Émile Peynot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Émile Peynot
Statue de Marianne Place Carnot.jpg

Détail du Monument de la République (1889), place Carnot à Lyon

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Distinctions

Émile Edmond Jean Peynot, né le à Villeneuve-sur-Yonne, et mort le à Paris, est un sculpteur et médailleur français[1].

Lauréat du prix de Rome en sculpture de 1880[2], une partie de ses œuvres monumentales est conservée en Argentine[3],[N 1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents d'Émile Peynot sont d'origine modeste, son père maçon meurt en 1862[4]. Il est placé en apprentissage chez un boulanger[5]. M. Duflot, le directeur de l’école communale de Villeneuve-sur-Yonne, avait remarqué les goûts d’Émile Peynot pour les beaux-arts et il décide de le former lui-même au dessin[4]et lui donne les moyens matériels de poursuivre ses études.

En 1867 Peynot entre dans l’atelier de Pierre Robinet à Paris où il se forme pendant trois ans[2].

Le , il est admis à l’École des beaux-arts de Paris et intègre la section sculpture dans l'atelier de François Jouffroy[4].

En 1871, il obtient la grande médaille de l'école[5]. Ses résultats et les éloges de ses professeurs lui permettent alors d’obtenir une subvention du département de l’Yonne en 1872 et 1873.

En 1873, il débute au Salon de la Société des artistes français avec un Buste de femme et obtient, en 1880, le premier grand prix de Rome.

Il meurt le .

Hommages et récompenses[modifier | modifier le code]

Émile Peynot est récompensé par de nombreuses médailles au Salon des artistes français et obtient une médaille d’or à l'Exposition universelle de 1889 et à celle de 1900. Il devient professeur à l’École des beaux-arts de Paris et a l'Académie de la Grande Chaumière.

Il est nommé commandeur du Dragon de l'Annam en 1889 à l'inauguration du Monument à Paul Bert. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1891, puis est promu officier de cet ordre en 1903[6].

Un boulevard de Villeneuve-sur-Yonne porte son nom.

