Hospice des Enfants-Rouges

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L' ancien hospice des Enfants-Rouges ou hôpital des Enfants-Rouges est, lors de sa fondation dans le deuxième tiers du XVIe siècle, le premier établissement spécialement et exclusivement destiné à l'accueil des enfants trouvés à Paris. Il devint une caserne en 1808. Il a donné son nom au quartier administratif des Enfants-Rouges du 3earrondissement, où il était situé à l'actuelle intersection de la rue Portefoin avec la rue des Archives.

Situation et vestiges[modifier | modifier le code]

L'emplacement de l'hôpital des Enfants-Rouges correspond au no 90 rue des Archives, où le contour du chevet de la chapelle de l'hôpital est visible, et au tronçon de la rue des Archives qui n'était pas encore percée entre la rue Portefoin et la rue des Archives. Les bâtiments du 87 rue des Archives sont également des vestiges de l'ancien hospice.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Hôtel-Dieu de Paris accueillait, au XVIe siècle, les malades y compris les enfants. Malheureusement ces derniers mourraient prématurément du fait du manque de nourriture et de soins appropriés. La proximité avec les autres malades et le manque d'hygiène de l'époque répandaient les maladies contagieuses et aggravaient la mortalité infantile.

Marguerite de Navarre, qui entretenait une correspondance importante, de 1521 à 1524, avec Guillaume Briçonnet (1470-1533), évêque de Meaux[1], choisit le frère de ce dernier, Jean Briçonnet, second président de la chambre des comptes de Paris, pour mener à bien une prise en charge mieux adapté à ces pauvres enfants[2]. À la demande de Marguerite, le roi octroya par lettre patente, la somme de trois mille six cents livres tournois à ce projet, le [2].

Le , le président Jean Briçonnet, sur proposition de Simon Machaut et Denis Picot, auditeurs en la chambre des comptes, acheta une maison pour les enfants, disposant d'une cour et d'un jardin, pour la somme de mille deux cents livres tournois. Le reste de la somme fut utilisée pour des réparations, meubles et nourriture[2].

Les enfants de cet établissement étaient vêtus de vêtements rouges et prirent le nom "d'enfants-rouges"[2].

Après sa fusion avec l'hôpital des Enfants-Trouvés en 1772, l'hôpital des Enfants-Rouges fut supprimé. Les locaux furent alors achetés par les prêtres de la doctrine chrétienne le . Après fermeture de la communauté en 1790, les bâtiments sont vendus en 1795 et 1796 avec obligation de percer une rue dans le prolongement de la rue des enfants rouges de la rue Portefoin à la rue de la rue de la Corderie, actuelle rue de Bretagne. Cette rue ouverte en 1800 sous le nom de rue Molay. Cette rue fut intégrée à la rue des Archives en 1874.

Chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges[modifier | modifier le code]

Une chapelle avait été construite et un vitrail du chœur représentait les armoiries des Briçonnet et des Raguier (famille de son épouse)[2].

Pendant la Révolution française, la section de l'Homme-Armé se réunissait dans la chapelle.[réf. nécessaire]

Les vestiges de la chapelle, au no 90 de la rue des Archives, sont inscrits au titre des monuments historiques depuis [3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de la famille de la Rivière sur Geneanet.org
  2. a b c d et e Guy Bretonneau, Histoire généalogique de la maison des Briçonnets, 1620, p. 42 [lire en ligne]
  3. « Vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges », notice no PA00086106, base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Robin-Romero, Les orphelins de Paris: enfants et assistance aux XVIe-XVIIIe siècles, Presses Paris Sorbonne, 2007