Loulou de la Falaise

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Loulou de la Falaise
Nom de naissance Louise Vava Lucia Henriette Le Bailly de La Falaise
Alias
Loulou de la Falaise
Naissance
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Décès (à 64 ans)
Boury-en-Vexin (Oise)[Où ?]
Nationalité Drapeau de la France Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
mannequin, créatrice de bijoux
Ascendants
Maxime Birley, Alain Le Bailly de La Falaise
Famille
Oswald Birley (grand-père),
Balthus (beau-père)

Loulou de la Falaise, née le [1], et morte à Gisors (Eure)[Où ?] le [2], est un mannequin franco-irlandais devenue créatrice de bijoux pour le couturier Yves Saint Laurent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Louise Le Bailly de La Falaise, dite Loulou de la Falaise, est née en Angleterre, d’un père français, le comte Alain Le Bailly de La Falaise[1] (1899-1977) - frère de Henry de La Falaise et fils de Georges de La Falaise -, et d’une mère irlandaise, Maxime Birley (en)[1] (1922-2009), dans une famille noble et artistique : sa mère, qui travaillera un temps chez Chloé[3], est le mannequin favori d'Elsa Schiaparelli[1], et son grand-père maternel, sir Oswald Birley (1880-1952), le peintre préféré de la reine Mary. L’oncle de Loulou de la Falaise, Mark Birley, est le propriétaire de la célèbre boîte de nuit « Annabel’s » à Berkeley Square, Londres.

À l'âge de sept ans, Loulou est admise dans un internat anglais, puis en Suisse, dans lesquels elle se coupe de la réalité et développe son imaginaire. Son adolescence se passe à Londres, alors capitale de la culture pop, et c’est en parfaite bohémienne qu’elle savoure cette période.

Carrière[modifier | modifier le code]

Loulou commence sa carrière comme rédactrice de mode au magazine Harper’s & Queen. Mais, à la fin des années 1960, Loulou suit sa mère — qui vient de se remarier avec le conservateur du Metropolitan Museum, John Mackendry — à New York.

À New York, Loulou s'adapte vite à son nouveau mode de vie ; parmi ses amis, elle compte le photographe Robert Mapplethorpe et l'artiste Andy Warhol. Ses premiers pas dans le monde de la mode laissent présager une belle carrière.

Comme sa mère, modèle pour Cecil Beaton, Loulou pose pour Vogue et travaille avec les meilleurs photographes de mode : Richard Avedon, Helmut Newton, et bien d’autres tout en dessinant des imprimés pour Halston.

En 1966, Loulou se marie avec l’aristocrate irlandais Desmond FitzGerald (en), mais la vie dans un château gothique en Irlande ne correspond pas à son caractère. Le couple se sépare moins d’un an après son union.

De passage à Paris en 1968, Loulou fait la connaissance d'Yves Saint Laurent à un thé donné par son ami Fernando Sanchez. Deux ans plus tard, le couturier lui demande de rejoindre son équipe et c'est en 1972 que Loulou entre à la maison Yves Saint Laurent.

À la marque Yves Saint Laurent, Loulou apporte sa fantaisie, ses couleurs, son attitude et son propre style — car c’est une véritable « originale ». Comme sa mère Maxime disait toujours : « Loulou a cette capacité unique de créer un vêtement d’un rien… Elle pourrait habiller quelqu’un en partant de vieilleries et d’une simple épingle à nourrice ». Elle va prendre progressivement de l'importance dans la maison de couture[1]. Yves Saint Laurent lui confie la responsabilité du département « maille et accessoires », pour lequel elle crée approximativement 2 000 pièces par an, dont les bijoux « haute couture » qui seront signés de son nom et des chapeaux. Elle va ensuite aussi s'occuper de la collection prêt-à-porter « rive gauche »[1].

En 1977, Loulou se marie, en secondes noces, à Thadée Klossowski de Rola[4], fils du peintre Balthus[1]. Selon Madison Cox, compagnon de Pierre Bergé, ils forment le couple le plus chic de Paris[5] : « Ce sont des gens qui sont naturellement et incroyablement glamour. » Alicia Drake, auteure d'une biographie en 2010, écrit : « Ils personnifient la fantaisie parisienne des années 70, la vie artistique, aristocratique, la mode, l’élégance, la beauté, la jeunesse et l’excès. Le tout distillé en un seul couple. » Ce mariage de Loulou et Thadée est célébré au Châlet des îles sur la petite île du lac du Bois de Boulogne[6]. La fête, somptueuse, abondamment fleurie, est organisée par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Les cinq cents invités symbolisent « la vie de Loulou l’Anglaise, la New Yorkaise, et la vie de Thadée à Rome ainsi que leur vie parisienne à tous deux » : âges, classes sociales, activités de chacun, caractères sont divers, le mélange « improbable »[6]. Une soirée « Magic City » a lieu par la suite au Palace pour célébrer ce mariage[7].

