Jawad Bendaoud

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Jawad Bendaoud
Information
Naissance (33 ans)
Épinay-sur-Seine, Seine-Saint-Denis, France
Nationalité Français
Surnom Le Logeur de Saint-Denis, Le Logeur de Daech, Century 21[1], Stéphane Plaza[2],[3]
Sexe Masculin
Condamnation Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner (jugé en 2008), multiples autres condamnations pour faits de délinquance (jugés en 2014-2015), allégation de menace de mort (25 avril 2018)
Sentence 8 ans ferme, petites peines de prison pour faits de délinquance
Actions criminelles Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, violences aggravées, détention d'armes, marchand de sommeil (complice), trafic de drogue, allégation de menace de mort, faux et usage de faux
Affaires Attentats du 13 novembre (relaxé en 1re instance)
Victimes 1 (David)[4]
Période 26 décembre 2006-18 novembre 2015
Pays France
Régions Île-de-France
Arrestation 26 décembre 2006 (de lui-même, suite à un homicide), 2014-2015 (multiples faits de délinquances), 18 novembre 2015 (suite aux attentats du 13 novembre), 24 avril 2018 (suite à une allégation de menace de mort)
Avocat Xavier Nogueras[5] et Marie-Pompéi Cullin[6]

Jawad Bendaoud, né le à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), est un criminel français. Il est connu pour avoir hébergé, « sans le savoir » selon lui, dans un appartement de Saint-Denis, à la demande d'Hasna Aït Boulahcen[7], les deux derniers terroristes en fuite à l'origine des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, raison pour laquelle il a été surnommé parfois « le logeur de Daech ». C'est dans ce même logement qu'a eu lieu l'opération policière durant laquelle ont péri les derniers terroristes ayant commis ces attentats.

Ses déclarations au moment de son arrestation en direct ont fait de lui un mème. Néanmoins, il n'a pas été reconnu coupable de complicité dans l'affaire des attentats du 13-Novembre et a été relaxé en première instance. Il est jugé en appel en mars 2019, écopant finalement de quatre ans de prison.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jawad Bendaoud est né le [8] à Épinay-sur-Seine[8], dans un milieu modeste, au sein d’une famille de cinq enfants d’origine marocaine d'Agadir. En 2006, au cours d'une rixe au sujet de la disparition d'un portable, il tue avec un couperet son meilleur ami qui s'était interposé entre les protagonistes[9]. Il se rend le soir même aux policiers. Lors de son procès, en 2008, il assure que le coup porté à son ami était involontaire[10]. En 2008, il est condamné à huit ans de prison par la Cour d'assises de Seine-Saint-Denis pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner[11].

Libéré après six années de détention en 2013, il devient le « caïd » de la rue du Corbillon à Saint-Denis. Des riverains excédés par ses menaces verbales auraient déposé une main courante contre lui[12]. En 2014 et 2015, il est condamné 13 fois à des peines de prison notamment pour infraction à la législation sur les stupéfiants, détention d'armes aggravée en réunion, faux et usage de faux, conduite en état d'ivresse, violences conjugales, ou encore violences aggravées en réunion[13].

Au moment des attentats de novembre 2015, Bendaoud travaille comme « homme de main » pour le compte de trois frères marchands de sommeil, qui possèdent plusieurs appartements en Seine-Saint-Denis[12]. Interdits de location, les trois hommes ont recours à des intermédiaires pour gérer leurs biens. Ils emploient ainsi Bendaoud pour sélectionner des locataires, récupérer les loyers en espèces et expulser les mauvais payeurs. C'est dans un de ces logements, situé 48 rue du Corbillon que Bendaoud accepte d'héberger Abaaoud et ses complices, après les attentats du 13 novembre[13]. Le 13 juin 2018 il se fait interner en psychiatrie pour une crise de démence après avoir dégradé le domicile de ses parents[14]. Le même mois, il invite chez lui l'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron, Makao[15], qui sera contraint d'arrêter toute mission avec l’Élysée sur ordre d'Alexandre Benalla[16],[17].

En octobre 2018, il livre son premier long entretien exclusif, dans lequel il raconte tout, sur plus de trente pages, à la revue littéraire Adieu, fondée par David et Julien Vesper[18].

