Leonardo Padura

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Leonardo Padura
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Leonardo Padura Fuentes (2008).
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Leonardo Padura Fuentes
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  • Cycle Les Quatre Saisons

Leonardo Padura, né Leonardo Padura Fuentes le à La Havane, est un journaliste, scénariste et écrivain cubain, auteur d'une dizaine de romans policiers et lauréat du prix Princesse des Asturies en 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un commerçant devenu chauffeur de bus après la révolution cubaine, Leonardo Padura fait des études supérieures en littérature hispano-américaine et décroche une licence avant de rédiger une thèse sur Inca Garcilaso de la Vega. Il étudie aussi le latin à la faculté de philologie de l'université de La Havane où il a le romancier Daniel Chavarría comme professeur.

Il entre comme journaliste à la revue culturelle Caiman Barbudo dont il sera expulsé en 1983 puis participe au supplément dominical du journal Juventud Rebelde et signe des critiques littéraires, ainsi que des articles de fond. En parallèle, et « à l'écart de tout activisme politique, il écrit des scénarios pour le cinéma »[1], notamment pour un documentaire sur la salsa. Jusqu'en 1995, il est rédacteur en chef de La Gazeta de Cuba.

« Ce que je fis alors fut d'écrire mes reportages comme si j'écrivais des récits, c'est-à-dire, dans une langue qui ne soit pas fonctionnelle, mais conceptuelle, plus littéraire, en utilisant des structures formelles peu courantes en journalisme, en créant des personnages (y compris de fiction car j'ai moi-même réussi à interviewer un mort) et remplaçant les manques d'information par des espaces imaginaires[2]. »

Il amorce sa carrière de romancier en 1998 et devient l'auteur d'une série policière ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Conde.

« Scénariste pour le cinéma, essayiste, nouvelliste, Leonardo Padura a trouvé avec le roman noir un genre tout indiqué pour distiller une vraie réflexion sur "ce pays si chaud et hétérodoxe où il n'y a jamais rien eu de pur", selon la formule de son impayable Mario Conde - un flic hétérosexuel macho-stalinien, alcoolo et désabusé, vengeur des petits et des faibles, qui déboule en 1991 dans Passé parfait. "Leonardo nous a ouvert la porte", estime son ami le journaliste et écrivain Amir Valle, né en 1967. "Il nous a fait comprendre que nous pouvions écrire sur des questions quotidiennes taboues, avec honnêteté, sans verser dans le racolage"[3]. »

Mario Conde, célibataire, d'abord au milieu de la trentaine dans les premiers romans, puis quadragénaire, évolue donc dans des récits subtilement agencés, afin de contourner la censure, où les « enquêtes criminelles sont autant de prétextes à lever le voile sur la société cubaine et ses faux-semblants[4]. » Ainsi, dans Électre à La Havane (Máscaras, 1997), il rend visite à un metteur en scène homosexuel qui lui permet de résoudre l'énigme du cadavre d'un homme portant une robe découvert dans un bois. Dans L'Automne à Cuba (1998), Mario Conde démissionne de la police et mène une enquête littéraire dans Adiós Hemingway (2001), concernant le passé de l'auteur américain Ernest Hemingway auquel il voue une grande admiration. Tous les titres de cette série policière sont traduits en France aux éditions Métailié.

Comme scénariste, il a notamment participé à l'écriture de trois des sept segments du films à sketchs 7 jours à La Havane en 2012 et au scénario du film Retour à Ithaque, co-écrit et réalisé par Laurent Cantet en 2014.

En 2011, Padura obtient la « citoyenneté »[5],[6] espagnole mais il continue à vivre à La Havane où il reste quasiment anonyme, car la télévision et la radio, sous le contrôle de l'État, l'invitent peu en dépit de son succès sur l'ile et à l’international[7],[8]. Lorsqu'on lui demande pourquoi il est resté à Cuba, alors que ses livres sont si critiques avec le régime, il répond :

« La réponse la plus courte, c’est que j’ai besoin de Cuba pour écrire : ma littérature est complètement cubaine. J’ai la nationalité espagnole depuis dix ans, et je pourrais donc vivre en Espagne. Quand on me dit que j’ai une double nationalité, je dis non : j’ai deux citoyennetés, mais ma seule nationalité, c’est Cuba[6]. »

Il obtient en 2020 la plus haute distinction littéraire cubaine[8]. À la suite des manifestations anti-gouvernementales du 11 juillet 2021, il indique qu'il s'agit d'« un cri de désespoir » auquel les autorités cubaines doivent « donner une réponse matérielle, mais aussi politique »[9].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Série Mario Conde[modifier | modifier le code]

