Kaatedocus

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Kaatedocus siberi

Kaatedocus est un genre éteint de très grands dinosaures herbivores sauropodes de la famille des diplodocidés ayant vécu au Jurassique supérieur (Kimméridgien), il y a environ 155 Ma (millions d'années), en Amérique du Nord où il a été découvert dans la partie inférieure de la formation de géologique de Morrison du Wyoming aux États-Unis.

La seule espèce connue, l'espèce type, Kaatedocus siberi, a été décrite par Emanuel Tschopp et Octávio Mateus (en) en 2012[1]. Elle est basée sur des fossiles retrouvés dans la formation de Morrison.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom générique Kaatedocus fait référence au genre proche Diplodocus, précédé du suffixe diminutif « -kaate » en langue crow, pour indiquer qu'il s'agit d'un « petit Diplodocus », la longueur totale de l'animal étant évaluée à environ 15 mètres. Le nom spécifique a été donné en l'honneur de Hans-Jakob Siber.

Historique[modifier | modifier le code]

Reconstitution du squelette de Kaatedocus siberi redressé sur ses pattes arrière au musée des dinosaures d'Aathal (en) en Suisse.

En 1934, une équipe du Muséum américain d'histoire naturelle (AMNH), menée par Barnum Brown et financée par la Sinclair Oil Corporation, découvre environ trois mille os de sauropodes des terres du ranch de Barker Howe, près de Shell (Wyoming) (en). Récupérés et non décrits, la plupart d'entre eux seront perdus lors d'un incendie à l'AMNH au cours des années 1940. D'autres, mal entreposés, pourrissent et sont jetés au cours des années 1960. Environ 10 % subsistent et sont supposés alors appartenir au genre Barosaurus.

En 1989, le site est rouvert par Hans-Jakob Siber, le fondateur du musée des dinosaures d'Aathal (en) dans le canton de Zurich en Suisse. Son équipe retrouvera 450 os supplémentaires, qui sont récupérés par le musée.

Les fouilles permettent de retrouver, notamment, un cou exceptionnellement complet. Il est le sujet de plusieurs sujets études scientifiques en Suisse :

  • en 2011, l'étude de ces vertèbres conduit A. Christian et G. Dzemski à soutenir l'hypothèse que le cou des sauropodes pouvait se maintenir en position redressée[3] ;
  • en 2012, Emanuel Tschopp & Gordon Dzemski publient également une étude de méthodologie de reproduction 3D non destructive du matériel fossile de Kaatedocus[4].

Cet ensemble d'études et la description du crâne de l'animal permettent au paléontologue suisse Emanuel Tschopp et son collègue portugais Octávio Mateus de conclure en 2012 que ces fossiles n'appartiennent pas à Barosaurus mais à un nouveau genre qu'il nomme Kaatedocus (Kaatedocus siberi)[1].

Classification[modifier | modifier le code]

Squelette reconstitué de Kaatedocus siberi au muséum des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles.

Après l'avoir placé en groupe frère de Barosaurus dans leur grande synthèse des Diplodocidae de 2015[5], Emanuel Tschopp et Octávio Mateus le positionnent au contraire comme le plus basal des diplodocinés à l'occasion d'une révision phylogénétique lors de la description du nouveau genre Galeamopus en 2017[6]. C'est ce que montre leur cladogramme de 2017 ci-dessous[6] :

 Diplodocidae 
 Apatosaurinae 


Apatosaurus ajax



Apatosaurus louisae





Brontosaurus excelsus




Amphicoelias altus




Brontosaurus yahnahpin



Brontosaurus parvus






 Diplodocinae 

Kaatedocus siberi




Tornieria africana





Supersaurus lourinhanensis



Supersaurus vivianae





Leinkupal laticauda





Galeamopus hayi



Galeamopus pabsti





Barosaurus lentus




Diplodocus carnegii



Diplodocus hallorum










Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) E. Tschopp et O. V. Mateus, « The skull and neck of a new flagellicaudatan sauropod from the Morrison Formation and its implication for the evolution and ontogeny of diplodocid dinosaurs », Journal of Systematic Palaeontology, vol. 11,‎ , p. 1 (DOI 10.1080/14772019.2012.746589)
  2. (en) D. Schwarz, C. A. Meyer, E. H. Lehmann, P. Vontobel et G. Bongartz, « Testing Neutron tomography in comparison with X-ray computed tomography as a technique for the investigation of the internal structure of sauropod vertebrae and ribs », Palaeontologia Electronica, vol. 8, no 2,‎ , p. 1-11
  3. (en) A. Christian et G. Dzemski, Biology of the sauropod dinosaurs : Understanding the life of giants, Bloomington, Indiana University Press, , « Neck posture in sauropods »
  4. (en) Emanuel Tschopp & Gordon Dzemski, 2012, "3-Dimensional Reproduction Techniques to Preserve and Spread Paleontological Material – a Case Study with a Diplodocid Sauropod Neck", Journal of Paleontological Techniques 10
  5. (en) Emanuel Tschopp, Octavio Mateus & Roger B.J. Benson (2015), « A specimen-level phylogenetic analysis and taxonomic revision of Diplodocidae (Dinosauria, Sauropoda) », PeerJ 3:e857; DOI:10.7717/peerj.857 https://peerj.com/articles/857/
  6. a et b (en) Emanuel Tschopp et Octávio Mateus, « Osteology of Galeamopus pabsti sp. nov. (Sauropoda: Diplodocidae), with implications for neurocentral closure timing, and the cervico-dorsal transition in diplodocids. », PeerJ, vol. 5,‎ , e3179 (DOI 10.7717/peerj.3179)