Le Grand Blockhaus

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Le Grand Blockhaus
Musée de la poche de Saint-Nazaire
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Le Grand Blockhaus
Informations générales
Type
Ouverture
1er juillet 1997
Surface
285 m2
Site web
Collections
Époque
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
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Le Grand Blockhaus ou musée de la poche de Saint-Nazaire, situé sur la commune de Batz-sur-Mer, dans le département français de la Loire-Atlantique, est un ancien bunker du mur de l'Atlantique transformé en musée recréant un poste de commandement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale et retraçant l'histoire de la poche de Saint-Nazaire.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'ouvrage fait 25 mètres de long sur une hauteur maximale de 17 mètres. Son espace intérieur est de 285 m2[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La construction du blockhaus débute le 22 octobre 1942 et se termine le 8 février 1943. De grandes fenêtre et rideaux sont peints pour le camoufler en grande villa afin de tromper les troupes alliées. En raison de la présence permanente de troupes, le bâtiment doté d'un certain confort : eau courante, toilettes, lavabo, chauffage dans les chambres. A la libération de la poche de Saint-Nazaire le 11 mai 1945, il est intact. Abandonné, il accueille une famille de réfugiés de 1951 à 1953. En 1958, il est mis en vente par le propriétaire de la parcelle. La Marine Nationale se porte acquéreur en prévision de l'installation d'un radar ou d'un sémaphore. Ces projets ne voient toutefois pas le jour et le bâtiment demeure inoccupé encore de nombreuses années. Deux frères passionnés d'histoire locale transforment les lieux en un musée consacré à la Seconde Guerre mondiale qui ouvre le 1er juillet 1997[1].

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Le musée[modifier | modifier le code]

Le musée présente sur 300 m2 12 scènes reconstituées sur les thèmes suivants :

  • scène 1 : un soldat français dans la caponnière de défense de l'entrée à la Libération le  ;
  • scène 2 : des soldats français libèrent le Grand Blockhaus ;
  • scène 3 : le raid des commandos britanniques sur Saint-Nazaire en  ;
  • scène 4 : Cordemais, signature de la reddition de la poche de Saint-Nazaire le  ;
  • scène 5 : Bouvron, cérémonie de la reddition de la poche de Saint-Nazaire le  ;
  • scène 6 : des Américains à la chasse aux souvenirs lors de la Libération ;
  • scène 7 : chambre de l'officiant commandant le Grand Blockhaus en 1944 ;
  • scène 8 : chambre de troupe pour six hommes de la marine côtière allemande en 1944 ;
  • scène 9 : poste de commandement radio en 1944 ;
  • scène 10 : armurerie du blockhaus en 1944 ;
  • scène 11 : local de stockage du ravitaillement en 1944 ;
  • scène 12 : salle des machines en 1944[2].

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Les canons[modifier | modifier le code]

Canon de 240 mm[modifier | modifier le code]

Le canon présent sur site est installé en 2007, année du dixième anniversaire de l'ouverture du musée. Le tube de 240 mm est d'origine, il affiche un poids de 24 tonnes. Il est l'un des deux canons de la batterie lourde installée à Batz-sur-Mer en 1941 par la marine allemande, à 22 km à vol d'oiseau au nord de l'estuaire de la Loire. Cette batterie contrôlait le chenal d'entrée de la Loire afin de contrebattre tout gros bâtiment voulant soutenir un débarquement sur la plage de La Baule[3].

Les deux grosses pièces d'artillerie lourde montées sur voie ferrée , suivies par cinq wagons de matériel et de munitions, arrivent en . Il s'agit de canons français de 240 mm Schneider Mle 1893-96 M « Colonies » ayant servi pendant la Première Guerre mondiale qui proviennent du parc de réserve générale d'artillerie de l'armée française[3].

Saisis par l'armée allemande à l'armistice du 22 juin 1940, ils sont emportés en Allemagne pour être testés avant d'être remis en service sur la côte Atlantique française. La batterie est finalement installée autour du moulin de Kermoisan, à environ 500 mètres à l'intérieur des terres, ce qui la rend invisible de la mer en cas de duel avec des navires. Deux aires de tir pour les canons sur rail sont raccordées directement à la ligne de Saint-Nazaire au Croisic[3].

Mais ces vieux canons, qui peuvent tirer très loin, présentent des limites. Ils souffrent notamment d'un manque de précision et en cas de tir contre un objectif marin, les obus peuvent tomber de manière très dispersée à plus de cent mètres autour de la cible. La cadence de tir est elle aussi problématique, avec une capacité d'un tir toutes les quatre minutes. Ces deux problèmes rendent les canons quasi inefficaces contre une cible marine mobile[3].

