Fraise

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Une fraise.

La fraise est le fruit des fraisiers. Elle appartient au genre Fragaria, plante herbacée de la famille des Rosaceae.

Ce fruit est botaniquement parlant un faux-fruit puisqu'il s'agit en réalité d'un réceptacle charnu sur lequel sont disposés régulièrement des akènes dans des alvéoles plus ou moins profondes, la fraise étant donc un polyakène. Quelques fruits d'autres espèces sans rapport avec Fragaria, et par analogie de forme, portent le nom vernaculaire de fraise.

Historique[modifier | modifier le code]

Chili, terre des fraises à gros fruits.

En Europe et en Amérique du Nord, les fruits de l’espèce Fragaria vesca, le fraisier des bois, sont de petite taille. Connus depuis l'Antiquité, les Romains les consommaient et les utilisaient dans leurs produits cosmétiques en raison de leur odeur agréable. Elle est cultivée dans les jardins européens vers le XIVe siècle.

Le fraisier musqué est connu pour ses fruits petits d'une saveur musquée unique, que les connaisseurs donnent comme supérieur à la fraise des jardins. Il est cultivé depuis le XVIe siècle. Le premier cultivar connu du genre Fragaria appartient à cette espèce avec Le chapiron nommé en 1576.

Le fraisier vert a été très peu cultivé car ses fruits sont moins intéressants du fait de leur acidité plus forte que les espèces ci-dessus. Cependant il a fait l'objet de cueillettes pour la consommation personnelle.

Vers la fin du XVIe siècle l'explorateur Jacques Cartier rapporte du Canada en France des plants de (Fragaria virginiana Mill. subsp. virginiana). L'espèce intéresse assez par ses fruits parfumés pour être cultivée pour le commerce surtout en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Encore de nos jours, il existe une production industrielle faible mais suivie en Grande-Bretagne. C'est la première fraise à mûrir.

En 1714, l’officier du génie maritime Amédée-François Frézier rapporte en fraude du Chili cinq plants de Blanches du Chili, des fraisiers à gros fruits blancs cultivés là-bas depuis longtemps par les Amérindiens, le (Fragaria chiloensis subsp. chiloensis forma chiloensis Staudt). Ces fraisiers se révélèrent malheureusement être uniquement des plants mâles et ne donnèrent jamais de fruits. Quelques décennies plus tard, après importation de plants fertiles, la culture de blanches du Chili a été tentée en Grande-Bretagne (en 1824 trois variétés sont décrites) mais elle est peu résistante au froid et, sous le climat anglais, il est rarement possible de l'amener à fructifier et, même alors, il est difficile de la faire mûrir correctement.

Vers 1740, le botaniste Antoine Nicolas Duchesne observe que de beaux fruits sont obtenus lorsqu'un fraisier du Chili est cultivé près d'un fraisier de Virginie. Ce croisement spontané, qui se produit notamment en Bretagne, en Angleterre et aux Pays-Bas, est à l'origine d'un nouvel hybride qui associe la saveur de Fragaria virginiana et la grosseur du fruit de Fragaria chiloensis, et qui possède un parfum d'ananas à l'origine de son nom botanique : Fragaria ×ananassa Duch. C'est de cet hybride que provient l’essentiel des variétés de fraises à gros « fruits » que l’on cultive désormais.

C'est en Angleterre que seront en premier créées plusieurs variétés issues de cette hybridation, et qu'en sera développée la culture industrielle. L'Angleterre dominera longtemps le marché européen de la fraise, en concurrence avec Plougastel.

En 1740, la ville de Plougastel (limitrophe de Brest), déjà productrice de fraisier des bois, devient le premier lieu de production de cette nouvelle espèce dite « fraise de Plougastel »[réf. nécessaire]. Cette culture devient la spécialité de la commune, qui produira près du quart de la production française de fraises au début du XXe siècle.

Une variété légèrement plus petite sera développée dans le Sud de la France à partir de croisement avec des fraisiers nains méditerranéens, moins exigeants en eau, la « gariguette », variété de fraise la plus vendue en France et issue de travaux de l'Institut national de la recherche agronomique[1]. Elle a été mise au point par Georgette Risser, ingénieure à l'Inra, en 1976, dans le laboratoire de Montfavet[2].

Vers 1940, la Californie devient le premier producteur mondial de fraises.

