Ligne de Questembert à Ploërmel

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Ligne de
Questembert à Ploërmel
Origine de la ligne à Bel-Air, commune de Questembert, en 2009.
Origine de la ligne à Bel-Air, commune de Questembert, en 2009.
Pays Drapeau de la France France
Gares desservies Questembert, Pleucadeuc,
Malestroit, Roc-La-Chapelle,
Ploërmel
Historique
Mise en service 1881
Fermeture 1946 – 1991
Concessionnaires PO (1883 – 1937)
SNCF (1938 – 1994)
Ligne déclassée (à partir de 1994)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 471 000
Longueur 33 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

Non électrifiée

Pente maximale 17
Nombre de voies Ligne déclassée et déposée
(Anciennement à voie unique)
Trafic
Propriétaire Conseil Général du Morbihan
Trafic Réaffectée en voie verte
Schéma de la ligne

La ligne de Questembert à Ploërmel est une voie ferrée à voie unique et à écartement normal, qui relie, jusqu'en 1991, Questembert sur la ligne de Savenay à Landerneau, à Ploërmel dans le département du Morbihan. Fermée à tout trafic ferroviaire en 1991, puis déclassée, la ligne est rachetée par le conseil général du Morbihan en 1994[1].

Elle est, depuis 2002, un élément d'une voie verte, la voie verte Mauron Questembert.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

En 1862, les députés bretons font le souhait d'une transversale, passant par le centre Bretagne, entre Vannes et Dinan via Ploërmel. La déclaration d'utilité publique pour une ligne de Questembert à Ploërmel a lieu le [2]. Cette ligne non concédée est réalisée par l'État. Une loi du 31 juillet 1879 autorise le ministère des Travaux publics à entamer les travaux de construction de la ligne[3]. La Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, déjà concessionnaire de la ligne de Savenay à Landerneau, obtient l'autorisation d'exploiter provisoirement la ligne par le décret du 18 mai 1881[4] et la mise en service le 18 juin 1881[5]. L'inauguration a lieu le [5]. La ligne est cédée par l'État à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 28 juin 1883. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre suivant[6].

Dans la première moitié du XXe siècle Ploërmel devient un important nœud ferroviaire permettant des correspondances avec plusieurs lignes. Trois lignes convergent vers la gare de Ploërmel : celle venant de Questembert, la ligne de Ploërmel à La Brohinière concédé à la compagnie de l'Ouest et reprise par la compagnie de l'Ouest-État, et la ligne de Châteaubriant à Ploërmel exploitée par la même compagnie. Une deuxième gare, proche, fait le lien avec les lignes des chemins de fer secondaires de la compagnie des chemins de fer du Morbihan, vers Plouay par Locminé et vers La Trinité-Porhoët[7].

Fin de la ligne ferroviaire[modifier | modifier le code]

L'épilogue de la vocation ferroviaire de la ligne se précise le , par une demande de procédure de déclassement, envoyée par courrier à la SNCF par le Conseil Général du Morbihan qui veut réaliser une voie routière. Le [8] un décret ministériel retranche la ligne du réseau ferré national et la déclasse. Les élus des communes traversées, craignant le morcellement de la plateforme font le souhait d'un rachat de la ligne par le département, ce vœu est exaucé, avec l'acceptation de l'offre de rachat de la SNCF, le . Au cours des années suivantes, la voie et les installations sont déposées, et le Conseil Général fait exécuter d'importants travaux pour transformer la plateforme en une Voie verte, permettant une utilisation sécurisée par les piétons, les cyclistes et les personnes à mobilité réduite, mais aussi adaptée à la pratique du roller. Le sont ouverts, les 33 km entre Questembert et Ploërmel, auxquels s'ajoutent les 20 km du tronçon de la gare de Mauron à celle de Ploërmel, située dans le département du Morbihan, de la ligne de Ploërmel à La Brohinière. Le coût de cette transformation est de l'ordre de 3 millions d'euros.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Ligne de Questembert à Ploërmel
Schéma de la ligne
LSTR
Ligne de Savenay à Landerneau vers Landerneau
KBSTl-C
vSTRa
I.T.E.
vBHF-DST
540,326 Questembert (100m) Pt de rebroussement des PK depuis Paris
xvÜSTr
540,4xx
LSTRq xvSTRgr
Ligne de Savenay à Landerneau vers Savenay
WASSERq exWBRÜCKE1 WASSERq
545,5xx Pont sur l'Arz
exBHF
550,780 Pleucadeuc (54m)
WASSERq exWBRÜCKE1 WASSERq
553,6xx Pont sur la Claie (40m)
exBHF
557,337 Malestroit (66m)
WASSERq exWBRÜCKE1 WASSERq
564,71x Pont sur le canal de Nantes à Brest (46m)
exBHF
564,540 Roc-Saint-André - La Chapelle (23m)
WASSERq exWBRÜCKE1 WASSERq
565,92x Pont sur l'Oust (47m)
WASSERq exWBRÜCKE1 WASSERq
567,24x Pont sur le canal de Nantes à Brest (60m)
exSPLa
exLSTRq exvKRZ-ABZg+r
Ligne de Châteaubriant à Ploërmel vers Châteaubriant
exvBHF
573,498
33,173
Ploërmel (56m)
exSPLe
exLSTR
Ligne de Ploërmel à La Brohinière vers La Brohinière
Origine du chaînage : Paris-Austerlitz via Tours et Nantes

