Institut Notre-Dame de Vie

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Institut Notre-Dame de Vie
Venasque - Institut Notre-Dame-de-Vie - 1.jpg
Histoire
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Prêtres de l'Institut.

L'Institut Notre-Dame de Vie est un institut séculier de l'Église catholique fondé par le Bienheureux père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus dans les années 1930 et situé à Venasque.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La chapelle Notre-Dame-de-Vie.

En 1929, quelques jeunes femmes, dont Marie Pila (1896-1974)[1], dirigeant un établissement scolaire de Marseille, rencontrent le P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus[2],[3], carme, qui résidait alors au couvent de Tarascon. Elles sont à la recherche d'un chemin de consécration de leur vie. Le Père Marie-Eugène accompagne leur cheminement et leur enseigne la vie d'oraison selon les saints du Carmel. Tout en gardant leur engagement professionnel, ces jeunes femmes prennent possession en 1932 de la maison de Notre-Dame de Vie, ancien sanctuaire marial situé à Venasque dans le Vaucluse, pour aller régulièrement y faire l'expérience du désert et de la recherche de Dieu. Cette petite communauté féminine naissante est encouragée en 1932 par l'archevêque d'Avignon, Mgr de Llobet. Le groupe est approuvé le , en tant que fraternité à l'intérieur du Tiers-Ordre du Carmel, puis devient "pieuse union" et est agrégé en 1947 à l'Ordre des Carmes déchaux. En 1948, il prend la forme canonique d'institut séculier, nouvelle forme de vie consacrée crée par Pie XII quelques mois plus tôt[4]. Il reçoit l'approbation pontificale le .

Développement[modifier | modifier le code]

En 1954, quelques membres partent pour les Philippines, puis l'Institut essaime en Allemagne, au Mexique, au Canada, et dans divers pays, au fil des arrivées de jeunes membres issus de ces pays ou d'appels des églises locales.

Une branche masculine laïque, les Fils de Notre Dame de Vie[5], issue d'un groupe d'éducateurs bordelais qui rencontrèrent pour la première fois le P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus en 1947, sera finalement fondée par l'engagement des premiers membres en 1962. Ses membres sont en 2020 au nombre d'environ trente-cinq, présents dans différents pays.

Une branche sacerdotale, les prêtres de Notre Dame de Vie[6], formée principalement de prêtres diocésains, est fondée en 1964. En 2020, elle compte environ 120 membres dans 15 pays.

Le 21 novembre 1973, l'Eglise reconnait l'Institut Notre Dame de Vie comme un seul Institut séculier de droit pontifical constitué de trois branches autonomes : une branche masculine laïque, une branche féminine laïque et une branche sacerdotale.

Les membres sont actuellement un peu plus de 500, dont un peu plus de 100 prêtres[7]. Ils sont présents dans les pays suivants: France, Philippines, Belgique, Allemagne, Espagne, Italie, Lettonie, Pologne, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse, Canada, États-Unis, Mexique, Brésil, Japon et Taïwan.

Famille spirituelle[modifier | modifier le code]

L'Institut Notre-Dame de Vie comprend des membres consacrés : prêtres, laïcs hommes, laïcs femmes. A la famille spirituelle de Notre Dame de Vie appartiennent également des Foyers[8] et des membres associés.

Charisme[modifier | modifier le code]

La spiritualité de l'institut est celle du Carmel, né au désert et se rattachant à la figure biblique du prophète Elie[9].

La mission de l'Institut est de témoigner du Dieu Vivant et des chemins de l'amitié avec Dieu dans tous les lieux et milieux où les membres vivent et travaillent.

Les membres de Notre-Dame de Vie recherchent l'union à Dieu par une vie de prière intense, en particulier par l'oraison quotidienne et des temps de ressourcement dans une des maisons de l'Institut qui constituent leurs maisons de famille.

Les membres laïcs travaillent dans les professions les plus diverses dans différents secteurs de la vie économique et sociale. La plupart des prêtres sont diocésains et exercent un ministère paroissial ; certains prêtres sont au service plus direct de l'Institut.

Les membres ne portent pas de signe distinctif. Ils vivent seuls ou en petit groupe.

Formation[modifier | modifier le code]

La formation, qui nécessite une interruption de la vie professionnelle de deux ans, se fait à Venasque, au Mexique ou aux Philippines, selon le pays d'origine des jeunes qui entrent. A l'issue du temps de formation initiale, les membres se consacrent à Dieu et prononcent les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, d'abord temporairement, puis définitivement.

Après les deux ans de formation initiale, la formation se poursuit dans les conditions ordinaires de la vie professionnelle ou sacerdotale.

Le sanctuaire de Notre-Dame de Vie[modifier | modifier le code]

L'Institut Notre-Dame de Vie est ainsi appelé parce qu'il est né auprès de l'ancien sanctuaire de Notre-Dame de Vie, au pied du village de Venasque, dans le Comtat Venaissin. La tradition fait mention en ce lieu d'une église dédiée à la Mère de Dieu édifiée au VIe siècle par Saint Siffrein, moine de l'abbaye de Lérins devenu évêque de Carpentras et Venasque[10].

Au Moyen-Age, l'église est connue sous le nom de "Sancta Maria de Vico".

En 1613, les religieux Minimes, disciples de Saint François de Paule, s'installent dans le sanctuaire rebâti pour animer ce lieu de pélerinage. Le nom de l'église devient "Nostra Domina de Vita". On confie à la Vierge Marie en ce lieu en particulier la vie des petits enfants.

