Lord-maire de Londres

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 Ne doit pas être confondu avec Maire de Londres.
Lord-maire de Londres
(en) Lord Mayor of London
Image illustrative de l'article Lord-maire de Londres
Armoiries de la Cité

Image illustrative de l'article Lord-maire de Londres
Titulaire actuel
Baron Mountevans
depuis le

Création 1189
Mandant Lord-maire de Londres,
en 2015-2016
Durée du mandat 1 an
Premier titulaire Henry FitzAylwin de Londonestone
Résidence officielle Mansion House,
London EC4
Site internet www.cityoflondon.gov.uk

Lord-maire de Londres (en anglais : Lord Mayor of London) est le titre donné au « maire » de la Cité, qui est également chef de la « City of London Corporation »[1].

Cette fonction ne doit pas être confondue avec celle moderne du maire de Londres (Mayor of London) qui gère la région administrative plus large, s'étendant au Grand Londres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des Lord-maires de Londres.
Le Lord-maire de Londres porte sa masse d'arme.

La fonction de maire est mentionnée pour la première fois en 1189, comme chef de la corporation de Londres et premier citoyen de la Cité. Le premier maire connu, Henri Fitz-Ailwin, occupa la fonction depuis 1192 jusqu'à son décès en 1212[2]`, 24 années qui restent encore de nos jours un record de longévité pour cette fonction. Depuis sa création 688 personnes ont exercé cette charge : l'actuel Lord-maire depuis novembre 2015 est Jeffrey, 4e baron Mountevans, courtier maritime[3].

Henri Fitz-Ailwin arriva au pouvoir à un moment de troubles opposant Richard Ier à la Cité de Londres. Le roi exigea une augmentation des impôts et leva un emprunt sur les marchands londoniens, afin de financer les guerres qu'il menait à l'étranger. En contrepartie de ce financement, les échevins et les marchands de Londres ont obtenu un degré d'autonomie qui a abouti à la création du poste de maire. Auparavant, la Cité était administrée par deux shérifs, étant des officiers de la couronne[4].

En 1215, profitant de la faiblesse du pouvoir royal[5], par une charte accordée quelques semaines avant la « Magna Carta », les Londoniens obtinrent du fils du roi Richard, le roi Jean Ier, le droit d'élire le maire. La première mention du titre « Lord Mayor » ou « Dominus Major » apparaît dans un document de 1283[6]. Ce n'est qu'au XVIe siècle qu'il devient courant.

Au Moyen Âge, certains Lord-maires, tels que Édouard d'Alyngrigge (élu en 1392), ne résidaient pas dans la Cité de Londres. Depuis 1435, le Lord-maire est toujours choisi parmi les échevins de la Cité.

Après Henri Fitz-Ailwin, qui fut Lord-maire pendant 24 années consécutives, d'autres occupèrent cette fonction pendant de nombreuses années :

En 1885, Sir Robert Fowler fut le dernier Lord-maire à avoir effectué plusieurs mandats.

En 1855, Sir David Salomons devint le premier Lord-maire de confession juive.

À ce jour, seules deux femmes ont pu accéder à cette fonction : Dame Mary Donaldson en 1983 et Dame Fiona Woolf en 2013.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le Lord-maire est promoteur et porte-parole des entreprises de la Cité de Londres, qui sont en majorité des sociétés financières.

Prononçant 800 discours par an, il voyage 100 jours à l'étranger dans 22 pays en 2012. D'autres fonctions ex officio, il est aussi chancelier de la City University.

Il organise plusieurs banquets par an, dont un où le Premier ministre fait un discours, un autre où le chancelier de l'Échiquier s'exprime, et encore un autre où le secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth fait une allocution.

Élection[modifier | modifier le code]

Tout candidat, à la fonction de Lord-maire doit être de libre d'engagement vis à vis des « Douze Grandes Guildes » (Great Twelve City Livery Companies) que compte la Cité. Il doit avoir également occupé la charge des shérifs de Londres et être l'un des vingt-cinq échevins (Aldermen) de la Cité au moment de son élection. Le Lord-maire est élu chaque année le 29 septembre, la fête de Saint-Michel d’automne (Michaelmas Day). Lorsque cette fête tombe un week-end - ce qui fut le cas en 2012 - l'élection a lieu le lundi suivant. L'élection se tient au Guildhall, devant tous les « vénérables compagnies » sous la présidence des shérifs. Tous les échevins qui sont passés par le shérifat, sont proposés à la candidature par ordre d'ancienneté. Les « liverymen » (membres) de ces corporations votent alors à main levée, seul les deux candidats ayant obtenus le plus de suffrages sont signalés dans un rapport à la cour des Échevins d'approuver le choix final[7].