En 2012, une exposition lui a été consacrée à Villeneuve-sur-Yonne[N 2]. Cet évènement valorisant un fonds de photographies et de dessins a été réalisé en partenariat avec divers musées[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument de la République, 1889. En 1880, le conseil municipal de Lyon lance l’idée d’élever un monument à la gloire de la République pour le centenaire de la Révolution française. L'emplacement est prévu sur la place Perrache (actuelle place Carnot) et, à l’issue d’un concours très disputé, le jury arrête son choix sur le projet d'Émile Peynot associé à l'architecte Victor-Auguste Blavette. La statue en bronze de La République mesure 7,5 mètres. Elle caresse un lion à sa droite et brandit un rameau de paix. Juchée sur un piédestal cylindrique d'une hauteur de 15 mètres, elle domine quatre groupes statuaires en pierre de Tournus : La Ville de Lyon, La Liberté, L'Égalité et La Fraternité. Le monument est inauguré en 1889. En , du fait la construction du métro, le monument est déplacé sur la place et amputée des groupes qui l’entourent. La Ville de Lyon, toujours sur la place, en est éloignée, les trois autres groupes sont transférés dans le parc Bazin situé dans le quartier de Montchat du 3e arrondissement de Lyon[5],[7].
  • Monument à Sadi Carnot : érigé en 1895 à Fontainebleau[N 3], ce monument est envoyé à la fonderie par l'occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale[8].
  • Monument à Paul Bert à Auxerre : en 1888, un comité national est constitué sous la présidence du sénateur J.Guichard pour l'érection d'un monument en l'honneur de l’ancien ministre de l’Instruction publique mort en novembre 1887. l’exécution en est confiée à Peynot, originaire de l’Yonne. Le comité se propose d’offrir l’œuvre à la municipalité d’Auxerre, ville natale de Paul Bert, à charge à elle de trouver un emplacement adéquat. Il en résulte une violente polémique entre radicaux et républicains qui ne trouve son épilogue que dans la proposition d’un Auxerrois de placer l’effigie du grand homme sur le pont qui enjambe l’Yonne, où elle se trouve encore aujourd’hui. Le monument est inauguré le [5].
  • Monument aux Morts de la guerre de 14-18 de Charenton-le-Pont : place de l’église, inauguré le . L'ornementation est imposante, à l'image du poilu casqué, armé d'un fusil, œuvre du sculpteur Peynot fondue par Ferdinand Barbedienne. Un hommage gravé aux morts de la Seconde Guerre mondiale a été ajouté au monument. Il est remanié en 2009.
  • Monument aux Morts de la guerre de 14-18 du Touquet : réalisé par les architectes Buisset et Bical, le monument aux morts est érigé au cœur du cimetière touquettois. Exécuté par Peynot et fondu par Duranton, il est inauguré le .
  • Monument aux Morts de la guerre de 14-18 de Saint-Mihiel, place Jean Bérain : en calcaire d’Euville, il représente un soldat de la Grande Guerre protégeant une femme serrant un enfant dans les bras. Il est inauguré le par André Maginot, ministre de la Guerre.
  • Monument au peintre Louis Français, 1901, square Louis Français à Plombières-les-Bains : Peynot obtient la commande de ce monument sur concours. Le monument est composé d'un obélisque en granit qui constitue un socle au buste sur piédouche en bronze. Deux statues de grande taille ornent la partie inférieure du monument de plan en C : une dryade debout, appuyée sur le tronc d'un chêne, tenant une lyre. Une évocation de Chloé ou une allégorie du Printemps assise sur un rocher joue de la flûte à deux becs. Une palette de peintre gît au sol. Le thème choisi rappelle les domaines de prédilection de Louis Français[9].
  • Monument au maréchal Exelmans, place Exelmans à Bar-le-Duc. Réalisé en 1898, il est l'œuvre de Peynot et Paul Roussel, fondu par Durenne.
  • Fontaine à Villeneuve-sur-Yonne : fontaine Briard datée de 1887, le bassin en fer à cheval entoure la pile de jet sur trois côtés. L'eau provient à la fois de la bouche des trois dragons et d'un orifice dans la console qui les soutient. Une allégorie républicaine trône à l'avant de la pile. On remarque un médaillon d'homme sur un côté et un médaillon de femme de l'autre côté de la pile, probablement ceux des mécènes à l'origine de la commande[8].
  • Monument aux Morts de Villeneuve-sur-Yonne, près de la porte de Joigny.
  • Monument aux Morts de Joigny : par délibération du 12 mars 1921, le marché est conclu avec Émile Peynot pour un monument inauguré le sur le rond-point de la Demi-Lune, puis déplacé en 1971 quai de la Butte[5].
  • Monument à Henri Schneider, Le Creusot, place devant l’hôpital inaugurée le , bronze. L'industriel est représenté assis sur une chaise, une carte dépliée sur ses genoux[10].
  • Monument aux Morts de Sens, promenade du Jeu de Paumes. Commandé en 1898 par souscription publique et par les soins du conseil municipal, du Souvenir français, des anciens combattants de 1870-1871, avec le concours de la ville de Sens et de l’État français[5].
  • Monument aux Morts de Bar-le-Duc, 1925, place du Maréchal Foch, devant l'église Saint-Jean. Ce monument est composé sur un piédestal pyramidal en pierre de Savonnières par l’architecte Lehmann et Peynot. Au sommet, une République dans de longs vêtements de deuil, debout, est également une allégorie du Souvenir : elle tient de la main gauche un faisceau de lauriers pour les vainqueurs et de la droite une gerbe de fleurs pour ceux qui sont morts. Au pied du monument, les statues de sept combattants sortant du socle symbolisent la défense de la Nation. Il a été restauré en 2007[11].
  • Mausolée de Sainte Alpais à l’église de Cudot : réalisé en 1891 d'après le gisant du XIIIe siècle.
  • Pavillon des grandes marques et maisons de Champagne à l’Exposition universelle de 1900 : conçu par les architectes Armand Bègue et Ernest Kalas de l'École des beaux-arts, et décoré par Peynot.
  • Mausolée d’Alexandre de Bary[N 4] : il est érigé dans le parc du château de sa maîtresse, Elvire Bouchez, à Thuisy.
  • Tombe de Juan Alberto Lartigau[N 5] : monument funéraire en marbre blanc, cimetière de la Recoleta à Buenos Aires[12].
  • Monument du Centenaire à Buenos-Aires : offert par la colonie française en Argentine à la ville de Buenos-Aires, exécuté en marbre et granit, avec la collaboration de l'architecte Nénot en 1910.
  • Monument du docteur Aristobulo Del Valle[N 6], cimetière de la Recoleta à Buenos Aires.
  • Offrande florale à Domingo Faustino Sarmiento, président de la République d’Argentine, monument en marbre de Carrare au cimetière de la Recolata à Buenos-Aires.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En France
À Monaco
  • Monaco, casino de Monte-Carlo : Le Matin, Midi, Le Soir et La Nuit, bas-reliefs en stuc décorant les quatre écoinçons de la salle construite en 1910, transformée en cabaret en 1948. Dans la galerie Empire, il exécute deux grands quadriges, bas-reliefs, en stuc figurant Le Char de l’Amour tiré par quatre chevaux, et Le Char de la Nuit tiré par quatre bœufs. Les bas-reliefs reposent sur une poutre supportée par deux motifs triangulaires décorés de Victoires soufflant dans leurs trompes.