Caractéristiques techniques[3] :

  • canon français de 240 mm modèle 1893/96 Colonies
  • masse du matériel complet : 141 tonnes
  • poids du tube seul : 24 tonnes
  • portée maximale : 22,7 km
  • cadence de tir : 1 coup/3 min
  • masse du projetctile : 162 kg

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Canon de 88 mm[modifier | modifier le code]

Le premier exemplaire de canon de 88 mm antiaérien a été construit par les usines allemandes Krupp en 1916 pour lutter contre l'aviation alliée en plein développement. Fourni en nombre pour les batteries antiaériennes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, il était particulièrement redouté des aviateurs. Pour son utilisation terrestre en version antichar, la vitesse de tir était tellement rapide que l'obus arrivait sur l'objectif avant que le coup de départ se fasse entendre[4].

Le canon présenté sur site est construit en 1943. Aussitôt vendu à l'Espagne, il y est resté en dotation pendant une trentaine d'années. Déclassé, il est ensuite resté dans un champ à l'abandon pendant une vingtaine d'années. Il est récupéré par le musée du Grand Blockhaus en 1998 après sa neutralisation. Il évoque le souvenir de la présence de six canons antiaériens (Flak ou DCA) placés en cercle autour du blockhaus de Batz-sur-Mer étaient chargés de sa protection contre les attaques des alliés de 1943 à 1945. Onze hommes sont nécessaires pour le fonctionnement de chaque canon. Chaque avion abattu est symbolisé par un anneau peint autour du tube du canon[4].

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Obusier américain[modifier | modifier le code]

L'obusier américain du 15th Cavalry Group est un prêt du musée des Blindés de Saumur. Il est mis en place à Batz-sur-Mer le [5].

Ce blindé obusier M8 a été produit à 1 778 exemplaires pour l'armée américaine entre 1942 et 1944. Armé d'un canon de 75 mm monté sur un châssis de Char M3 Stuart, il sert à partir du débarquement en Normandie de véhicule blindé de support pour les unités d'infanterie[5].

Le M8 « Little West Point » appartenait au 15th Cavalry Reconnaissance Squadron, une unité indépendante rattachée le à la 94th Infantry Division en poste face à la poche de Saint-Nazaire, puis à la 66th Infantry Division à partir de . Il sert dans la forêt du Gâvre[5].

Caractéristiques techniques[5] :

  • constructeur : Cadillac Motor Car Company, 1942
  • équipage : 4
  • longueur : 4,98 m
  • largeur : 2,32 m
  • poids : 15,7 tonnes
  • armement : obusier de 75 mm d'une portée de 8 687 mètres (46 obus), mitrailleuse de 12,7 mm
  • vitesse : 58 km/h sur route, 24 km/h tout terrain
  • autonomie : 161 km (réservoir : 340 litres)

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Fresque du U-96[modifier | modifier le code]

La fresque présente sur site est une authentique peinture murale datant de la seconde guerre mondiale, peinte dans un bunker aujourd'hui disparu de la région nazairienne par un ouvrier allemand des chantiers navals. Elle présente le sous-marin U-96, popularisé par le film Das Boot (Le Bateau), sorti en 1982. Ce U-Boot, qui faisait partie de la 7e flottille de sous-marins allemands basée à Saint-Nazaire, arborait un blason représentant un poisson-scie, que l'on distingue sur le kiosque du sous-marin. Les fanions triangulaires accrochés au périscope de la fresque symbolisent chacun un bateau coulé par le sous-marin. La roue dentée qui entoure le sous-marin est inspirée de l'insigne qui était remis au personnel travaillant dans la base sous-marine de Saint-Nazaire[6].

La fresque ornait un mur d'un des quatre Torpedobunkers du camp de Certé, situé à Trignac, à quatre kilomètres de la base sous-marine de Saint-Nazaire. Ces bunkers de grande taille servaient au stockage des torpilles des U-Boots qui menaient la bataille de l'Atlantique. Ils abritaient aussi des ateliers, des magasins et des latrines pour le personnel[6].

Après la guerre, les bunkers de Certé sont abandonnés, puis réutilisés par des entreprises civiles comme entrepôts jusqu'en 2009, année de leur destruction. La fresque est découverte dans un des ateliers du bunker no 1 quelques jours avant sa démolition. L'équipe du musée du Grand Blockhaus entreprend de la soustraire à la destruction, opération techniquement facilitée par le fait que la fresque est peinte sur une cloison intérieure en briques. Légèrement endommagée lors de la découpe du mur, la fresque est restaurée avant d'être exposée au public[6].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b www.grand-blockhaus.com
  2. Poste de commandement du mur de l'Atlantique, panneau de présentation du Grand Blockhaus, consulté sur site en novembre 2015
  3. a b c d et e Les canons sur le rail de Batz-sur-Mer, panneau de présentation d'un canon, consulté sur site en novembre 2015
  4. a et b Canon antiaérien allemand de 88 mm, panneau de présentation consulté sur site le 22 octobre 2021
  5. a b c et d Obusier américain du 15(th) Cavalry Group, panneau de présentation consulté sur site le 26 septembre 2021
  6. a b et c La fresque du U-96, panneau de présentation consulté sur site en novembre 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]