Rue Neuve-Notre-Dame

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4e arrt
Rue Neuve-Notre-Dame
Image illustrative de l’article Rue Neuve-Notre-Dame
La rue Neuve-Notre-Dame, peinte par Eduard Gaertner en 1826.
Situation
Arrondissement 4e
Quartier Notre-Dame
Début Parvis de Notre-Dame
Fin Rue du Marché-Palu et rue de la Cité
Morphologie
Longueur 76 m
Largeur m
Historique
Création 1163
Ancien nom Rue Neuve-Sainte-Geneviève
Rue Sainte-Geneviève
Rue Neuve
Rue de la Raison

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Neuve-Notre-Dame
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La rue Neuve-Notre-Dame (aussi appelée « rue Sainte-Geneviève », puis « rue de la Raison » en 1793) est une ancienne voie de Paris située sur l’île de la Cité (aujourd'hui dans le quartier Notre-Dame du 4e arrondissement). Elle est désormais englobée dans le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris et son emplacement historique est marqué par des gros pavés de couleur claire.

Situation et caractéristique[modifier | modifier le code]

La rue était située dans l'ancien 9e arrondissement, quartier de la Cité.

La rue, toute droite, d'une longueur de 76 mètres et d'une largeur de 6 mètres, commençait place du Parvis et finissait rue du Marché-Palu (rue de la Cité après 1834). Elle était parallèle à l'axe de la Seine et en était séparée par l'ancien Hôtel-Dieu. Elle était prolongée à l'ouest par la rue du Marché-Neuf. Trois petites rues adjacentes joignaient la rue Neuve-Notre-Dame à la rue Saint-Christophe[N 1] qui lui était parallèle : il s'agissait des rues de Coulon[N 2], de Venise[N 3] et de la Huchette[N 4],[1].

Les numéros de la rue étaient rouges[2]. Le dernier numéro impair était le no 23 et le dernier numéro pair était le no 8.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

On lui donna ce nom car elle conduisait directement à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

La rue Neuve (« LA.R.HEVVE »)sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).
La rue Neuve-Notre-Dame sur le plan de Turgot.

Henri Sauval indique que cette rue existe depuis l'origine de Paris et qu'elle s'est initialement appelée « rue Neuve-Sainte-Geneviève » et « rue Sainte-Geneviève » parce qu'elle passait devant l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents[3] avant que l'évêque de Paris, Maurice de Sully, fasse rebâtir en 1163 la cathédrale Saint-Étienne[4].

En 1163, sous le règne de Louis le Jeune (le père et prédécesseur de Philippe-Auguste), Maurice de Sully propose un ambitieux projet de rénovation de la partie la plus peuplée de l'île de la Cité, constituée de ruelles étroites devant la cathédrale Saint-Étienne[5].

Il s'agit de remplacer la cathédrale par un nouvel édifice plus grand (la future cathédrale Notre-Dame de Paris), d'aménager un parvis dégagé devant ce nouvel édifice et de détruire un pâté de maisons existantes pour percer une rue large face au centre de sa façade. Cette rue doit être assez large pour pouvoir apporter les matériaux nécessaires à la construction de la nouvelle cathédrale et ensuite à en faciliter l'accès à une population nombreuse[6]. En effet, sans le percement de la nouvelle rue, l'accès à l'emplacement n'aurait put se faire que par l'étroite ruelle du Sablon[N 5]. Cependant l'historien Michel Fleury fait remarquer que Grégoire de Tours, décrivant dans son Histoire des Francs (LIB. VI, 32), la sortie du comte Leudaste de la cathédrale en l'an 583, utilise le terme latin platea[N 6] qui désigne une « grande rue » ou « place ».

Cette rue est alors appelée « rue Neuve » et, à la fin du XIIIe siècle, on lui donne le nom de « rue Neuve-Notre-Dame » car elle conduit directement à Notre-Dame de Paris.

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue Neuve-Nostre-Dame ».

En 1702, la rue, qui fait partie du quartier de la Cité, possède 28 maisons et 7 lanternes[7].

En 1793, sous la Révolution, elle est renommée « rue de la Raison[8] ».

En 1865, le baron Haussmann entreprend d'agrandir le parvis et fait détruire les bâtiments entourant la rue Neuve-Notre-dame, la faisant ainsi disparaître. En 1970, on décidera de marquer au sol l'emplacement des anciens bâtiments à l'aide de gros pavés de couleur plus claire que le revêtement du sol du parvis. On peut encore voir des restes des maisons détruites (fondations, puits…) dans la crypte archéologique du parvis Notre-Dame.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue Neuve-Notre-Dame a permis le passage des grandes processions religieuses durant son existence.

