Tornieria

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Tornieria est un genre éteint de très grands dinosaures herbivores sauropodes de la famille des diplodocidés ayant vécu en Afrique (Tanzanie) au Jurassique supérieur (Tithonien), il y a environ entre 152 et 145 Ma (millions d'années).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Tornieria honore le zoologiste et paléontologue allemand Gustav Tornier[2]. Le nom spécifique africana rappelle le contient d'où proviennent les fossiles de Tornieria.

Découvertes[modifier | modifier le code]

Après les premiers fossiles découverts, Janesch a envoyé en Allemagne un total de 630 spécimens os appartenant à au moins 56 individus distincts. Après les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale, 188 ont pu être récupérés. Il s'agit presque exclusivement d'os post-crâniens avec de rares éléments du crâne. Les restes proviennent des strates supérieures du Tendaguru, le obere Dinosauriermergel ou Marnes à Dinosaures supérieures, datant du Tithonien[3]

Description[modifier | modifier le code]

Tornieria est un grand sauropode, dont le plus grand fémur découvert mesure 1,38 mètre de long, laissant passer que la longueur totale de l'animal pouvait être comparable à celle du genre Barosaurus, soit environ 26 mètres[4] pour une masse de 23 tonnes. Comme Barosaurus il possède de longues vertèbres cervicales et des pattes avant relativement longues pour un sauropode. Toutefois, il diffère de ce dinosaure américain par ses vertèbres caudales et est différent de Barosaurus et Diplodocus par le caractère plésiomorphique de ses avant-bras très courts proportionnellement à la longueur totale des membres avant.

Historique et classification[modifier | modifier le code]

Comparaison du crâne de Tornieria africana (en bas à droite), avec ceux d'autres dinosaures diplodocoïdes.

L’histoire taxonomique deTornieria est longue et complexe.

En 1907, le paléontologue allemand Eberhard Fraas (en) découvre deux spécimens de sauropodes dans la formation géologique de Tendaguru en Afrique orientale allemande. Provenant chacun d'une espèce différente, ils sont désignés Skeleton A (SMNS 12141a, 12145a, 12143, 12140 et 12142) et Skeleton B.

En 1908, Eberhard Fraas les nomme Gigantosaurus africanus (« lézard géant africain ») et G. robusta (« lézard géant robuste »)[1]. Une troisième espèce est nommée Gigantosaurus dixeyi par Haughton en 1928, mais a été depuis réassignée au genre de titanosauriens Malawisaurus.

Le nom Gigantosaurus étant déjà utilisé pour nommer un sauropode européen différent, Gigantosaurus megalonyx, par Seeley en 1869, le genre est renommé Tornieria par le paléontologue allemand Richard Sternfeld en 1911, avec deux espèces Tornieria africana et T. robusta[2].

En 1922, Werner Janensch étudie à nouveau les fossiles et conclut que T. africana appartient au genre nord-américain Barosaurus sous le nom de Barosaurus africanus[5]. L'autre espèce, T. robusta, est classée plus tard parmi les titanosauriens.

Si Tornieria est du même genre que le Barosaurus, alors son nom sera abandonné pour respecter le principe d'antériorité du code international de nomenclature zoologique (CINZ) car Barosaurus a été décrit dès 1890 par Othniel Charles Marsh[6].

Cependant, d'autres chercheurs proposent une distinction entre les formes américaines et africaines. En 2006, Kristian Remes révise les résultats précédents et conclut que Tornieria est un genre distinct et valide[3]. Il affirme également que le genre fait partie d'un groupe frère du clade formé par Barosaurus et Diplodocus, ce qui en ferait un membre des Diplodocinae[3], ce que reprend J. A. Whitlock en 2011[7].

Emanuel Tschopp et ses collègues en 2015 valident également cette interprétaion et placent Tornieria comme le plus basal des membres de la sous-famille des Diplodocinae[8]. C'est ce que montre leur cladogramme ci-dessous :

 Diplodocidae 

Amphicoelias altus




 Apatosaurinae 

espèces non nommées





Apatosaurus ajax



Apatosaurus louisae





Brontosaurus excelsus




Brontosaurus yahnahpin



Brontosaurus parvus







 Diplodocinae 

espèces non nommées




Tornieria africana





Supersaurus lourinhanensis



Supersaurus vivianae





Leinkupal laticauda




Galeamopus hayi





Diplodocus carnegii



Diplodocus hallorum





Kaatedocus siberi



Barosaurus lentus











Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) E. Fraas, « Dinosaurierfunde in Ostafrika », Jahreshefte des Vereins für Vaterländische Naturkunde in Württemberg, vol. 64,‎ , p. 84-86
  2. a et b (de) R. Sternfeld, « Zur Nomenklatur der Gattung Gigantosaurus Fraas », Sitzungsberichte der Gesellschaft naturforschender Freunde zu Berlin,‎ , p. 398
  3. a b et c (en) K. Remes, « Revision of the Tendaguru sauropod Tornieria africana (Fraas) and its relevance for sauropod paleobiogeography », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 26, no 3,‎ , p. 651–669
  4. (en) Holtz, Thomas R. Jr. (2011) Dinosaurs: The Most Complete, Up-to-Date Encyclopedia for Dinosaur Lovers of All Ages, Winter 2010 Appendix.
  5. (de) W. Janensch, « Das Handskelett von Gigantosaurus robustus und Brachiosaurus brancai aus den Tendaguru-Schichten Deutsch- Ostafrikas », Centralblatt für Mineralogie, Geologie und Paläontologie,‎ , p. 464–480
  6. (en) O. C. Marsh, « Description of new dinosaurian reptiles », The American Journal of Science, series 3, vol. 39,‎ , p. 81-86
  7. (en) J. A. Whitlock, « A phylogenetic analysis of Diplodocoidea (Saurischia: Sauropoda). », Zoological Journal of the Linnean Society,‎
  8. (en) Emanuel Tschopp, Octavio Mateus & Roger B.J. Benson (2015), « A specimen-level phylogenetic analysis and taxonomic revision of Diplodocidae (Dinosauria, Sauropoda) », PeerJ 3:e857; DOI:10.7717/peerj.857 https://peerj.com/articles/857/