  • Cycle Les Quatre Saisons :
    • Pasado perfecto (1991) - Prix des Amériques insulaires 2002
      Publié en français sous le titre Passé parfait, traduit par Caroline Lepage, Paris, éditions Métailié, 2000 ; réédition, Paris, Métailié, coll. « Suites noir » no 121, 2006 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P1942, 2008 (ISBN 978-2-7578-0938-9)
    • Vientos de cuaresma (1994)
      Publié en français sous le titre Vents de carême, traduit par François Gaudry, Paris, éditions Métailié, coll. « Suite hispano-américaine » no 122, 2006 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P2060, 2009 (ISBN 978-2-7578-1000-2)
    • Máscaras (1997) - Prix Café Gijon 1995, Prix Hammet 1998
      Publié en français sous le titre Électre à La Havane, traduit par Mara Hernández et René Solis, Paris, éditions Métailié, 1998 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P1495, 2006 (ISBN 2-7578-0024-8)
    • Paisaje de otoño (1998) - Prix Hammet 1999
      Publié en français sous le titre L'Automne à Cuba, traduit par Mara Hernández et René Solis, Paris, éditions Métailié, 1999 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P1583, 2006 (ISBN 978-2-7578-1163-4)
  • La cola de la serpiente (2000)
Publié en français sous le titre Mort d'un chinois à La Havane, traduit par René Solis, Paris, éditions Métailié, 2001 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P2277, 2009 (ISBN 978-2-7578-1163-4)
  • Adiós Hemingway (2001)
Publié en français sous le titre Adiós Hemingway, traduit par René Solis, Paris, éditions Métailié, coll. « Suite hispano-américaine » no 98, 2004 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P1662, 2007 (ISBN 978-2-7578-0354-7)
  • La neblina del ayer (2005)
    Publié en français sous le titre Les Brumes du passé, traduit Elena Zayas, Paris, éditions Métailié, 2006 ; réédition, Paris, Métailié, coll. « Suite hispano-américaine » no 151, 2009 ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P2530, 2011 (ISBN 978-2-7578-2183-1)
  • Herejes (2013)
    Publié en français sous le titre Hérétiques, traduit Elena Zayas, Paris, éditions Métailié, 2013 ; réédition, Paris, Points, coll. « Grands Romans » no P4243, 2016 (ISBN 978-2-7578-5697-0)
  • La transparencia del tiempo (2018)
    Publié en français sous le titre La Transparence du temps, traduit Elena Zayas, Paris, éditions Métailié, 2019 (ISBN 979-10-226-0832-9) ; réédition, Paris, Points, coll. « Grands Romans » no P5196, 2020 (ISBN 978-2-7578-8103-3)

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • Fiebre de caballos (1988)
  • La novela de mi vida (2002), roman policier historique ayant pour héros le poète José María Heredia
    Publié en français sous le titre Le Palmier et l'Étoile, traduit par Elena Zayas, Paris, éditions Métailié, 2003 ; réédition, Paris, Métailié, coll. « Suite hispano-américaine » no 143, 2009 (ISBN 979-10-226-0114-6)
  • El hombre que amaba a los perros (2009), un récit-roman de la vie de Ramón Mercader, l'assassin de Léon Trotski, de ses débuts pendant la guerre d'Espagne à ses dernières années à La Havane, vu par un écrivain cubain (illustration couverture Moises Finalé)
    Publié en français sous le titre L'Homme qui aimait les chiens, traduit par Elena Zayas et René Solis, Paris, éditions Métailié, 2011 ; réédition, Paris, Points, coll. « Grands romans », 2014 (ISBN 978-2-7578-2657-7)
  • Poussière dans le vent[6], portraits croisés de huit amis soudés depuis la fin du lycée et confrontés aux transformations du monde et de leurs conséquences sur la vie à Cuba ; Paris, éditions Métailié, 2021

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Aquello estaba deseando ocurrir (2016)
    Publié en français sous le titre Ce qui désirait arriver, traduit par Elena Zayas, Paris, éditions Métailié, 2016 (ISBN 979-10-226-0495-6) ; réédition, Paris, Points coll. « Policier » no P4579, 2017 (ISBN 978-2-7578-6623-8)

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[modifier | modifier le code]

Adaptations de son œuvre par des tiers[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, vol. 2, p. 474.
  2. Leonardo Padura, in La Gazeta de Cuba, n° 2006, vol 2.
  3. « Cuba les masques », L'Express du 23 février au .
  4. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, vol. 2, p. 475.
  5. Ainsi qu'il le dit lui-même dans Les matins de France Culture, du .
  6. a b et c « (R)évolutions cubaines : l'écrivain Leonardo Padura est l'invité des Matins » avec Guillaume Erner, France Culture, le .
  7. « Cuba: Padura, écrivain "anonyme" sur une île au futur incertain », L'Express, 10 mars 2013.
  8. a et b « Leonardo Padura : « J’aurai toujours besoin de Cuba pour vivre et écrire » », sur L'Humanité,
  9. « À La Havane ou en exil, les artistes cubains joignent leurs voix à celles des manifestants pour la liberté », sur Le Figaro, (consulté le ).
  10. « Le prix Roger Caillois 2011 pour Leonardo Padura », sur livreshebdo.fr, (consulté le ).
  11. Thierry Clermont, « Leonardo Padura, lauréat du prix Princesse des Asturies des lettres », sur Le Figaro, (consulté le ).
  12. Ce prix, l'un des plus prestigieux d'Espagne, lui est décerné pour son œuvre symbole de « dialogue et de liberté », annonce le jury.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wilkinson, Stephen. Detective Fiction in Cuban Society and Culture. Oxford & Berne: Peter Lang, 2006 (ISBN 3-03910-698-8) (US 0-8204-7963-2)
  • Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, vol. 2 : J - Z, Nantes, Joseph K, coll. « Temps noir », , 1086 p. (ISBN 978-2-910-68645-1, OCLC 315873361), p. 474-475.
  • La Femelle du Requin, no 37 () : Dossier critique, entretien et inédits de Leonardo Padura
  • Gimbert, Anne. Du Roman policier au roman historique : la Révolution trahie dans l'oeuvre de Leonardo Padura in Résistances voix citoyennes en marge des institutions politiques, Editions Cénomane, Le Mans, 2014

Interviews[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]