Le choix du Lord-maire, même issu d'une élection libre, est soumis à l'approbation du souverain ou à défaut du Lord-chancelier. Si un droit de veto est possible, celui-ci n'a plus été appliqué depuis la Révolution anglaise[7].

Entrée en fonction et le Grand défilé[modifier | modifier le code]

Le Lord-maire Sir John Stuttard au Lord Mayor's Show en 2006.

Le Lord-maire entre en fonction, plus d'un mois après son élection, le vendredi précédant le deuxième samedi du mois de novembre (soit la veille du Lord Mayor´s Show dont la date a été fixée par Acte du Parlement de 1959), cette dernière tombant (au plus tôt le 8 et au plus tard le 14[8]) pour la durée d'un an. Au Guildhall se déroule alors une cérémonie appelée Silent Ceremony : le nouveau Lord-maire se voit remettre les insignes de sa charge (épée, masse d'armes, bourse, sceaux et clés de la Cité) par son prédécesseur, sans que la moindre parole ne soit prononcée pendant environ vingt minutes[9].

Le lendemain du début d'entrer en fonctions, le nouveau Lord-maire participe au traditionnel défilé où, précédé d'une grande parade du Festival (nommé le « Lord Mayor's Show »), il traverse, sous une nombreuse escorte y compris l'Honourable Artillery Company (dont le chapelain, le porte-glaive, le porte-masse) à bord du carrosse civique, le cœur historique de Londres pour prêter serment de loyauté envers le souverain britannique en présence des juges de la Cour d'appel royale (High Court of Justice) siégeant en Westminster à la limite de la Cité. Jusqu'en 1882, la procession se rendait jusqu'à Westminster Hall[10]. Pendant longtemps - la première fois en 1422, pour la dernière en 1856[11] - le trajet se fit par voie d'eau sur la Tamise, sur une barque de cérémonie (Lord Mayor's Barge) entre Blackfriars Bridge et Westminster. Depuis 2013, le Lord-maire effectue à nouveau un trajet sur la Tamise à bord de la barque royale « Gloriana », avant le début de la procession proprement dite. À l'occasion de la procession le Lord-maire comme premier magistrat est vêtu d'un costume d'apparat formé d'une robe écarlate doublée d'hermine, sur laquelle arbore collier d'or avec camées et diamants[9].

Le lundi qui suit le Lord Mayor's Show, le nouveau Lord-maire et les shérifs de Londres offrent un banquet à Guildhall en l'honneur du sortant (former Lord Mayor). À cette occasion, le Premier ministre prononce un discours important devant quelque 700 invités triés sur le volet.

Droits et privilèges du Lord-maire[modifier | modifier le code]

Anciennement pour la City, le Lord-maire dispose de pouvoirs et de privilèges particuliers, fondés sur une indépendance absolue. Il a le pas sur tous les citoyens de la Cité, et dans la hiérarchie du pouvoir, seul le monarque lui est supérieur. Un changement de gouvernement ou de souverain ne peut altérer ses droits et ses pouvoirs[7].

Vieux contrôleur du Guildhall, aujourd'hui le Lord-maire exerce ses fonctions à la « Mansion House ».

Titres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémy Bethmont, Histoire de Londres, Tallandier,
  • (en) Ben Weinreb et Christopher Hibbert, The London Encyclopaedia, London, Macmillan, , 3e éd.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.cityam.com
  2. Weinreb et Hibbert 2008, p. 511
  3. www.cityoflondon.gov.uk
  4. Weinreb et Hibbert 2008, p. 834
  5. Bethmont 2011, p. 24
  6. Weinreb et Hibbert 2008, p. 512
  7. a, b et c Revue universelle : bibliothèque de l'homme du monde et de l'homme politique, Volume 17 - Louis Hauman et C° - p. 210
  8. Si le premier samedi coïncide au mieux avec le 1er novembre.
  9. a et b Londres victorien : un monde cloisonné - Jean-Pierre Navailles - Éditions Champ Vallon, 1 janv. 1996 - 202 pages - p. 102
  10. Weinreb et Hibbert 2008, p. 513
  11. Weinreb et Hibbert 2008, p. 514

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]