Betty Catroux

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Betty Catroux
Image illustrative de l’article Betty Catroux

Naissance 1945 (73-74 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Physique
Cheveux Blonds
Taille 1,83 m[1]

Betty Catroux, née Betty Saint, née en 1945 à Paris en France, est un ancien mannequin français, notamment connue pour avoir été la muse d'Yves Saint Laurent puis de Tom Ford.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille unique de Carmen Saint (décédée en 2016)[2], une personnalité mondaine française née au Brésil, et Elim O'Shaughnessy (1907-1966)[3], un diplomate américain[4].

Betty Saint travaille deux ans pour Chanel dans les années 1960 : « J'ai détesté cela, alors j'ai décidé de faire quelques photos juste pour gagner de l'argent pour me payer mes propres verres Chez Régine[5] ». Elle réalise donc quelques photos[1] et apparaît pour la première fois dans Vogue en juin 1967.

Elle a rencontré Yves Saint Laurent la première fois dans une boîte de nuit, au Jimmy'z[6] en 1967, et a conservé avec lui une relation amicale jusqu'à sa mort[7],[8]. Il la surnomme son « double », son « jumeau »[9] : « Il disait ça, oui. À l'époque on se ressemblait physiquement […] J'étais très pareille, psychologiquement aussi, une anti-bourgeoise […] et nous partagions aussi ce même tempérament terrible »[6]. Elle précise également à propos du couturier : « j'ai eu une vie de conte de fées avec lui ». Elle participe avec Saint Laurent à de nombreuses soirées, entre alcool et drogue[4]. C'est au bras du couturier qu'elle s'affiche rive gauche habillée uniquement du Smoking, nue en dessous[9].

En 1968, habillée par Cardin, elle épouse le décorateur d'intérieur François Catroux, petit-fils du général Georges Catroux. Le couple aura deux enfants : Maxime, éditrice chez Flammarion, et Daphné. L'année suivante, elle apparaît une nouvelle fois dans Vogue, accompagnée de Jane Birkin. Elle côtoie également par la suite Hedi Slimane chez YSL[n. 1], et est source d'« influence » pour Marc Jacobs qui la cite lors de son dernier défilé pour Louis Vuitton[11].

Betty Catroux est célèbre pour sa longue chevelure blonde, son corps dégingandé, son apparence androgyne, son style minimaliste[9], ainsi que la photo d'Helmut Newton où Yves Saint Laurent est entouré de Betty Catroux et Loulou de la Falaise, tout trois vêtus d'une saharienne[12].

Yves Saint Laurent l'appelait sa « sœur jumelle » et parlait d'elle comme de son incarnation féminine. Laurence Benaïm précise que Betty Catroux, amie intime du couturier, tenait « une place à part » auprès d'Yves Saint Laurent[1]. Pour sa part, Tom Ford lui dédicace le début de sa collection « Saint Laurent rive gauche »[13]. Néanmoins, Betty Catroux déclare qu'elle est « pratiquement toujours habillée de la même façon depuis que je suis née. Je ne me vêts pas comme une femme. Je ne suis pas du tout intéressée par la mode ».

Dans les films Yves Saint Laurent et Saint Laurent, sortis en 2014, elle est respectivement incarnée par Marie de Villepin et par Aymeline Valade.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hedi Slimane, évoque ses premières années dans la maison Yves Saint Laurent en ces termes : « J'ai commencé avec eux, avec Loulou, Clara, Anne-Marie et Betty, et tout cela est très affectif pour moi, j'y tiens infiniment. »[10]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Laurence Benaïm, Yves Saint Laurent : Biographie, Le Livre de poche, (1re éd. 1995), 928 p., poche (ISBN 978-2253137092), « L'esprit Rive Gauche », p. 261 à 262
  2. « Betty Catroux : Sa mère, la mondaine Carmen Saint, est morte », Purepeople, le 03 Janvier 2017.
  3. (en) O'Shaughnessy family papers 1899-1937 (bulk 1910-1930) - The New York Public Library/ Archives & Manuscrits.
  4. a et b Virginie Mouzat, « L'ange de la nuit », Vanity Fair n°13, juillet 2014, pages 126-139.
  5. André Leon Talley, Yves Saint Laurent 1936-2008, Vogue, août 2008. Cité sur (en) Betty Catroux sur Voguepedia.
  6. a et b Interview in : Pierre Groppo, « Féminin singulier », Vogue Paris, no 945,‎ , p. 340 à 345 (ISSN 0750-3628)

    « Yves m'a vue, une nuit, au Jimmy'z, boulevard Montparnasse. Il a voulu me connaitre ; comme il était timide, il a envoyé quelqu'un me chercher. Ça a été une sorte de coup de foudre immédiat. De sa part en tout cas, car moi je dansais, j'étais toujours dans des états seconds, je ne faisais pas attention à grand chose. Il m'a demandé ensuite de défiler pour lui. J'ai dit non. »

  7. Paquita Paquin, « Mystérieuse Betty Catroux », Interview, sur puretrend.com, (consulté le 25 décembre 2012)
  8. Laurence Benaïm, « Betty Catroux, muse un jour, muse toujours », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  9. a b et c Séverine de Smet, « 31 juillet 1966, le jour où… Saint Laurent présenta Le Smoking », Le Nouvel observateur, no 2594,‎ , p. 78 à 81 (ISSN 0029-4713)
  10. Olivier Lalanne (photogr. Hedi Slimane), « L'héritier », Vogue Paris, no 929,‎ , p. 208 (ISSN 0750-3628)
  11. Joseph Ghosn, « La révérence de Marc Jacobs », Le Nouvel Observateur, no 2553,‎ , p. 146 (ISSN 0029-4713) « […] un texte égrenant une liste de femmes l'ayant influencé ([…] Betty Catroux, l'égérie historique de Saint Laurent). »
  12. « Les secrets du prêt-à-durer », Mode, sur next.liberation.fr, Libération, (consulté le 2 juin 2013) : « tandis que la saharienne rappelle Betty Catroux aux côtés d’Yves Saint Laurent dans les années 70 »
  13. (en) Laird Borrelli, « Betty Catroux », sur style.com (consulté le 15 juin 2013)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Dominique Lelièvre, Saint Laurent mauvais garçon, Paris, éd. Flammarion, 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]