A la Révolution française, les moines sont chassés et le couvent de Notre-Dame de Vie est vendu aux enchères. La propriété est rachetée dès le début du XIXème siècle par le curé de Saint Didier et Venasque, l'abbé Morel, qui redonne vie au lieu de pèlerinage[11].

En 1929, une dame membre du Tiers-Ordre du Carmel rachète la propriété, pensant que le climat sera bienfaisant à sa petite fille atteinte de tuberculose. Celle-ci meurt cependant et la propriété est proposée au Père Marie-Eugène pour une œuvre du Carmel. C'est ainsi que le petit groupe naissant qui deviendra l'Institut Notre-Dame de Vie s'y installe à l'été 1932.

Lieux de diffusion[modifier | modifier le code]

Centres spirituels et écoles d'oraison[modifier | modifier le code]

Si le lieu premier du témoignage est l'engagement professionnel ou le ministère ordinaire, l'Institut Notre Dame de Vie anime aussi des centres spirituels[12] dans lesquels ceux qui le souhaitent peuvent venir se ressourcer et se mettre à l'école de la spiritualité du Carmel, des écoles d'oraison, et activités pour jeunes[13].

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Vie assume également la tutelle de quelques établissements scolaires, en France et à l'étranger[14].

Le Studium de Notre-Dame de Vie[modifier | modifier le code]

L'institut dirige le Studium de Notre-Dame de Vie situé à Saint Didier (Vaucluse) et destiné à la formation théologique de laïcs (consacrés ou non), de séminaristes et de prêtres. Le Studium, agrégé à la Faculté Pontifical du Teresianum à Rome, est habilité à décerner le baccalauréat et la licence canoniques de théologie (équivalents à la licence et la maîtrise)[15].

Catéchèse[modifier | modifier le code]

Depuis l'origine de l'Institut, certains membres de Notre-Dame de Vie sont engagés dans l'éducation, avec le souci de transmettre la foi et de permettre aux enfants, même tous petits, de découvrir l'intimité avec Dieu, déploiement du don de leur baptême. De cette expérience sont nés des ouvrages et parcours de catéchèse : la collection "La vie spirituelle des enfants"[16] aux éditions du Micocoulier, puis la collection "Viens, suis-moi" aux éditions du Jubilé[17], ainsi que des parcours de préparation au baptême pour enfants et adultes et à la première communion[18],[19].

Des sessions de formation sont organisées régulièrement en France et à l'étranger.

Aux Philippines, le Centre Mother of Life forme de jeunes catéchistes professionnels ou volontaires, pour une mission dans ce pays et dans d'autres pays d'Asie.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Abus sexuels[modifier | modifier le code]

Le , le prêtre Alain Bonjour de l'Institut Notre-Dame de Vie est mis en examen pour des faits graves d’abus sexuels sur mineure, commis en 2006 alors qu'il travaillait au sein de Sanctuaire de Lisieux dans le Calvados auprès de la pastorale des jeunes. Selon l'Institut, il n'exerce plus son ministère et reste éloigné des enfants dans l'attente de son jugement en 2023[20],[21].

Visite apostolique[modifier | modifier le code]

Un décret de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée du 14 janvier 2021 ordonne une visite apostolique en raison de « certaines difficultés internes » et d’un « désarroi » manifesté par des membres de l’institut. Des témoignages, en partie recueillis dès la fin des années 90, pointeraient une gouvernance « autoritariste » et un « abus du vœu d’obéissance ». C'est finalement à la réception de ces témoignages et d’une demande de la branche sacerdotale, qui faisait état de tensions avec la branche féminine, que le Saint-Siège aurait décidé de cette visite apostolique[22].

Quelques membres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Escallier, Marie Pila, née pour aimer en vérité, Editions du Carmel, (ISBN 9782847136432)
  2. Françoise-Emmanuelle Doron, Petite vie du père Marie-Eugène, Artège Editions, , 216 p. (ISBN 9791033612605)
  3. Guy Gaucher, La vie du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, Cerf - Editions du Carmel, , 2e éd. (1re éd. 2007) (ISBN 978-2204084130)
  4. Pie XII, « Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia », sur vatican.va, (consulté le )
  5. « Fils de Notre-Dame de Vie », sur notredamedevie.org (consulté le )
  6. « Prêtres de Notre Dame de Vie », sur notredamedevie.org (consulté le )
  7. Claire Lesegretain, « La lumière de Notre-Dame de Vie », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Foyers de Notre-Dame de Vie » [PDF], sur Notre Dame de Vie (consulté en )
  9. « Le prophète Elie » (consulté le )
  10. « Saint Siffrein », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Le sanctuaire marial de Venasque », sur Notre Dame de Vie (consulté en )
  12. « Centres spirituels ND de Vie en France » (consulté le )
  13. « Site jeunes NDV » (consulté en )
  14. « Etablissements du réseau NDV-Education » (consulté en )
  15. « Précision », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Ouvrages de la collection "La vie spirituelle des enfants" » [PDF] (consulté le )
  17. Anne-Marie Le Bourrhis et Benoît Caulle, "Viens, suis-moi". Petit guide du catéchiste, Jubilé, , 101 p. (ISBN 9782866794569)
  18. « Collection Viens, suis-moi », sur "Viens, suis-moi". Chemin pour la catéchèse (consulté en )
  19. Claire Lesegretain, « Des propositions multiples pour transmettre la foi », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. Loup Besmond de Senneville, « Un prêtre de l’institut Notre-Dame de Vie mis en examen pour pédophilie », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. Lucas Larcher, « Un ancien prêtre du Sanctuaire de Lisieux jugé pour abus sexuels sur mineure », Ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. Céline Hoyeau, « Une visite apostolique en cours à Notre-Dame de Vie », sur La Croix, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]