« Logeur » des djihadistes du 13 novembre 2015[modifier | modifier le code]

Après l'opération policière du 18 novembre 2015, au cours de laquelle les trois terroristes sont tués, Jawad Bendaoud est appréhendé par la police. Pendant son arrestation, il est brièvement interviewé par un journaliste de la chaîne BFM TV, auquel il affirme : « J’étais pas au courant que c’était des terroristes (...) On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, Monsieur. On m’a demandé d’héberger deux personnes pendant trois jours, j’ai rendu service tout simplement. Je ne sais pas d’où ils viennent, on est au courant de rien, Monsieur ». Il est emmené quelques instants plus tard par les policiers. La vidéo de ses réponses aux journalistes suscite de très nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. Surnommé le « logeur de Daech », il devient même, dans les jours qui suivent, un phénomène Internet, jusqu'à faire figure de « bouffon » servant d'exutoire à une opinion publique choquée[19].

Procès[modifier | modifier le code]


Jawad Bendaoud est ensuite mis en examen pour « recel de malfaiteurs terroristes », son procès s'ouvre le devant la XVIe chambre du Tribunal correctionnel de Paris. Il comparaît en même temps que Mohamed Soumah, l'un de ses complices habituels, et Youssef Aït Boulahcen, le frère d'Hasna Aït-Boulahcen. Pendant les audiences, Bendaoud se fait remarquer par son comportement fantasque et ses nombreuses déclarations qualifiées de surréalistes[20].

Il est relaxé, le 14 février, des faits qui lui étaient reprochés — le tribunal estimant qu'il n'est pas prouvé que l'homme a « fourni un hébergement à des terroristes en vue de les soustraire aux recherches »[21]. Le parquet, qui avait requis 4 ans de prison contre Jawad Bendaoud, fait aussitôt appel du jugement[22],[23].

Alors que son procès en appel doit se tenir le , il est placé en garde à vue le pour avoir proféré des menaces de mort sur son ex-compagne, en vue d'une comparution immédiate au tribunal de Bobigny le [24]. Jawad explique ces menaces par le fait que son ex-compagne lui avait envoyé des vidéos la montrant lors d'ébats amoureux avec un autre homme[25]. Les menaces qui lui sont reprochées remontent à fin mars et ont été faites « à distance » par « textos et appels ». Le parquet requiert dix mois de prison dont quatre avec sursis et mandat de dépôt, et le tribunal le condamne à six mois de sursis avec mise à l’épreuve, obligation de soins, de travail ou de se former[26].

Le 4 juillet 2018, il est à nouveau placé en garde à vue au commissariat de Saint-Denis (93) pour des faits d'outrage et rébellion commis à l'encontre de fonctionnaires de Police. Jawad Bendaoud aurait insulté des policiers tout en filmant la scène avec son téléphone. Lors de cette arrestation, il aurait encouragé à le libérer des personnes présentes à proximité. Il a également été trouvé porteur de quelques grammes de cannabis.

Lors de son procès en appel, il continue de nier violemment les accusations, jusqu'à faire suspendre l'audience[27]. Sa ligne de défense ne bouge pas : il dit qu'il avait des doutes sur ceux qu'il logeait, imaginant par exemple qu'ils étaient des voyous, mais pas des terroristes. Il affirme que son père lui avait dit après l'attentat que tous les terroristes étaient morts, et qu'ensuite il n'a pas regardé les journaux télévisés étant « défoncé » pendant plusieurs jours à la cocaïne et au cannabis[28].

Le , Jawad Bendaoud est condamné à 4 ans d'emprisonnement par la cour d'appel de Paris pour avoir logé deux terroristes, Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, après les attentats du 13 novembre 2015[29]. La cour estime qu'il n'est pas crédible que Jawad Bendaoud « alors que la France était en proie au pire attentat de son histoire contemporaine (…) se soit abstenu de voir les informations du samedi 14 au mardi 17 [novembre] et n’ait pas vu (…) les photographies d’Abdelhamid Abaaoud présenté comme l’organisateur des attentats »[30]. Jawad Bendaoud se pourvoit en cassation[31].