Le couple a une fille, Anna, filleule d'Yves Saint Laurent[1].

Après trente années de collaboration, Yves Saint Laurent prend sa retraite. Loulou décide alors de lancer sa propre marque en février 2003[8]. Mais elle continue à dessiner des bijoux pour Oscar de la Renta à partir de 2007.

Enfin, début 2008, Loulou de la Falaise a démarré deux nouvelles collaborations, l’une avec la chaîne de télé-achat américaine Home Shopping Network, pour laquelle elle dessine des bijoux et des accessoires, et l’autre avec Asiatides pour laquelle elle crée sous son nom des collections d’objets de maison.

Le 5 novembre 2011, elle meurt des suites d'un cancer, à l'âge de 64 ans[1].

« Les accessoires ont un rôle important dans nos vies stressantes. Si vous sortez dîner et que vous n’avez pas le temps de rentrer vous changer, vous pouvez enlever votre veste et mettre un bijou. C’est beaucoup plus facile que de porter une robe de soirée dans le métro! »

— Loulou de la Falaise[réf. nécessaire]

Relation avec Yves Saint Laurent[modifier | modifier le code]

Lors d'une interview en avril 2010[9], Paquita Paquin, grande figure des nuits parisiennes devenue journaliste, a demandé à Loulou de la Falaise ce qu'elle pensait de Saint Laurent. Voici quelques-unes de ses pensées :

  • « J'aimais son côté pas Gogo du tout, sa facilité à ne pas suivre les modes, sa capacité à simplifier, son refus des effets gratuits. »
  • « Son goût pour l'épure, pour l'élimination du travail savant m'épatait... J'aimais le côté moderne d'une blouse qu'on pouvait porter avec une robe à traîne comme avec un short en coton blanc. »
  • « J'admirais son perfectionnisme et sa maîtrise du métier qui était hors norme. J'admirais sa façon de laisser toujours une place entre le vêtement et le corps, qui laissait la tenue frémir sur la silhouette au lieu de la mouler. »
  • « J'aimais aussi sa fierté, son amour de la compétition et du challenge. Il était très à l'écoute et quand il n'avait pas la réaction qu'il attendait, il se défonçait pour nous épater. »

Cinéma[modifier | modifier le code]

Elle est incarnée par Laura Smet dans le film Yves Saint Laurent réalisé par Jalil Lespert (2014) et par Léa Seydoux dans Saint Laurent de Bertrand Bonello (2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Du Pays de Caux à la Vendée, Histoire et Généalogie des Le Bailly de La Falaise et de leurs alliances, du XVe siècle à nos jours par Geoffroy Guerry (2011)
  • Alicia Drake, Beautiful people, Saint Laurent, Lagerfeld : splendeurs et misères de la mode, Paris, Denoël, 2008
  • Collectif, Loulou de la Falaise, Édition Rizzoli, 2014[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Nécrologie du Monde (abonnement) : "Mannequin, créatrice de mode et figure du chic français Loulou de la Falaise", par Véronique Lorelle, Le Monde 9 novembre 2011.
  2. « La collaboratrice d'YSL Loulou de la Falaise est décédée », Le Parisien, le 5 novembre 2011.
  3. Justine Foscari, « Chloé, 60 ans sous le signe de la grâce », Madame Figaro, no 21199,‎ , p. 56 à 57 (ISSN 0246-5205)
  4. Marc Lambron, « Loulou de la Falaise, éternelle égérie », sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 29 avril 2012)
  5. (en) Ruth La Ferla, « Celebrating a ‘Mythic Time’ of Decadence and Creation », Fashion, sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 29 avril 2012) : « They were an incredibly glamorous couple »
  6. a et b Sandro Cassatti, Yves Saint Laurent : l'enfant terrible, City Éditions, coll. « City Biographie », , 233 p. (ISBN 978-2-8246-0436-7), « Les volants de Mme Felisa », p. 116 à 117
  7. Paquita Paquin, Vingt ans sans dormir : 1968-1983, Éditions Denoël, , 203 p. (ISBN 978-2207255698), « Magic City et son lendemain de fête », p. 154
  8. http://fr.elle.be/Blog/Deces-de-Loulou-de-la-Falaise-icone-absolue-du-chic Article sur le décès de Loulou de la Falaise, dans Elle Belgique, le 5 novembre 2011.
  9. http://www.puretrend.com/rubrique/yves-saint-laurent_r25/loulou-l-extravagante-interview_a42296/1 Loulou l'extravagante (interview de Loulou de la Falaise par Paquita Paquin), le 26 avril 2010
  10. « Loulou de la Falaise, la muse éternelle », article du magazine Vogue du 22 octobre 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]