La ligne a pour origine en Questembert, sur la ligne de Savenay à Landerneau, elle se détache de celle-ci sur la gauche en allant vers Savenay, descend avec une pente de 17 pour traverser le vallon de l'Arz, passe près de Molac, grimpe à 80 m d'altitude sur les Landes de Lanvaux avant d'arriver en gare de Pleucadeuc. Elle franchit la Claie, passe par la gare de Malestroit, descend vers la vallée de l'Oust, qu'elle traverse avant la gare Roc-Saint-André-La-Chapelle. La voie remonte la vallée de l'Oust qu'elle franchit de nouveau, à 2 reprises, longe le vallon du Ninian et arrive à son terminus en gare de Ploërmel[7] où elle rejoint la ligne de Ploërmel à La Brohinière.

Équipement[modifier | modifier le code]

C'est une ligne à voie unique, très sinueuse, et au mauvais profil : les déclivités atteignent 17 mm/m. Elle ne comporte pas d'ouvrages d'art significatifs.

Stations et ouvrages[modifier | modifier le code]

Les bâtiments et les ponts sont le plus souvent construits avec du granite du pays. La gare de Ploërmel est une exception, les divers bâtiments qui la composent sont édifiés en brique[9].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Trafic voyageurs[modifier | modifier le code]

La ligne est parcourue par un service de navettes, qui prend fin le . Le trafic voyageur est fermé une première fois le , il reprend l'année suivante, pendant la Deuxième Guerre mondiale, à la fin de l'année 1940, deux jours par semaine des voitures sont accrochées aux trains de messageries. Le service voyageurs est de nouveau fermé peu de temps après la fin des hostilités, le [10].

Trafic marchandises[modifier | modifier le code]

La voie, prévue à l'origine pour valoriser une économie axée sur l'agriculture, voit son trafic marchandise se diversifier, en 1983 le transport de produits de galvanisation, sable de fonderie et gaz en citerne atteint 32 000 t, chiffre qui passe à 24 000 t en 1987.

L'arrêt du trafic marchandise et la fermeture définitive ont lieu en 1991.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Batigne, Les rues de Questembert, Stéphane Batigne Éditeur, 2016, (ISBN 979-10-90887-46-6)
  2. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'État, année 1875, page 626.
  3. « N° 8252 - Loi qui autorise le ministre des Travaux publics à entreprendre l'exécution des travaux de superstructure de divers chemins de fer : 31 juillet 1979 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 461,‎ , p. 109 - 110 (lire en ligne).
  4. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'État, année 18810, page 120.
  5. a et b Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général - Conseil général du Morbihan, année 1881/08, page 42.
  6. « N° 14217 - Loi qui approuve la convention passée, le 28 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 352 - 359 (lire en ligne).
  7. a et b Jean-Pierre Rigouard, « De Questembert à Ploërmel », Gares et tortillards de Bretagne, cheminements, 2007 (ISBN 9782844786098), p. 43 [lire en ligne (page consultée le 26/06/2009)]
  8. Journal Officiel de la république Française du 25 octobre 1994, page 15 149.
  9. Guillaume Moingeon, Artisans bretons, Gens d'ici, Cheminements, 2002 (ISBN 9782914474429), pp. 59-60 [lire en ligne (page consultée le 28/10/2009)]
  10. Jean-Pierre Nennig, Le chemin de fer de Bretagne sud, JPN, Guérande, 2008, p. 163

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Guimard, « Proposition d'aménagement sur la portion Questembert-Pleucadeuc : un exemple pour la voie verte », La voie verte Mauron-Questembert (Morbihan) : outil de développement local et de mise en valeur du territoire traversé environnant, Magistère d'Aménagement 1re année, projet individuel, École Polytechnique de l'Université de Tours, 2005, 11 p..
  • Jean-Pierre Rigouard, « de Questembert à Ploërmel », Gares et tortillards de Bretagne, cheminements, 2007, pp. 43-44 (ISBN 9782844786098)
  • Jean-Pierre Nennig, Le chemin de fer de Bretagne sud, JPN, Guérande, 2008 (ISBN 2-9519898-5-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]