Le 27 août 2019, il est condamné à six mois d'emprisonnement ferme pour avoir menacé de mort un surveillant lors de son transfert de la prison de Villepinte à celle de Beauvais en juin 2017[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comment quarante secondes d'interview à BFMTV ont ruiné la vie de Jawad Bendaoud, 20 Minutes
  2. L'express 01/06/2017 "Les policiers m'ont appelé Century 21 et Stéphane Plaza"
  3. Le Figaro 21 janvier 2018 Comment Jawad Bendaoud devint la risée des réseaux sociaux
  4. http://www.leparisien.fr/bobigny-93000/j-etais-son-meilleur-ami-je-n-ai-jamais-voulu-le-tuer-05-11-2008-299909.php
  5. https://www.huffingtonpost.fr/2018/02/14/lavocat-de-jawad-bendaoud-fait-le-bilan-au-huffpost-de-ce-proces-unique_a_23361424/
  6. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/01/24/01016-20180124ARTFIG00037-comment-jawad-bendaoud-devint-la-risee-des-reseaux-sociaux.php
  7. Il s'agit de la cousine d'un des terroristes hébergé : Abaaoud
  8. a et b Aurélie Sarrot, « Jawad Bendaoud : le procès très attendu du logeur de terroristes s'ouvre à Paris », sur LCI, publié le et mis à jour le .
  9. « Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes, "se doutait" de ce qu'il faisait mais "voulait de l'argent" », sur Les Inrocks (consulté le 2 mars 2018)
  10. « J'étais son meilleur ami, je n'ai jamais voulu le tuer », Le Parisien, (consulté le 25 décembre 2015).
  11. « EN DIRECT - Bilan de l'assaut à Saint-Denis: deux morts et sept interpellations », sur Le Figaro (consulté le 18 novembre 2015).
  12. a et b Marie-Estelle Pech et Paule Gonzalès, « Le casier judiciaire chargé de Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Paul Louis, « Le parcours sulfureux de Jawad Bendaoud, « caïd » de Saint-Denis devenu «logeur de terroristes» », Le Figaro, .
  14. « Jawad Bendaoud interné après une crise de démence », sur FIGARO, (consulté le 21 juin 2018)
  15. « Est-ce bien Makao, ex-garde du corps d’Emmanuel Macron, que l'on voit dans une vidéo en compagnie de Jawad Bendaoud ? », Libération.fr (consulté le 29 août 2018)
  16. « Makao, l'autre garde du corps de Macron », Society,‎
  17. Closermag.fr, « Quand Brigitte Macron envoyait des SMS à Makao, l'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron », Closermag.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  18. « ADIEU | REVUE LITTÉRAIRE », sur revueadieu.fr (consulté le 19 novembre 2018)
  19. Jawad, "le logeur de Daech" : un "bouffon médiatique" face à la justice , France Inter, 23 janvier 2018
  20. Procès de Jawad Bendaoud : les neuf moments les plus surréalistes de son interrogatoire, France Télévisions, 29 janvier 2018
  21. « Relaxe pour Jawad Bendaoud qui avait logé des jihadistes du 13 Novembre », sur liberation.fr/,
  22. Pascale Egré, « Pourquoi Jawad Bendaoud a été innocenté », sur leparisien.fr/,
  23. « Jawad Bendaoud relaxé : 4 éléments pour comprendre le jugement », sur lemonde.fr,
  24. Aziz Zemouri, « Jawad Bendaoud en garde à vue : son ex-compagne a porté plainte », lepoint.fr, (consulté le 24 avril 2018)
  25. « Jawad Bendaoud condamné à 6 mois avec sursis pour des menaces sur son ex-compagne », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2018)
  26. « Jawad Bendaoud condamné à six mois avec sursis pour menaces de mort sur son ex-compagne », 20minutes.fr, (consulté le 25 avril 2018)
  27. « «Le logeur de Daech» au bord de la crise de nerfs lors de son procès en appel », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 novembre 2018)
  28. « «Le logeur de Daech» au bord de la crise de nerfs lors de son procès en appel », sur ladepeche.fr, (consulté le 2 avril 2019)
  29. « Attentats du 13-Novembre : Jawad Bendaoud condamné à quatre ans de prison ferme par la cour d'appel de Paris pour avoir hébergé deux terroristes », sur Franceinfo, (consulté le 29 mars 2019)
  30. « Attentats du 13-Novembre : Jawad Bendaoud condamné à quatre ans de prison en appel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2019)
  31. Marc Taubert avec Aude Blacher, « Attentats du 13-Novembre : Jawad Bendaoud se pourvoit en cassation », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 avril 2019)
  32. Agence France-Presse, « Jawad Bendaoud, le “logeur du 13-novembre“, condamné pour ”menaces de mort sur un surveillant” », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 28 août 2019)

Lien externe[modifier | modifier le code]