Jean-François Graindorge

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Jean-François Graindorge
Jean-François Graindorge

Naissance
Saint-Pois (Manche)
Décès (à 40 ans)
Carquejo (Drapeau du Portugal Portugal)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de brigade
Années de service 1791-1810
Faits d'armes bataille de Buçaco
Distinctions Baron de l'Empire
commandeur de la Légion d'honneur
Hommages nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 38e colonne.

Jean-François Graindorge, né le à Saint-Pois (Manche), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entra au service le 20 septembre 1791 comme lieutenant à la formation du 1er bataillon des volontaires de l'Orne, devenu 37e demi-brigade d'infanterie de ligne, et fit les guerres de 1792 à 1793 à l'armée du Nord.

Le 11 juin 1792, dans une affaire qui eut lieu près de Grissole, en avant de Maubeuge, il fut blessé d'un coup de feu à la cuisse droite. Le 8 septembre 1793, à la bataille de Hondschoote, il s'empara d'une redoute placée sur la route et y reçut un coup de feu au travers du corps. Le 9 du même mois, à Bergues, il contribua à la prise des redoutes qui défendaient les approches de cette place, malgré l'inondation qui couvrait le terrain à plus d'un quart de lieue. Un grand nombre d'Anglais qui les défendaient furent pris ou tués, et toute leur artillerie tomba au pouvoir des Français. Le même jour, en entrant dans la ville, il reçut un nouveau coup de feu au travers du corps. Lors de la bataille de Neuwied, il fit toute la garnison prisonnière et s'empara de l'artillerie qui défendait cette position.

Nommé capitaine le 8 vendémiaire an II, il prit part aux opérations de l'armée de Sambre-et-Meuse pendant les ans II, III, IV et V, et reçut quatre coups de sabre dont trois sur la tête et un sur le bras gauche pendant le blocus de Charleroi. Le 19 fructidor an III, au passage du Rhin, il fut atteint d'un coup de feu au genou gauche. Le 14 messidor an IV, au nouveau passage de ce fleuve, à Neuwied, il entra le premier dans les redoutes ennemies, et fut nommé chef de bataillon sur le champ de bataille, par le général en chef Hoche. Cette nomination fut confirmée par arrêté du Directoire exécutif du 5 messidor an V.

Passé à l'armée d'Helvétie, il y fit la campagne de l'an VI et de an VII. Le 8 thermidor de cette dernière année, étant à Davol, dans les gorges de Lanquarte (pays des Grisons), il soutint pendant onze heures, avec 5 compagnies seulement, les efforts réitérés de 4 régiments autrichiens et de six compagnies du prince d'Orange. Il parvint non seulement à les arrêter mais encore à les forcer de se retirer après avoir essuyé des pertes considérables, et en laissant entre ses mains cent cinquante prisonniers. Le général en chef Masséna, témoin de la conduite du commandant Graindorge, le nomma chef de brigade sur le champ de bataille. Employé à l'armée du Rhin en l'an VIII et en l'an IX, il commandait l'avant-garde de cette armée, le 3 vendémiaire an VIII, au passage de la Limoth, où il enleva plusieurs bouches à feu et cinq drapeaux aux Russes.

Nommé une seconde fois chef de brigade à la suite de cette journée, il fut placé en cette qualité, le 16 brumaire suivant, à la tête de la 36e, devenue 36e régiment de ligne ; il fut confirmé dans son grade par arrêté du premier Consul du 29 vendémiaire an IX. Il tint garnison à Aix-la-Chapelle pendant les ans X et XI, et fut employé au camp de Saint-Omer pendant les ans XII et XIII.

Membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, et officier de l'Ordre le 25 prairial suivant, il fut nommé général de brigade le 12 pluviôse an XIII, et employé dans la 1re division le 11 ventôse, puis à la réserve d'infanterie, à Lille, le 29 floréal de la même année.

Commandant une brigade de la 2e division du 5e corps de la Grande Armée, pendant les campagnes de l'an XIV, il combattit à Dürenstein le 20 brumaire an XIV, à Saalfeld le 10 octobre 1806, à Iéna, où il fut blessé, le 14 du même mois, à Pułtusk le 26 décembre suivant, à Ostrovno et à Stanislasvowa les 3 et 15 février 1807. Le 16 du même mois, à Ostrołęka, Savary, général en chef du 5e corps de la Grande Armée, ordonna au général Graindorge, commandant les avant-postes de ce corps, d'attaquer la division russe qui avait pris position à Rossaga. Le général Graindorge commença l'attaque avec le 1er bataillon du 21e léger qu'il fit soutenir par le 2e bataillon et par le 100e régiment de ligne. Rien ne résista à l'impétuosité de ces troupes et de leur chef intrépide ; partout elles culbutèrent l'ennemi, le poursuivirent pendant deux lieues, lui tuèrent et blessèrent près de 2 000 hommes, firent des prisonniers, prirent 3 pièces de canon et un drapeau. Toute cette brigade se couvrit de gloire.

Employé au 1er corps d'observation de la Gironde le 15 octobre 1807, il passa au 8e corps de l'armée d'Espagne, le 17 novembre 1808, et servit depuis ce moment en Espagne et au Portugal. Créé baron de l'Empire en 1808, il fut fait commandeur de la Légion d'honneur, le 21 août 1807, en récompense de ses honorables services.

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 37e et 38e colonnes.

Il est grièvement blessé à la bataille de Buçaco (Portugal), le 27 septembre 1810, où il commande la 2e brigade de la 1re division du 2e corps[1]. Il mourut des suites de ses blessures le 1er octobre suivant, à Carquejo.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Pigeard, Dictionnaire de la Grande Armée, Tallandier, (ISBN 2-84734-009-2), p. 638

Source[modifier | modifier le code]