Jean Bérain père

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Jean Bérain père
Jean Bérain père par Claude Duflos.jpg

Claude Duflos, Jean Bérain père,
gravé d'après Joseph Vivien.

Naissance
Décès
(à 70 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Maîtres
Élèves
Mouvement

Jean Bérain[1] père est un peintre, aquarelliste, dessinateur, graveur, ornemaniste et décorateur de théâtre français né à Saint-Mihiel (Meuse), le 4 juin 1640[2], et mort à Paris le 24 janvier 1711.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maquette pour le ballet Le Triomphe de l'Amour, 1681.

Fils d'un arquebusier lorrain, après avoir étudié avec Charles Le Brun, il est nommé à la cour de Louis XIV en 1674 comme dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi[3]. Ses créations très variées comprennent des décors d’opéras, de fêtes et de pompes funèbres, des habits, des pièces d’orfèvrerie et d’arquebusiers, des modèles de lambris et de plafonds, des meubles, des perspectives de jardins, de carrousels, des décorations pour les poupes ou les proues de vaisseaux royaux[4].

Il dessine les maquettes de costume pour les pièces de théâtre et opéras, dont ceux de Jean-Baptiste Lully, représentés à la cour et devient le décorateur officiel de l'Académie royale de musique en 1680, succédant à Carlo Vigarani. Il joue un rôle important dans l'histoire du costume de ballet[5].

Il est l'auteur des cartons de nombreuses tapisseries pour la Manufacture de Beauvais comme pour celle des Gobelins.

Veuf de Louise Rauhaut, il meurt dans son appartement aux galeries du Louvre et est inhumé à Paris en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois[6].

Son fils, Jean Bérain, continuera son œuvre.

Le style Bérain[modifier | modifier le code]

Jean Bérain père a marqué un renouvellement de l'art grotesque, en allégeant le style floral chargé d’acanthes propre de la Renaissance, hérité de Charles le Brun, et en anticipant le rococo[7].

Dans toutes ses œuvres, qui touchent à la plus grande partie des arts décoratifs, on trouve une unité d'inspiration qui justifie le terme de « style Bérain ». Ce style influencera l'Europe entière [8] : il sera exporté par le décorateur Daniel Marot en Angleterre et en Hollande, et par Paul Decker (de) en Allemagne [9].

Ce style est caractérisé par l'utilisation du thème des grotesques cher au XVIe siècle et à l'École de Fontainebleau, traité de façon très personnelle, et par un goût marqué pour les grandes architectures classiques. Les compositions sont toujours centrées, encadrées de portiques ou de lambrequins, ornées de façon symétrique de volutes et peuplées de petits personnages fantastiques. Il fait usage de l'aquarelle, et ses dessins présentent une grande délicatesse de trait.

Le style Bérain, célèbre pour ses arabesques[10], fut adopté pour la décoration des majoliques de Rouen, ainsi que de Marseille, et influença les manufactures espagnoles et italiennes (céramiques de Lodi et de Turin)[11]. Pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle, le décor « à la Bérain », le plus souvent en camaïeu bleu, est typique des faïences de Moustiers. Autour d'un sujet central, généralement un personnage mythologique, s'articule un réseau d'arabesques parfaitement symétrique, enrichi d'éléments architecturaux, de cariatides, de bustes et de chimères.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou « Berain ».
  2. Certaines sources indiquent la date du 28 octobre 1637.
  3. Les Bérain, Encyclopaedia Universalis
  4. (en) Gordon Campbell, The Grove Encyclopedia of Decorative Arts, Oxford University Press
  5. Article Jean Bérain, Encyclopédie Larousse.
  6. Acte d'état civil, Saint-Germain-l'Auxerrois.
  7. (en) Fiske Kimball, « Sources and Evolution of the Arabesque of Berain », in The Art Bulletin, Vol. 23, no 4, décembre 1941, p. 307-316.
  8. Catherine Auguste, Jean Bérain (1637-1711), un style.
  9. I.C. Weigel, Meubles et arabesques de Decker.
  10. Le terme est ici utilisé en tant que synonyme de « grotesque », sans aucune référence au monde arabe.
  11. (it) De Agostini, Le muse, Novara, 1964, Vol.II, p. 193-194.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Œuvre de Bérain, ornemaniste du roy, Vial, réédité en 2011, (ISBN 978-2-85101-161-9)
  • Désiré Guilmard, Les Maîtres ornemanistes, Plon, 1880.
  • Jérôme de La Gorce, Berain, dessinateur du Roi Soleil, Paris, Hersher, 1986.
  • Roger-Armand Weigert, Jean I Berain, dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi (1640-1711), Paris, Les Éditions d'art et d'histoire, 1936
  • Germain Bapst, Essai sur l'histoire du théâtre : la mise en scène, le décor, le costume, l'architecture, l'éclairage, l'hygiène, Paris, Hachette, 1893.
  • (it) De Agostini, Le muse, Novara, 1964, Vol.II, p. 193-194.

Liens externes[modifier | modifier le code]