Hui (ethnie)

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Des musulmans Hui après la prière, près de la mosquée Dongguan en Xining
Un signe de la viande halal magasin à Hankou, en Chine, ca. 1934-1935.

Les Hui (chinois : 回族 ; pinyin : huízú ; littéralement : « peuple hui ») sont une ethnie de Chine qui en constitue l'une des 56 nationalités. Pour John Esposito, la plupart des Hui sont anthropologiquement similaires aux chinois Han à cela près qu'ils pratiquent l'islam[1], mais une autre étude précise que dans les populations Huis de la route de la soie au Xinjiang, on trouve avec une fréquence de 6,7 % des haplogroupes de populations le l'Ouest de l'Eurasie, 30,2 % chez les Kazakhs, 14,3 % chez les Mongols, contre aucun chez les Hans de la même région[2]. Ils vivent principalement dans les provinces du Ningxia et du Gansu, mais on en trouve des communautés dans toute la Chine. Leur art martial traditionnel est le Cha quan. Les populations classés sans les Huis, au Sud de la Chine parlent des langues austronésiennes.

En Chine, leur population était proche des dix millions de personnes en 2000[3]. Présents également à titre très minoritaire au Kirghizstan et Kazakhstan sous le nom de dounganes, ils comprendraient au total 12,5 millions de représentants. Le plus célèbre des Hui est l'amiral Zheng He qui, de 1405 à 1433, mena 7 expéditions vers le Moyen-Orient et la côte est de l'Afrique.

Mosquées[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Liste de mosquées de Chine et Islam en Chine.

La plus ancienne mosquée connue en Chine est la Mosquée Huaisheng, à Canton, qui daterait de 650. Leur style varie grandement, selon les régions et la date de construction.

Durant la révolution culturelle, près de la totalité des mosquées ont été fermées, Pékin permit la réouverture de certaines d’entre elles à patir de 1980, avec les changements entrepris par Deng Xiaoping[4],[5].

Aujourd'hui, les mosquées Hui prospèrent et il n'est pas rare d'en croiser de nouvelles en construction ou d'autres en rénovation, dans toutes les villes de Chine, avec une plus grande concentration dans le Nord-Ouest.

Étymologie et identification[modifier | modifier le code]

Grande mosquée de Hohhot, Mongolie-Intérieure.

Le nom de « Hui » est officiellement donné par le gouvernement de la République populaire de la Chine et regroupe plusieurs minorités dont la religion est l'islam. D'autres minorités comptées distinctement pratiquent également l'islam.

Les Hui sont d'origine variée et beaucoup sont des descendants directs des voyageurs de la Route de la soie. Leurs ancêtres incluent les Hans, les peuples d'Asie centrale, les Arabes et les Perses, qui furent forcés de venir dans ces régions de leur Empire au XIIIe siècle par l'armée mongole. Plusieurs dynasties médiévales, en particulier la dynastie Tang, dynastie Song, et dynastie Yuan, mongole, encouragent l'immigration de Perse majoritairement musulman d'Asie centrale[6]. Dans les siècles suivants, ils se sont mélangés progressivement avec les différentes populations locales et les Hui ont été formés.

Les Hui sont plus concentrés dans le Nord-Ouest de la Chine (Ningxia, Gansu, Qinghai, Xinjiang), mais les communautés existent à travers le pays, par exemple à Pékin, la Mongolie-Intérieure, Hebei, Hainan et Yunnan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Esposito, John (2000-04-06). The Oxford History of Islam. Oxford University Press. ISBN 0-19-510799-3, p.443-444
  2. « Different matrilineal contributions to genetic structure of ethnic groups in the silk road region in china », Molecular Biology and Evolution, vol. 21, no 12,‎ , p. 2265–2280 (PMID 15317881, DOI 10.1093/molbev/msh238)
  3. 9 816 805 selon le recensement de 2000 : (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48
  4. Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume - Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309.
  5. « Virtually all the mosques in China were closed during the Cultural Revolution and Peking began to allow some of them to reopen only in 1980. »
  6. Lipman, Jonathan Neaman (1997). Familiar strangers: a history of Muslims in Northwest China. University of Washington Press

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Allès, Musulmans de Chine : une anthropologie des Hui du Henan, Éd. de l'École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2000, 334 p. (ISBN 2-7132-1350-9)
  • (en) Michael Dillon, China's Muslim Hui community : migration, settlement and sects, Curzon, Richmond, 1999, 208 p. (ISBN 0-7007-1026-4)
  • (en) Chuanbin Zhou et Ma Xuefeng, Development and decline of Beijing's Hui Muslim community, Silkworm books, Chiang Mai (Thailand), 2009, 113 p. (ISBN 978-974-9511-03-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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