Dès le XIIIe siècle, de nombreux artisans du livre exercent dans le quartier. Rue Neuve-Notre-Dame, on trouve surtout des libraires (la moitié des libraires parisiens y est installée), mais également des relieurs, des enlumineurs et quelques parcheminiers[9]. À partir du XVIe siècle s'y ajoutent également des imprimeurs (parfois libraires et imprimeurs). Parmi ces artisans, on peut noter les libraires-imprimeurs Pierre Sergent et Nicolas Bonfons ou encore le relieur Pierre Roffet. Ces artisans sont essentiellement concentrés dans la partie de la rue qui est rattachée à la paroisse Sainte-Geneviève, alors que l'autre partie, à proximité de Notre-Dame, est notamment occupée par plusieurs marchands de volailles.

Un hôpital des Enfants-Trouvés y est mis en service le 24 février 1672, initialement sous le nom de « Maison de la Couche[10] ». En 1750, l’architecte Germain Boffrand est chargé de construire un nouvel hospice des Enfants-Trouvés, sur le côté nord de la rue. Il agrandit un peu le parvis et fait démolir les églises Sainte-Geneviève des Ardents (en 1745), Saint-Christophe et Saint-Jean-le-Rond, pour pouvoir y construire le nouvel hospice[11] qui sera à son tour détruit en 1877.

Une foire aux jambons (aussi appelée « foire au lard ») très fréquentée se tenait chaque année le Jeudi saint (jeudi précédant Pâques) le long de la rue ainsi que sur le parvis de la cathédrale, par la suite cette foire sera déplacée au mardi de la Semaine sainte[12].

Postérité[modifier | modifier le code]

En la Cité isnelement
Puis en la cité promtement
M'en vins après, privéement :
La rue du Sablon par m'ame,
Puis rue Neuve de Notre-Dame.

  • Le peintre Eduard Gaertner a peint la rue dans un tableau en 1826.
  • L'aquarelliste anglais Thomas Shotter Boys a dessiné la rue dans une lithographie vers 1835, pour son ouvrage Picturesque Architecture in Paris, Ghent, Antwerp, etc., publié en 1839.
  • L'illustrateur anglais Thomas Elliott Rosenberg a peint à l'aquarelle une gravure de François-Martin Testard et W. Segard représentant une procession se déplaçant vers la cathédrale Notre-Dame depuis la rue Neuve-Notre-Dame. Ce dessin est visible dans l'ouvrage Picturesque Views of Public Edifices in Paris publié en 1814.
  • La société Dassault Systèmes a réalisé une modélisation numérique en 3D de la rue Neuve-Notre-Dame telle qu'elle était en 1350, pour son application Paris 3D Saga.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette rue, aujourd'hui disparue, est distincte de la rue éponyme située actuellement dans le 15e arrondissement de Paris.
  2. Le mot « coulon » désigne un pigeon.
  3. Cette rue, préalablement appelée « rue des Dix-Huit », devait son nom à une enseigne À l'écu de Venise ; elle est distincte de la rue de Venise qui a existé dans le quartier Saint-Merri à Paris et dont une partie subsiste actuellement. Voir Recherches critiques, historiques et topographiques sur la Ville de Paris par Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot, 1775, p. 92.
  4. Cette ruelle, initialement appelée « ruelle Saint-Christophe », puis « rue du Parvis », est distincte de la rue de la Huchette qui est située sur la rive gauche à Paris.
  5. Cette ruelle actuellement disparue a été également dénommée « cul de sac des Sablons » et « rue du Champ-Flory ». Elle est distincte de l'actuelle rue des Sablons du 16e arrondissement de Paris.
  6. Leudastis usque ad « plateam » est prosecutus…
  7. Vers 1280-1300.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 35e quartier « Cité », îlot no 36, cote F/31/90/18, îlot no 37, cote F/31/90/19.
  2. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.
  3. « L'église Sainte-Geneviève-des-Ardents », www.cosmovisions.com.
  4. Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Charles Moette libraire et Jacques Chardon imprimeur-libraire, 1724, vol. 1.
  5. Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris, 1910.
  6. « Historique de la construction », www.notredamedeparis.fr.
  7. Jean de la Caille, Description de la ville de Paris.
  8. Registre de la commune, t. XXII, p. 13303, séance du 21 brumaire an II.
  9. Kouky Fianu, Les Professionnels du livre à la fin du XIIIe siècle, Bibliothèque de l'École des Chartes, t. CL, Librairie Droz, 1992 (ISBN 978-2-600-05176-7), p. 198.
  10. Isabelle Robin et Agnès Walch, « Géographie des enfants trouvés de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles », Histoire, économie et société, 1987, 6e année, no 3, « L'enfant abandonné », p. 343-360.
  11. « L'hospice des Enfants-Trouvés », carnavalet.paris.fr.
  12. Jacques Savary Des Bruslons, Dictionnaire universel de commerce, d'histoire naturelle et des arts et métiers, Genève, les héritiers Cramer et les frères Philibert, 1744, t. II.
  13. Le Dit des rues de Paris.