En Belgique, la région de Wépion connaît un essor semblable dès la moitié du XXe siècle. L’activité se développa surtout dans l’entre-deux-guerres et atteindra son apogée dans les années 1950-1960. Leur réputation est telle que les fraises de Wépion sont commercialisées aux Halles de Paris, et ensuite sur le marché de Rungis qui leur succédera. Au début des années 1970, l’activité décline et ce n'est qu’à la fin des années 1990 qu’elle gagne en regain.

Le secteur se professionnalise et la Criée de Wépion devient la plate-forme de commercialisation d’un fruit cueilli à maturité, vendu via des circuits courts.

Description[modifier | modifier le code]

Les akènes, les véritables fruits du fraisier.
Jeunes plantules de fraisiers se développant à partir des akènes sur des fraises mures

Les fraises se développent à partir du réceptacle charnu des fleurs. Ce sont donc des faux fruits. De forme ovoïde oblongues plus ou moins arrondies, elles sont de couleur rouge ou jaune blanchâtre selon les variétés,

Au sens botanique du terme, les « vrais » fruits des fraisiers sont en fait les akènes, ces petits grains secs disposés régulièrement dans des alvéoles plus ou moins profondes sur les fraises. Ils sont de couleur verte à brune, et renferment chacun soit un ovule (non fécondé), soit une graine (ovule fécondé) qui contient elle même un germe.

Le corps charnu des fraises formé à partir du réceptacle floral (induvie hypertrophié sous l'effet des auxines) est consommée avec ou sans les akènes . Ce sont les akènes qui produisent une hormone permettant au faux-fruit de grossir[3].

Le poids des fraises et des akènes est lié au cultivar, mais aussi au mode de pollinisation. Les pollinisations croisées produisent des fraises et des akènes plus grosses que les autofécondations[4].

Les abeilles en butinant favorisent les pollinisations croisées, plus que l'action du vent ou que l'auto-pollinisation. Elles permettent d'obtenir des fruits plus gros et plus fermes[5].

Autres espèces appelées fraises[modifier | modifier le code]

  • Fraise de Chine : fruit de Myrica rubra souvent confondu avec ceux de l'arbousier;
  • Fraise d'Inde : fruit de Duchesnea indica, ressemblant à la fraise des bois comme d'autres fruits du genre Duchesnea, sans intérêt alimentaire.

Culture[modifier | modifier le code]

Plougastel-Daoulas, cueillette des fraises.

Variétés[modifier | modifier le code]

Fraise gariguette
Des fraises.

Parmi les nombreuses variétés existantes (plus de 600), on peut citer :

  • 89 98 1
  • Alba
  • Anabelle
  • Anaïs
  • Annapolis
  • Bogota
  • Candiss
  • Capella
  • Capriss
  • Chambly
  • Chandler
  • Charlotte
  • Ciflorette
  • Cigaline
  • Cijosée
  • Cirafine
  • Cirano
  • Cireine
  • Darselect
  • Diadème
  • Douglas
  • Elsanta
  • Festival
  • Fortuna
  • Gariguette
  • Gentonova
  • Honeoye
  • Jewel
  • Kent
  • Lambada
  • Machiroux
  • Majoral
  • Mamie
  • Manille
  • Mara des bois
  • Maraline
  • Marascor
  • Marjolaine
  • Matis
  • Mount Everest
  • Ostara
  • Ozark Beauty
  • Pajaro
  • Rabunda
  • Redcoat
  • Ruby Gem
  • Selva
  • Senga Sengana
  • Siabelle
  • Sparkle
  • Sweet Charlie
  • Vivarosa(fleur rose)
  • Valeta

Plus de 135 variétés sont inscrites au catalogue français des espèces et variétés[6].

Quelques caractéristiques de variétés remarquables[modifier | modifier le code]

  • gariguette : rouge vif, très brillante, forme allongée, aromatique, sucrée et acidulée ;
  • cirafine : rouge vif, très brillante, forme allongée, légèrement aromatique, sucrée et acidulée ;
  • cigaline : forme allongée, très brillante, aromatique, sucrée et acidulée ;
  • darselect : rouge brique à pourpre, brillance moyenne à forte, forme conique, longue ou courte, ferme et juteuse ;
  • elsanta : rouge orangé à rouge brique, brillance moyenne à forte, forme conique, moyennement acide, ferme ;
  • mara des bois : rouge vif, brillance moyenne à forte, forme irrégulière, moyennement acide, très parfumée, très aromatique ;
  • seascape : assez grosse, bonne brillance, arrondie, légèrement aromatique, sucrée.

