Louis Dreyfus (homme de médias)

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Louis Dreyfus
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Louis Dreyfus, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)[1], est un financier, éditeur et dirigeant de presse français[2]. Il est président du directoire du journal Le Monde depuis 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de l'homme politique Tony Dreyfus. Après des études à l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC) et à la London School of Economics[3], il commence sa vie professionnelle dans la presse en 1995 dans la branche américaine d'Hachette, avant de devenir directeur financier du quotidien régional La Provence. En 2001, il rejoint Libération, comme directeur financier et du développement puis, en 2005, cogérant et directeur général. Il quitte le quotidien en 2006 pour devenir directeur général adjoint du groupe Nouvel Observateur. Il est nommé directeur général l'année suivante avant de démissionner en 2008 à l'arrivée de Denis Olivennes[4].

Il est ensuite directeur général des Inrocks[5], nommé par le PDG Matthieu Pigasse.

Il est président du directoire du journal Le Monde depuis [6]. Il préside le conseil d'administration de l'Institut d'études politiques de Lille (Sciences Po Lille)[7] Il préside depuis 2013 le conseil d'administration de l'École Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ Lille)[8]. En , Louis Dreyfus se donne pour priorité d'attirer de nouveaux lecteurs, des jeunes mais aussi de « construire un portefeuille d'abonnés numériques à l'étranger »[9].

À l'été 2019, un conflit actionnarial[10] oppose Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky à Louis Dreyfus et Xavier Niel. Selon Libération, alors que Pigasse refuse de verser 2,5 millions à l'Obs, Louis Dreyfus aurait menacé de placer l'hebdomadaire en cessation de paiements si l’échéance n’était pas payée[11].

Le , il se félicite du droit d'agrément renforçant l'indépendance éditoriale obtenu par la rédaction du Monde[12].

En septembre 2020, La Lettre A révèle que Louis Dreyfus n'est pas parvenu jusqu'alors à redresser l'Obs dont il est vice-président. L'hebdomadaire dont la dette a nettement augmenté est « un caillou dans sa chaussure » précise la publication[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Louis Dreyfus partage sa vie avec l'avocate et universitaire, Camille Kouchner[14].

Critiques[modifier | modifier le code]

En 2013, il est critiqué pour avoir joué les « hommes sandwich »[15] dans une publicité sur le site de mode Milk pour une luxueuse marque de chaussures[16]. Pour Daniel Schneidermann, « la pathétique transformation du directeur du Monde en homme-sandwich ne serait qu’anecdotique si elle ne marquait pas une étape symbolique dans l’asservissement accéléré aux exigences de la pub d’une presse en panique »[17].

En 2018, il est accusé d'un mélange des genres lorsque Le Monde consacre un article hagiographique à Sciences-Po Lille... sans jamais préciser que le président du conseil d'administration de l'école n'est autre que Louis Dreyfus, président du directoire du Monde[18].

Dans son livre Le Monde libre , l'ancienne directrice adjointe de L’Obs, Aude Lancelin, dresse le portrait de Louis Dreyfus sous le sobriquet de « factotum »[19]. Elle le décrit comme « un personnage brutal qui était l'épouvantail des actionnaires »[20].

Dans son livre Autopsie paru en , Mehdi Meklat critique la lâcheté de Louis Dreyfus lorsque des dizaines de tweets racistes, homophobes et sexistes de l'écrivain ont été découverts. « Le journal Le Monde publiera une dizaine d’articles et tribunes sur mon affaire, écrit Meklat, alors que deux semaines plus tôt, je dînais chez son patron Louis Dreyfus [...] nous avions discuté de la campagne présidentielle et d'à peu près rien d’autre, sauf de mon compte Twitter, il me suivait depuis quelque temps déjà et à ce moment-là, ils ne semblaient pas le déranger, mes tweets [21]».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://dirigeant.societe.com/dirigeant/Louis.DREYFUS.67226208.html
  2. http://www.pressenews.fr/4epouvoir/decideurs/fiche/DREYFUS-Louis/97246584
  3. http://www.tnova.fr/biographie/louis-dreyfus
  4. « Départ du directeur général du « Nouvel Observateur » », sur LesEchos.fr
  5. Louis Dreyfus, « Premiers succès pour la nouvelle formule des Inrocks », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2020).
  6. http://electronlibre.info/archives/spip.php?page=article&id_article=00998
  7. « Sciences Po Lille », sur Sciences Po Lille (consulté le 8 octobre 2020).
  8. « L'ESJ Lille », sur ESJ Lille (consulté le 8 octobre 2020).
  9. D.S.-G., avec AFP, « Cap sur les jeunes et l'étranger pour Le Monde », sur strategies.fr, (consulté le 16 octobre 2019)
  10. « Louis Dreyfus: «Le Monde» traverse une crise d'actionnaires» », sur letemps.ch, (consulté le 16 octobre 2019)
  11. Jérôme Lefilliatre, « «L’Obs» : entre eux, Niel, Pigasse et Kretinsky y vont cash », sur liberation.fr, (consulté le 16 octobre 2019)
  12. L'Obs, « Niel et Pigasse signent un droit d’agrément renforçant l’indépendance éditoriale du groupe Le Monde », sur nouvelobs.com, (consulté le 16 octobre 2019)
  13. « L'Obs, éternel caillou dans la chaussure de Louis Dreyfus », sur lettrea.fr,
  14. « « La Familia grande », autopsie d’un inceste », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 janvier 2021)
  15. « Louis Dreyfus, patron-sandwich du Monde », sur nouvelobs.com, (consulté le 16 octobre 2019)
  16. Gilles Klein, « Le patron du Monde et son fils, mannequins de luxe », sur arretsurimages.net, (consulté le 16 octobre 2019)
  17. Daniel Schneidermann, « Louis Dreyfus, patron-sandwich du Monde », sur https://www.arretsurimages.ne, (consulté le 16 octobre 2019)
  18. Manuel Vicuña, « Le cri d'amour du Monde pour Sciences-Po Lille, où siège le boss du Monde », sur https://www.arretsurimages.net, (consulté le 16 octobre 2019)
  19. Jérôme Lefilliâtre —, « «Le Monde libre», direct du gauche », sur liberation.fr,
  20. Aude Lancelin, Le Monde Libre, Paris, Éditions Les Liens qui libèrent, , 240 p. (ISBN 979-10-209-0460-7, lire en ligne)
  21. Mehdi Meklat, Autopsie, Paris, Grasset, , 21 novembre 2018 p. (ISBN 978-2-246-81791-8 et 2-246-81791-9, lire en ligne), page 111

Liens externes[modifier | modifier le code]