Barosaurus

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Barosaurus lentus

Barosaurus
Description de cette image, également commentée ci-après
Dessin de Barosaurus lentus dressé sur ses pattes arrière et appuyé sur sa queue (position tripode) pour se défendre contre l'attaque de deux dinosaures carnivores du genre Allosaurus.
Classification
Règne Animalia
Classe Sauropsida
Super-ordre Dinosauria
Ordre Saurischia
Sous-ordre  Sauropodomorpha
Infra-ordre  Sauropoda
Clade  Eusauropoda
Clade  Neosauropoda
Super-famille  Diplodocoidea
Clade  Diplodocimorpha
Clade  Flagellicaudata
Famille  Diplodocidae
Sous-famille  Diplodocinae

Genre

 Barosaurus
Marsh[1], 1890

Nom binominal

 Barosaurus lentus
Marsh[1], 1890

Barosaurus est un genre éteint de dinosaures herbivores sauropodes géants de la famille des diplodocidés. Ils ont vécu au Jurassique supérieur (Kimméridgien supérieur à Tithonien inférieur)[2], soit il y a environ 152 Ma (millions d'années), en Amérique du Nord où il a été découvert dans la partie moyenne et supérieure de la formation de géologique de Morrison dans les états de l'ouest des États-Unis.

Plusieurs espèces ont été décrites comme appartenant au genre Barosaurus, mais une seule, Barosaurus lentus, décrite par Othniel Charles Marsh en 1890[1], est considérée comme valide[2],[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Barosaurus est composé des mots du grec ancien « saûros (σαυρος) », qui signifie « lézard », et « barys (βαρυς) », qui signifie « lourd/pesant », pour donner « lézard pesant ».

Description[modifier | modifier le code]

Comparaison de taille entre Barosaurus lentus et un humain.
Squelette reconstitué de Barosaurus lentus au musée royal de l'Ontario à Toronto.

Barosaurus a une taille comparable à celle de Diplodocus dont il est contemporain et très proche[3]. Cependant leurs morphologies sont différentes, Barosaurus ayant un cou plus long et une queue plus courte que Diplodocus. Sa longueur est estimée à 26 mètres pour une masse de 12 à 20 tonnes[4],[5]. La longueur de Barosaurus est également du même ordre que celle d'Apatosaurus, mais son squelette est moins robuste[6].

Crâne[modifier | modifier le code]

Chez les diplodocidés, les crânes sont rarement fossilisés et aucun crâne n'est aujourd'hui clairement attribué à Barosaurus. Chez Diplodocus ou Apatosaurus, les crânes sont de petite taille par rapport à la masse imposante du corps. Ils sont allongés, assez bas, avec de petites dents pointues en forme de pinces orientées vers l'avant, uniquement présentes dans la partie antérieure de la gueule[7],[8].

Vertèbres[modifier | modifier le code]

Les vertèbres de l'animal montrent des caractères propres au genre, même si aucune colonne vertébrale complète n'a jamais été trouvée.

Barosaurus ne possède que 9 vertèbres dorsales, contrairement à Apatosaurus et Diplodocus qui en possèdent 10. Les vertèbres cervicales de Barosaurus ressemblent à celles de Diplodocus, mais elles sont jusqu'à 50 % plus longues. Les épines neurales au sommet de leurs vertèbres sont plus simples et plus petites que celles de Diplodocus. Les vertèbres caudales de Barosaurus sont quant à elles plus courtes que celles de Diplodocus, ce qui induit une queue moins longue pour l'animal. Comme chez Diplodocus, les arcs hémaux, ou chevrons, situés sous une partie de la queue sont bifurqués et pointent de façon proéminente vers l'avant. L'extrémité de la queue est probablement fine, ressemblant à un fouet[6].

Membres[modifier | modifier le code]

Les membres de Barosaurus sont pratiquement indiscernables de ceux de Diplodocus, ce qui a entraîné des attributions contradictoires à l'un ou l'autre genre. Les deux ont des membres en forme de colonnes qui portent la masse énorme de ces animaux. Ses pattes antérieures sont cependant proportionnellement plus longues que celles des autres diplodocidés, tout en restant plus courtes que les pattes des autres groupes de sauropodes[6].

Le poignet est composé d'un seul os carpien, et ses métacarpes sont plus fins que ceux de Diplodocus[9],[8],[6].

Classification[modifier | modifier le code]

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Barosaurus appartient à la famille des diplodocidés, caractérisés par de longues queues constituées de plus de 70 vertèbres caudales, des membres plus courts que chez les autres sauropodes et plusieurs caractères spécifiques des os du crâne[6].

Barosaurus est aussi rattaché à la sous-famille des diplodocinés[10]. L'autre sous-famille de diplodocidés est celle des apatosaurinés qui présentent des squelettes plus robustes et des cous et queues plus courts[10].