Quelques améliorations variétales[modifier | modifier le code]

Arômes

Alors que les programmes de sélections mondiaux portent sur la forme, la couleur et la fermeté, les sélectionneurs français sont parmi les seuls à travailler sur l'arôme des fruits. Belrubi, Ciflorette, Gariguette, Mara des bois, en sont les références.

Des hybridations avec d'autres espèces principalement Fragaria moschata et vesca ont introduit de nouveaux arômes de fruits.

Fleurs roses

L'hybridation entre des espèces du groupe des Potentilles et des Fragaria, commercialisée pour la première fois en 1989, a permis l'obtention de fraisiers produisant des fruits de taille presque équivalente à Fragaria ×ananassa mais à fleurs roses : Camara, Fragoo, Lipstick, Loran, Pink panda, Red ruby, Rosalyne, Serenata, Tristan, Toscana, Vivarosa.

Fraisier de semis

Variétés F1 reproductible par semis : Elan, Karan, Loran [réf. nécessaire]

Niveaux de ploïdie différent

Des croisements avec Fragaria vesca polyploïde ont donné une nouvelle espèce Fragaria ×vescana à 70 chromosomes (2n=10x=70) produisant des fruits associant un arôme proche de F. vesca avec quasiment la grosseur de F. ×ananassa : Florika, Rebecka, Sara, Spadecka.

Nutrition

Mise au point au Québec en 1996 la fraise Authentique Orléans montre des effets positifs sur les symptômes associés au syndrome métabolique et au diabète de type 2 en régularisant le taux de sucre dans le sang et en réduisant l’inflammation. [réf. nécessaire]

Sa durée de conservation exceptionnelle allant jusqu’à 21 jours a attiré l'attention des obtenteurs sur ce cultivar. Des analyses ont montré sa teneur beaucoup plus élevée en antioxydants (principalement l'acide ellagique) que certaines autres variétés, principalement la Kent, qui servait de témoin lors de ces études.

Des tests in vitro et in vivo ont montré que des extraits d' Authentique Orléans améliore la régulation du glucose sanguin.[réf. nécessaire]

Production[modifier | modifier le code]

Période de production[modifier | modifier le code]

Fraises en vente sur le marché international de Rungis

Selon la variété, la saison de maturation des fraises s'étend de mai à septembre dans l'hémisphère Nord. Par des techniques de cultures artificialisées de types hors-sol, sous tunnel et chauffée, il est possible de produire des fraises en dehors de cette période (avril à novembre[7]).

En France, le pic d'importation des fraises a lieu entre les mois de mars et mai, où le prix se stabilise autour de 1 250 € la tonne[8].

En France[modifier | modifier le code]

La production française se concentre en Aquitaine (52 % de la production), Rhône-Alpes (18 %), Val de Loire (10 %), Provence (9 %), Midi-Pyrénées (8 %) et Bretagne (3 %)[9]. 90 % des ventes sont réalisées par une dizaine de variétés (essentiellement Gariguette[10], Darselect et Elsanta). La fraisiculture française, encore au 5e rang en Europe en 2005[11], décline depuis les années 1980. Produit fragile qui nécessite une main d'œuvre importante pour sa cueillette, les fraisiculteurs français sont concurrencés par des fraises issues de pays au coût de main d'œuvre moins élevé.

La filière mise sur les labels : IGP pour la Fraise du périgord[12] ou la fraise de Nîmes[13], label rouge pour la Fraise du Lot et Garonne[14], marque collective Fraise de France depuis 1998 (40 % de la production française). Le logo « Fraise de France » apposé sur les barquettes garantit notamment une agriculture raisonnée et une traçabilité.

En Espagne[modifier | modifier le code]

La culture industrielle des fraises qui s'est notamment développée en Espagne fait l'objet de critiques quant à la non-durabilité et au dumping social[15].

Depuis les années 1980, la production espagnole s'est accrue. Sur les 330 000 tonnes récoltées en 2006, un quart (83 000 tonnes) a été exporté vers la France (dont les importations de fraises proviennent à 78 % de l'Espagne et à 15 % du Maroc)[16]. Ces fraises espagnoles sont essentiellement achetées à bas prix par les grandes surfaces qui les revendent aux consommateurs dont la consommation annuelle totale est d'environ 130 000 tonnes[15].

