Marie des Anges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie des Anges (homonymie).

Marie des Anges
Image illustrative de l’article Marie des Anges
Bienheureuse Marie des Anges
Bienheureuse
Naissance
Turin
Décès (à 56 ans) 
Turin
Nom de naissance Maria Anna Fontanella
Autres noms Marie de Turin
Nationalité Italienne
Ordre religieux Ordre des Carmes déchaux
Béatification
par Pie IX
Vénéré par l'Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Fête 16 décembre

Maria Anna Fontanella connue sous son nom en religion Marie des Anges (née le à Turin et morte le dans la même ville) est une religieuse catholique italienne de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle.

Elle est entrée comme carmélite déchaussée au Carmel de Turin le sous le nom de Marie des Anges. Grande mystique, elle prie et soutient la population lors des sièges de la ville de Turin. Elle fonde le carmel de Moncalieri. Elle est béatifiée par le pape Pie IX en 1865.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Maria Anna Fontanella est née à Turin le , fille du comte Jean Donat Fontanella di Baldissero et de la comtesse Maria Tana di Santana. Elle est la dernière d'une famille de onze enfants. Par la famille de sa mère, elle est liée à saint Louis de Gonzague.

Très jeune, elle ressent de fortes aspirations religieuses[1]. Elle fait ses études chez les cisterciennes de Saluzzo. À l'occasion d'une exposition du Saint-Suaire, elle croise un Carme qui l'incite à rentrer dans son ordre[2]. En 1675, alors que son père est déjà décédé, elle réussit à vaincre l'opposition de sa mère, et embrasse la vie religieuse chez les carmélites déchaussées du monastère de Sainte-Christine à Turin. Ce monastère avait été fondé le par les princes de Savoie[3].

Le carmel[modifier | modifier le code]

Le elle revêt l'habit religieux et prend le nom de Marie des Anges. Le elle fait sa profession religieuse. Très vite, elle est assaillie de nombreux doutes et entre dans une nuit spirituelle. Avec l'aide de son père spirituel, elle réussit à traverser cette épreuve et retrouver la paix trois ans plus tard[2]. Elle est élue prieure du couvent à l'âge de 33 ans (elle a obtenu une dispense papale compte tenu de son jeune âge pour cette fonction). Elle est réélue trois fois dans ce poste. Elle se voit également confier le poste de maîtresse des novices[3].

Sur la suggestion du bienheureux Sébastien Valfré, et avec l'aide d'un legs de Annamaria Sapino, veuve de Moncalieri[4], en 1702, elle fonde un monastère Moncalieri[5],[6].

Protectrice de Turin[modifier | modifier le code]

Les membres de la famille royale sont parmi ses admirateurs et confidents (Victor-Amédée II de Savoie a été très proche d'elle).

Il est reconnu à l'époque que son intercession auprès de saint Joseph, a obtenu la fin de la guerre et la libération de Turin en 1696. C'est pourquoi saint Joseph a été proclamé "patron de la ville de Turin" lors d'un triduum solennel à l'église Sainte-Christine[3]. En 1706, lors de la bataille de Turin, elle intercède à nouveau auprès de la Vierge Marie pour obtenir à nouveau la libération de Turin face au danger imminent de siège et d'invasion de la ville par des troupes françaises. Comme Marie des Anges l'a prédit, le , les forces unies du duc Victor-Amédée et le prince Eugène de Savoie remportent une victoire décisive. Pour célébrer cette victoire, la Maison de Savoie fait bâtir une basilique sur la colline Superga.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Portrait de la bienheureuse Marie des Anges. Auteur inconnu.

Elle révèle sa charité envers le prochain et pour son pays par la prière continuelle, par ses sacrifices, par sa délicatesse et son soin à recevoir et à consoler chacun.

Marie des Anges vécut comme une disciple de sainte Thérèse de Jésus, avec le zèle du maintien d'un plein respect de la règle monastique et des conseils de Thérèse d'Avila. Elle se distingue par son intense amour de la souffrance, par son zèle apostolique, par ses prières continuelles pour les âmes du purgatoire, par une dévotion très tendre à la Bienheureuse Vierge Marie et à saint Joseph.

Des charismes extraordinaires ont été vus et reconnus en elle (don d’oraison, don de prophétie, don de pénétrer les cœurs, don d’extase, don de miracles[1]).

Mort[modifier | modifier le code]

Elle meurt à Turin le .

Son corps repose à Turin, en l'église de Sainte-Thérèse, réalisée par l'architecte Delponte Juvénal, sous un magnifique autel, en face de la chapelle monumentale Saint-Joseph, le chef-d’œuvre de Philip Juvara.

Béatification[modifier | modifier le code]

Les procès canoniques ont débuté en 1722. Le le pape Pie VI proclame l'héroïcité de ses vertus.

Le roi Victor-Emmanuel II relance l'étude de la cause de la sainte et le , le pape Pie IX la déclare bienheureuse.

Sa fête liturgique est célébrée le 16 décembre[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Marie des Anges laisse derrière elle de nombreuses lettres et des récits spirituels autobiographiques (inédits).

De nombreux ouvrages ont été rédigés sur Marie des Anges en différentes langues[3]. En français nous trouvons :

  • Vie de la bienheureuse Marie des Anges Carmélite Déchaussée, par Marie-Sernin de Saint-André, Paris, 1865;
  • Vie et opuscules de la bienheureuse Marie des Anges, de l'Ordre des Carmélites Déchaussées, par F. Labis, Paris-Leipzig 1867

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Abbé L. Jaud, « Bienheureuse Marie des Anges », Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Magnificat : Décembre 2013 N°253, Magnificat, , p. 240
  3. a b c d et e (en) John of Jesus Mary, « MARY OF THE ANGELS (1661-1717) » [PDF], sur The Carmelites Province of The most pure heart of Mary (USA), carmelnet.org (consulté le 28 avril 2015).
  4. (it) « Carmelo di Moncalieri: scheda storica », sur Carmelo San Giuseppe della Madre di Dio - Moncalieri, carmelitanemoncalieri.org (consulté le 28 avril 2015).
  5. Quelques photos du carmel disponible sur le blog assum
  6. (it) « Benvenuti nel sito delle carmelitane scalze di Moncalieri », sur Carmelo San Giuseppe della Madre di Dio - Moncalieri, carmelitanemoncalieri.org (consulté le 28 avril 2015).

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]