Emanuel Tschopp et Octávio Mateus dans leur grande synthèse des Diplodocidae de 2015, ne considèrent qu'une seule espèce valide de Barosaurus, B. lentus[1]. Elle est basée sur les spécimens référencés YPM 429 (holotype) et AMNH 6341. D'autres spécimens ne sont pas définis au niveau spécifique (AMNH 7535, CM 11984) ou restent, comme « Barosaurus affinis », un sauropode indéterminé proche de Cetiosauriscus stewarti[2].

L'espèce tanzanienne de la formation de Tendaguru, « Barosaurus affinis », décrite par Russell et ses collègues en 1980[11], est donc classée comme un nomen dubium[2], tandis que l'espèce « Barosaurus gracilis », décrite sommairement par Othniel Charles Marsh en 1899[12], est considérée comme un nomen nudum[2].

Cladogramme[modifier | modifier le code]

Après avoir placé Barosaurus en groupe frère de Diplodocus en 2015[2], Emanuel Tschopp et Octávio Mateus, à l'occasion d'une révision phylogénétique lors de la description du nouveau genre Galeamopus en 2017, positionnent Barosaurus un peu en amont de Diplodocus, dont il reste toutefois le plus proche parent [3]. C'est ce que montre leur cladogramme de 2017 ci-dessous[3] :

 Diplodocidae 
 Apatosaurinae 


Apatosaurus ajax



Apatosaurus louisae





Brontosaurus excelsus




Amphicoelias altus




Brontosaurus yahnahpin



Brontosaurus parvus






 Diplodocinae 

Kaatedocus siberi




Tornieria africana





Supersaurus lourinhanensis



Supersaurus vivianae





Leinkupal laticauda





Galeamopus hayi



Galeamopus pabsti





Barosaurus lentus




Diplodocus carnegii



Diplodocus hallorum










Conservation[modifier | modifier le code]

On peut voir ses fossiles à l'American Museum of Natural History de New York, l'Utah Museum of Natural History (en) de Salt Lake City et le Dinosaur National Monument de Jensen dans l'Utah.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Marsh OC. 1890. Description of new dinosaurian reptiles. American Journal of Science (series 3) 39:81-86
  2. a, b, c, d, e et f (en) Emanuel Tschopp, Octavio Mateus & Roger B.J. Benson (2015), « A specimen-level phylogenetic analysis and taxonomic revision of Diplodocidae (Dinosauria, Sauropoda) », PeerJ 3:e857; DOI:10.7717/peerj.857 https://peerj.com/articles/857/
  3. a, b, c et d (en) Emanuel Tschopp et Octávio Mateus, « Osteology of Galeamopus pabsti sp. nov. (Sauropoda: Diplodocidae), with implications for neurocentral closure timing, and the cervico-dorsal transition in diplodocids. », PeerJ, vol. 5,‎ , e3179 (DOI 10.7717/peerj.3179)
  4. (en) Frank. Seebacher, « A new method to calculate allometric length-mass relationships of dinosaurs », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 21, no 1,‎ , p. 51–60 (DOI 10.1671/0272-4634(2001)021[0051:ANMTCA]2.0.CO;2)
  5. (en) Holtz, Thomas R. Jr. (2011) Dinosaurs: The Most Complete, Up-to-Date Encyclopedia for Dinosaur Lovers of All Ages, Winter 2010 Appendix.
  6. a, b, c, d et e (en) McIntosh, Thunder Lizards: The Sauropodomorph Dinosaurs, Indiana University Press, (ISBN 0-253-34542-1), « The Genus Barosaurus (Marsh) », p. 38–77
  7. (en) Upchurch, P. et Barrett, P.M., « The evolution of sauropod feeding mechanism », dans Hans Dieter Sues, Evolution of Herbivory in Terrestrial Vertebrates, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-59449-9)
  8. a et b (en) « Sauropoda », dans Weishampel DB, Dodson P et Osmólska H (dir.), Upchurch P, Barrett PM et Dodson P, The Dinosauria, University of California Press, (ISBN 0-520-24209-2), « Sauropoda », p. 305
  9. (en) John R. Foster, « Sauropod dinosaurs of the Morrison Formation (Upper Jurassic), Black Hills, South Dakota and Wyoming », Contributions to Geology, University of Wyoming, vol. 31, no 1,‎ , p. 1–25 (lire en ligne[archive du ])
  10. a et b (en) D.M. Lovelace, S.A. Hartman et W.R. Wahl, « Morphology of a specimen of Supersaurus (Dinosauria, Sauropoda) from the Morrison Formation of Wyoming, and a re-evaluation of diplodocid phylogeny », Arquivos do Museu Nacional, vol. 65, no 4,‎ , p. 527–544 (ISSN 0365-4508, lire en ligne)
  11. (en) Russell DA, Béland P, McIntosh JS. 1980. Paleoecology of the dinosaurs of Tendaguru (Tanzania). Mémoires de La Société Géologique de France 139:169-175
  12. (en) Marsh OC. 1899. Footprints of Jurassic dinosaurs. American Journal of Science S4-7:227-232