Statuettes d'édition[modifier | modifier le code]

  • Jeune Femme, 1885, représentée debout tenant un panier de fleurs dans sa main droite, reposant sur une base ovale.
  • Marchand tunisien, 1883, bronze.
  • L'Angélus, bronze fondu par Houdebine et Fils.
  • Maternité, 1902, fonderie Hesse.
  • Guerrier arabe.
  • Arabe assis contrôlant son pistolet.
  • Trompette de la Renommée des établissements Ballot : trophée automobile de marque en bronze argenté. Le bouchon de radiateur est incorporé à la sculpture sur le modèle de marque.

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1881 : Louis-Nicolas Cabat, buste en bronze.
  • 1883 : Abandonnée, bas-relief en plâtre.
  • 1886 : Pro Patria, statue en plâtre ; La Proie, groupe en marbre.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans le domaine de la statuaire, il est le sculpteur français le plus représenté à Buenos-Aires, avec au moins six œuvres (B. Richard, Émile Peynot l’Argentin. Un sculpteur bourguignon à Buenos Aires ou l’art civique français à l’étranger, sur bernard-richard-histoire.com, 2014, consulté le 22 octobre 2016 (en ligne).
  2. À l'Espace Pincemin et répartie dans la ville en trois endroits près de la fontaine de la place Briard et du monument aux morts qu'il a réalisé pour sa ville natale.
  3. Fontainebleau était la résidence d'été des présidents de la République et Sadi Carnot y était très attaché[réf. nécessaire].
  4. Alexande de Bary (1854-1899) était négociant en vin de champagne à Reims, il défraya la chronique scandaleuse de la Belle Époque.
  5. Juan Alberto Lartigau (1889-1909) était le secrétaire du directeur de la police de Buenos Aires et ils ont, tous deux, été victimes de la bombe d’un anarchiste en novembre 1909.
  6. A. Delvalle (1845-1896), avocat et homme politique argentin, fondateur de l’Union civique radicale.
  7. Œuvre volée en .
  8. Paul-Eugène-Victor Bacquet (1848-1901) fut l’élève de Dumont à l’École des beaux-arts de Paris. Sociétaire des artistes français, il débuta au Salon en 1870 et il exposa à plusieurs reprises jusqu’en 1899.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice E. Peynot et [1] du site de la Bibliothèque nationale de France.
  2. a et b Rémi Couvignou, « Émile-Edourard Peynot », La gazette 89, n°4, mars 2006.
  3. a et b J-C. Salvinien, « Émile Peynot à l’honneur sur ses terres », L'Yonne, 2012 (en ligne).
  4. a, b et c Jean Luc Dauphin, Émile Peynot (1852-1932) Un grand sculpteur sénonais, Musée de Sens, .
  5. a, b, c, d, e et f Roland Cornilleau, Émile Peynot, Statuaire, Villeneuve sur Yonne 1850 - 1932, Clamecy, Nouvelle imprimerie Laballery, , 78 p..
  6. « Notice Émile Edmond Peynot », base Léonore, ministère français de la Culture
  7. « Fontaine de la République – Lyon », notice sur e-monumen.net.
  8. a et b Notice sur petit-patrimoine.com
  9. « Monument du peintre Louis Français – Plombières-les-Bains », notice sur e-monumen.net.
  10. « Monument à Henri Schneider – Le Creusot », notice sur e-monumen.net.
  11. Notice sur petit-patrimoine.com
  12. Photographie de l'œuvre sur flickr.com.
  13. Achat d'un plâtre d'Émile Peynot par la Piscine de Roubaix, publié 7 novembre 2013 sur amisdulouvre.fr.
  14. lefloch-drouot.fr, hôtel Drouot, vente du 11 décembre 2012, lot n°66 bis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, édition 1999.
  • Roland Conilleau, Émile Peynot statuaire. Villeneuve-sur-Yonne 1850-1932, 2002.
  • J.P. Fontaine, Les nouveaux mystères de l’Yonne, éditions De Borée, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]