95 % des fraises d’Espagne sont produites sur une zone de 5 000 hectares et en partie illégalement (mais de manière tolérée par le gouvernement) jusqu'à l'intérieur du Parc national de Doñana. Des ONG locales et mondiales (WWF) dénoncent un usage croissant et massif de produits chimiques pour la désinfection du sol des cultures faites sur sable (drainant) et sous plastique, avec une consommation massive d’eau d’irrigation issue de forages plus ou moins légaux (50 % ne sont pas déclarés) sur des terrains pour partie (40 % en 2007) illégalement occupés, dont plus de 100 ha sont situés en pleine zone protégée.[réf. souhaitée] L’irrigation est telle qu’elle a fait disparaitre 50 % environ de l’alimentation du marais. La monoculture épuisant les sols et y favorisant la pullulation de parasite de la fraise, chaque automne, la terre sablonneuse est stérilisée pour y détruire toute microfaune, avec du bromure de méthyle (poison, gaz à effet de serre, et détruisant la couche d’ozone, interdit en 2005, dernière limite par le protocole de Montréal de 1987) et de la chloropicrine (poison dangereux qui a été utilisé comme arme chimique)[15].

La main d’œuvre (marocains et saisonniers sans-papiers, sous-payés et mal logés, ne bénéficiant ni de la sécurité sociale ni d’un suivi médical). [réf. souhaitée] Les kilomètres de bâche plastique (cinq mille tonnes par an) dont le plastique noir couvre-sol, contaminés par les pesticides, sont enterrées ou brûlées à l’air libre. De plus, 2 000 hectares ont été déboisés pour étendre les cultures de fraises[15].

Le WWF France a demandé aux supermarchés de vérifier que leurs fournisseurs cultivaient légalement les fraises en respectant un cahier des charges rigoureux en matière d’impact environnemental.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Production mondiale annuelle de fraises, en tonnes par pays
Pays 2004 2005
Drapeau des États-Unis États-Unis 1 004 160 28 % 1 053 280 28 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 334 892 9 % 320 853 9 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 202 500 6 % 200 000 5 %
Drapeau du Japon Japon 198 200 5 % 200 000 5 %
Drapeau de la Pologne Pologne 185 583 5 % 180 000 5 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 119 384 3 % 146 500 4 %
Drapeau de la Russie Russie 106 100 3 % 106 100 3 %
Drapeau de la France France 53 457 2 % 50 823 1 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 47 900 1 % 48 000 1 %
Drapeau de la Belgique Belgique 44 000 1 % 40 000 1 %
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 36 400 1 % 38 000 1 %
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 36 500 1 % 36 000 1 %
Autres pays 1 282 020 35 % 1 359 546 36 %
Total 3 651 096 100 % 3 779 102 100 %
Production mondiale annuelle de fraises, en tonnes par pays
Pays 2010
Drapeau des États-Unis États-Unis 1 294 180 28 %
Drapeau de la Turquie Turquie 300 940 7 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 275 300 6 %
Drapeau de l'Égypte Égypte 238 432 5 %
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 231 803 5 %
Drapeau du Mexique Mexique 226 657 5 %
Drapeau du Japon Japon 177 500 4 %
Drapeau de la Pologne Pologne 176 748 4 %
Drapeau de la Russie Russie 165 000 4 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 156 911 4 %
Drapeau de l'Italie Italie 153 875 4 %
Drapeau du Maroc Maroc 140 600 3 %
Autres pays 819 888 19 %
Total 4 356 834 100 %
Données de FAOSTAT (FAO)
Base de données de la FAO (dernier accès le 28 août 2012)

L'Europe est le premier producteur (1,5 million de tonnes en 2005 devant les États-Unis avec ses 1 million de tonnes).

Fraises bénéficiant d’un Signe d'identification de la Qualité et de l'Origine (SIQO)[modifier | modifier le code]

Aquarelle d'un plant de fraises de 1890 par Deborah Griscom Passmore.

L’Union européenne a accordé l’IGP à la fraise du Périgord (France) en 2004 et à la fraise de Cachoubie (Pologne) en 2009.

L’État français, par le biais de l'Institut national de l'origine et de la qualité a accordé le Label Rouge à l'Association Interprofessionnelle de la Fraise du Lot-et-Garonne (AIFLG) pour les variétés Gariguette et Ciflorette en 2009, puis la variété Charlotte en 2011[17].

La fraise du Périgord IGP (indication géographique protégée)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fraise du Périgord.

