831)
Biographie
Naissance
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Seifersdorf (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
VarsovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Allégeance
Activité
Soldat de carrièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Frederic Carles Hauke (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Sophie Lafontaine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Grade militaire
Conflit
Distinctions
Liste détaillée
Ordre de l'Aigle blanc
Ordre de Saint-Vladimir de 2e classe (d)
Ordre de Saint-Alexandre Nevski
Ordre de Saint-Stanislas, 2e classe (d)
Ordre de Sainte-Anne de première classe (d)
Ordre de Saint-Stanislas de première classe (d)
Ordre national de la Légion d'honneurVoir et modifier les données sur Wikidata

Maurycy Hauke (en polonais) ou Hans Johann Moritz Hauke (en allemand), également appelé Hauck, Haucke et von Haucke, né le 26 octobre 1775 à Seifersdorf près de Dresde, mort le 29 novembre 1830 à Varsovie, est un militaire polonais d'origine saxonne au service de la République des Deux Nations, du duché de Varsovie, principauté dépendant de l'Empire napoléonien, puis de la Pologne du Congrès, dépendant de l'Empire russe. Il est tué pendant l'insurrection de novembre 1830.

Origines[modifier | modifier le code]

Le comte Alois Friedrich von Brühl, ministre du roi de Pologne, portrait par Per Krafft l'Ancien (1767)
Élection de Stanislas II Auguste par Bernardo Bellotto (détail) (1778)

Friedrich Karl Emanuel Hauke (1737–1810), père de Hans Johann Moritz, né à Mayence d'une famille originaire de Wetzlar, exerçait la fonction de secrétaire du comte Brühl (de) à la cour de l'Électorat de Saxe, principauté du Saint Empire. Il épouse Maria Salomea Schweppenhäuser (1755–1833), fille de pasteur et femme de chambre du palais Brühl. La famille s'établit en Pologne à l'époque où la couronne élective de la République des Deux Nations est détenue par la dynastie saxonne. En 1780, le comte Alois Friedrich von Brühl (de) renonce à ses emplois en Pologne et retourne en Saxe. Friedrich Hauke reste à Varsovie où il fonde une école privée. Vers 1805, après le troisième partage de la Pologne qui attribue Varsovie au royaume de Prusse, Friedrich Hauke devient professeur de mathématiques au lycée royal prussien de Varsovie, établissement de langue allemande. Le couple a 6 enfants dont Hans Moritz (Maurycy), l'aîné, et Josef (1790–1837), le plus jeune, qui finira général dans l'armée impériale russe.

Carrière au service de la Pologne[modifier | modifier le code]

La vieille porte de Lviv à Zamość
La vieille porte de Lublin à Zamość
Artillerie à cheval du duché de Varsovie, par Bronisław Gembarzewski (1905)

Hans Moritz s'engage en 1790 comme élève-officier d'artillerie dans l'armée polono-lituanienne. En 1794, il participe à l'insurrection de Kościuszko, tentative malheureuse pour s'opposer aux partages de la Pologne entre l'Empire russe, la Prusse et la monarchie autrichienne. Après avoir combattu dans la défense de Varsovie, il quitte l'armée et travaille comme professeur de géométrie.

En 1798, il s'engage dans la légion polonaise qui combat aux côtés de l'armée française dans la campagne d'Italie contre les Autrichiens. Il est fait prisonnier au siège de Mantoue, puis libéré par la paix de Lunéville en 1801.

En 1807, Napoléon ressuscite la Pologne sous la forme du duché de Varsovie, sous la souveraineté nominale du roi de Saxe mais sous protectorat de l'Empire français. Hauke est promu lieutenant-colonel le 20 décembre 1806, général de brigade le 27 décembre 1807, général de division le 3 février 1813.

En 1811, Hauke est général de brigade dans l'armée du duché de Varsovie[1]. Un rapport de mars 1811 le décrit comme un « homme dur et actif » : il est alors gouverneur de Zamość, petite ville au croisement des routes de Lublin, Cracovie et Lviv. La forteresse de Zamość, qui avait appartenu aux comtes Zamoyski, était peu élevée et de conception ancienne : certains de ses canons remontaient aux guerres polono-turques ; de plus, elle avait été fortement endommagée pendant les guerres précédentes. Des travaux permettent de la renforcer[2].