La fraise apparait en Périgord vers 1895, on la trouve alors dans la région de Saint-Estèphe où elle pousse « naturellement » et sur Église-Neuve-de-Vergt où elle a été introduite par des immigrés bretons après la guerre de 1914-1918. Elle était, à l’époque, cultivée entre les rangs de vigne. Il s'agissait de gros fruits de variétés disparues. Sa culture se développe peu après la Seconde Guerre mondiale de manière plus « massive ».

La zone de production de la fraise du Périgord est caractérisée par un sol argilo-silicieux. L'IGP délimite les parcelles cultivables, qui doivent posséder un sol bien exposé et non inondable. Les productions se situent sur les coteaux, entre 100 et 300 m d'altitude.

Seules sept variétés de fraises sont admises à l'IGP[18] : gariguette, cirafine, cigaline, darselect, elsanta, mara des bois, seascape.

La fraise de Cachoubie IGP (Indication Géographique Protégée)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fraise de Cachoubie.

L’Union européenne a enregistré l’IGP (indication géographique protégée) « truskawka kaszubska » ou « kaszëbskô malëna » (« fraise de Cachoubie » en polonais et en langue cachoube) le . La spécificité de la fraise de Cachoubie tient en particulier à son arôme et à son parfum très prononcés, exceptionnels et intenses. Son goût est plus sucré que les fraises provenant d’autres régions.

La Fraise Label Rouge[modifier | modifier le code]

Gariguettes Label Rouge litées dans des barquettes de 250 g

En France, la fraise est notamment produite en Lot-et-Garonne, en région Aquitaine où depuis 2011 trois cultivars bénéficient du Label Rouge : la Gariguette (connue pour son goût sucré-acidulé), la Ciflorette (connue pour sa douceur) et la Charlotte (caractérisée par sa saveur de fraise des bois)[19].

Conservation[modifier | modifier le code]

Certaines fraises étant cultivées de manière industrielle et dans de mauvaises conditions peuvent encore contenir des résidus de pesticides mais ceux-ci ne sont tout de même pas employés sur les fraises après récolte.

La fraise est un fruit très périssable. Par conséquent, après la récolte, le refroidissement immédiat, le stockage à °C (°C), la prévention des dommages physiques aux fruits, et le transport avec des doses élevées de dioxyde de carbone sont des méthodes employées par les fraisiculteurs pour contrôler les maladies. En outre, il faut prendre soin d’éliminer les fruits malades ou blessés lors de la récolte pour éviter qu’ils ne contaminent les fruits sains voisins[20].

La méthode conservant l'intégrité nutritionnelle d'une fraise restera toujours la consommation immédiate après la récolte.

Valeur nutritive[modifier | modifier le code]

La fraise regorge de vitamine C (antioxydants), de vitamine A (sous forme de précurseur, le β-carotène, mais pas de rétinol qui doit être synthétisé) pour stimuler les défenses immunitaires, de vitamine B9 (acide folique), important pour les femmes enceintes.[réf. nécessaire]

Elle est riche en oligo-éléments, sous forme de sels de potassium pour le système nerveux et contre la fixation excessive du sodium, de calcium pour les os, et du magnésium contre le stress.[réf. nécessaire] Elle contient également du furanéol (l’alcool aromatique qui lui donne son parfum et son goût).

Des allergies alimentaires sont fréquemment attribuées aux fraises. Si la fraise peut provoquer des réactions parfois impressionnantes, l'on ne peut parler d'allergie vraie (car non-médié par des IgE), cette réaction étant non spécifique[21]. Toutefois, chez l'enfant, il est recommandé de retarder l'introduction de ce fruit dans l'alimentation après 6 mois pour prévenir une réaction à ce fruit.

Fraise crue (valeur nutritive pour 100 g)
eau 88,95 g
glucides 7,68 g
dont sucres simples 4,66 g
fibres alimentaires 2,0 g
protéines 0,67 g
lipides 0,30 g
cendres totales 0,40 g
valeur énergétique 32 kcal
acides gras
poly-insaturés 155 mg
mono-insaturés 43 mg
saturés 15 mg
dont cholestérols 0 mg
oligo-éléments
potassium (K) 153 mg
phosphore (P) 24 mg
sodium (Na) 1 mg
zinc (Zn) 140 µg
calcium (Ca) 16 à 40 mg
magnésium (Mg) 13 à 15 mg
fer (Fe) 420 µg
cuivre (Cu) 48 µg
vitamines
vitamine C 58,8 mg
vitamine B3 (PP) 386 µg
vitamine B5 125 µg
vitamine B9 (M) 60 µg
vitamine B6 47 µg
vitamine B1 24 µg
vitamine B2 22 µg
vitamine K 2,2 µg
vitamine E 0,29 µg
vitamine A 12 UI
dont rétinol 0 µg
vitamine B12 0 µg

Utilisation[modifier | modifier le code]

Des fraises au chocolat.