Pendant la campagne d'Allemagne et de Pologne (1813), Zamość, défendue par Hauke avec 3 000 hommes et 130 canons, est assiégée à partir du 10 février 1813 par le général russe von Radt avec 7 000 hommes. Elle capitule le 22 décembre 1813[3]. C'est la dernière forteresse polonaise à se rendre après le retrait de la Grande Armée.

« La garnison de Zamosc a un peu souffert par le scorbut mais le général de division Hauck, après avoir, dans le printemps dernier, fait une sortie heureuse contre le général russe Rath, a fortement recruté dans les environs, et a porté la garnison, qui n'était originellement que de 1 200 hommes, à 3 000, et a approvisionné cette place pour long-temps ; de sorte que si l'on se tient au blocus, cette place tiendra encore long-temps.[4]. »

Carrière au service de la Russie[modifier | modifier le code]

Église des capucins de Varsovie, gravure de Michał Starkman (1855)
Obélisque des Sept Généraux devant le palais de Saxe à Varsovie (photographié avant 1899)

En 1815, Hauke reprend du service dans l'armée de la Pologne du Congrès, dépendant de l'Empire russe. En 1826, le tsar Nicolas Ier l'anoblit au titre de la noblesse polonaise en même temps que ses frères Ludwig August (1779–1851) et Josef. En 1829, Hauke est élevé au rang de comte et de vice-ministre de la Guerre du royaume russe de Pologne (Królestwo Polskie).

Pendant l'insurrection de novembre 1830, Hauke prend le parti de la Russie. Il tente de haranguer les cadets polonais de Varsovie pour les convaincre de rentrer dans leur caserne mais il est abattu par les insurgés.

Maurycy Hauke, sa femme et ses frères sont enterrés dans la crypte de l'église des capucins de Varsovie. En 1841, Nicolas Ier fait élever un obélisque à Varsovie à la mémoire de Hauke et de 5 autres généraux polonais « restés fidèles à leur souverain » : ce monument, détesté par les nationalistes polonais, sera détruit en 1917.

Descendance[modifier | modifier le code]

Armoiries des comtes Hauke-Bosak
Sophie Hauke (1790-1831) par Alexander Molinari (1830)
La comtesse Julia Hauke de Battenberg en costume polonais (1855)

Maurycy Hauke avait épousé Sophie Lafontaine (1790-1831), fille du médecin militaire Franz Leopold Lafontaine (1756-1812). Après sa mort, ses filles Sophie Salomea (1816–1863), Emilie (1821-1890) et Julia (1825-1895) deviennent pupilles du tsar. Sophie épouse son cousin, le général comte Aleksander Jan Hauke (pl). Emilie épouse le baron germano-balte Karl Stackelberg.

Au contraire, ses fils Maurycy Napoleon Hauke (pl) (1808-1852), Władysław (1812–1852), et Józef (1814–1831) rejoignent le parti des insurgés. Józef est tué dans un des affrontements de la bataille d'Ostrołęka le 18 mai 1831. Maurycy Napoleon et Władysław, après l'écrasement de la révolte, émigrent aux États-Unis. Tous deux meurent à la Nouvelle-Orléans en 1852.

Les deux plus jeunes fils, Wincenty (1817–1863) et Konstanty (1819–1840) servent dans l'armée russe, l'un comme cuirassier, l'autre comme hussard. Konstanty meurt noyé au cours d'un exercice.

Julia Hauke (souvent appelée par erreur « von Hauke ») épouse en 1851 le prince Alexandre de Hesse : le grand-duc de Hesse crée pour elle à cette occasion le titre de comtesse, puis princesse de Battenberg. Elle est à l'origine de la lignée princière de Battenberg-Mountbatten d'où sont issus Alexandre de Battenberg, premier roi de Bulgarie à l'époque moderne, Victoire Eugénie de Battenberg, reine d'Espagne, Louis Mountbatten, dernier vice-roi britannique de l'Empire des Indes et le prince Philip, duc d’Édimbourg, mari de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "État du département de la guerre du duché de Varsovie, juin 1811" dans La guerre nationale de 1812, publication du Comité scientifique du Grand État-major russe, t. 3, p. 143-146.
  2. "Description de la forteresse de Zamosc et de ses environs, mars 1811", dans La guerre nationale de 1812, publication du Comité scientifique du Grand État-major russe, t. 2, p. 146-154.
  3. Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de Napoléon, Tallandier, 2004, p. 962
  4. Journal de l'Empire, 17 octobre 1813.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Récit du siège de Zamosc, lettre du général de division Hauke, 13 juin 1813, in Le Courrier de Turin, n°95, 12 juillet 1813, p. 428-429.