Les fraises sont consommées le plus souvent :

Les desserts haut de gamme, demandant une somme de travail plus importante, ne se trouvent guère que chez les petits producteurs de fraises tournés vers les marchés de niche. Ceux ci proposent parfois en vente directe leur production transformée par leur soin (sorbets, confitures tartes…). Quelques pâtissiers, glaciers et confiseurs, proches d'une ferme de ce genre ou fréquenté par une clientèle avertie et demandeuse de qualité, élaborent ces types de produits.

Pour le milieu de gamme, des arômes naturels et des fraises d'agriculture intensive sont généralement utilisés.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

  • Le conservatoire de la fraise est situé au château du Moulin à Lassay-sur-Croisne en Sologne.
  • Plougastel héberge depuis 1997, le « Musée de la Fraise et du Patrimoine ».
  • Wépion héberge également un musée de la Fraise.
  • La plus ancienne fête des fraises d'Europe (1925) se déroule à Bièvres dans l'Essonne, à une quinzaine de kilomètres de Paris, tous les ans, au mois de juin. La culture de la fraise débuta dans la commune en 1883.
  • La fête annuelle de la fraise du Périgord a lieu à Vergt le troisième dimanche du mois de mai.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 11e jour du mois de Prairial, est officiellement dénommé jour de la Fraise[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de… La Fraise Gariguette, ton goût me fait tourner la tête
  2. Marie Piquemal, « Sans ramener sa fraise », Libération, 6 juillet 2015, p. 30
  3. G. Risser, J.C. Navatel, La fraise : plants et variétés, éditions CTIFL, 1997
  4. Colbert, S., & Oliveira, D. D. (1992), Pollinisation croisée et production de quatre cultivars de fraisier, Fragaria× ananassa. Canadian Journal of Plant Science, 72(3), 857-861 (résumé)
  5. Plus grosses et plus fermes, les fraises profitent de la pollinisation par les abeilles, Sciences et Avenir, 5 décembre 2013
  6. Catalogue français des espèces et variétés consultable sur le site du Gnis
  7. Calendrier Fruits et Légumes : Fraise
  8. « Volume et saisonnalité des matières premières (exemple de la fraise) », sur CommoPrices,‎
  9. Fraise de nos terroirs, Bilan de campagne 2003. Séminaire du 5 novembre 2003
  10. La sélection végétale actuelle tend à remplacer la Gariguette, au rendement faible, par des variétés aussi goûteuses et au rendement plus élevé : Ciflorette, Cireine, Gigaline
  11. Données de FAOSTAT
  12. Fiche Fraise du Périgord de l'INAO
  13. Legifrance ; JORF no 0145 du 23 juin 2012 page 10349 texte no 27 Arrêté du 15 juin 2012 portant homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Fraises de Nîmes » NOR: AGRT1210193A
  14. Fiche Label rouge de l'INAO
  15. a, b, c et d Claude-Marie Vadrot, Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique, Politis, 27 avril 2008
  16. selon la douane et Interfel
  17. La fraise, sa production, les variétés , les recettes - Fraise Label Rouge
  18. [1]
  19. LibreSens, « Varietes de fraises - Fraise Label Rouge », sur www.fraiselabelrouge.fr (consulté le 26 septembre 2016)
  20. http://postharvest.ucdavis.edu/Produce/ProduceFacts/Francais/fraise.shtml
  21. « Fausses Allergies Alimentaires | Allergienet.com », sur www.allergienet.com (consulté le 6 mai 2016)
  22. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 27.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire naturelle des fraisiers contenant les vues d'économie réunies à la botanique et suivie de remarques particulières sur plusieurs points qui ont rapport à l'histoire naturelle générale par Antoine Nicolas Duchesne (Didot jeune, Paris, 1766).
  • Les dessins d'Antoine Nicolas Duchesne pour son Histoire naturelle des fraisiers par les Publications Scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2003.