Groupe épiscopal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Dans une ville, un groupe épiscopal est un quartier dépendant de l'évêque ou des chanoines et dominé par la cathédrale. D'ailleurs, il est parfois nommé groupe cathédral.

Composants[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, un groupe épiscopal se composait généralement de :

  • Cathédrale et éventuellement d'autres lieux de culte annexes (l'ensemble constitue le groupe cathédral proprement dit)
  • Parvis de la cathédrale
  • Palais épiscopal incluant toujours une chapelle et parfois agrémenté d'un jardin.
  • Cimetière
  • Maisons des chanoines, qui pouvaient se compter par dizaines si chaque chanoine avait sa demeure. Dans le Nord de la France, les chapitres étaient puissants et avaient donc une forte emprise foncière. Par exemple, à Beauvais, les maisons étaient de vrais petits hôtels particuliers, comportant une grande salle, plusieurs chambres, une tour ou des tourelles, une écurie et un cellier.
  • Cloître. Ce nom peut aussi désigner le quartier des maisons canoniales (le cloître Notre-Dame à Paris)
  • Maisons des officiers de l'évêché
  • École
  • Tribunal ecclésiastique (l'officialité)
  • Prisons
  • Hôtel-Dieu. À Paris, il était plus vaste que la cathédrale.

Paysage[modifier | modifier le code]

Les groupes épiscopaux ont commencé à se constituer pendant l'Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, au fur et à mesure de la christianisation des villes. À quelques exceptions (Arles dans un premier temps), ils s'implantaient intra-muros, à l'intérieur du castrum.

Le quartier forme un complexe monumental dominé par la cathédrale. Le grand nombre de bâtiments qui le composent explique son étendue : à Winchester, il occupait au moins le quart de la superficie urbaine. À Langres, la cathédrale Saint-Mammès, les églises annexes, le long palais épiscopal, l'hôtel-Dieu et la grange dîmière s'étendait sur la moitié de la ville intra-muros. Au XIe et XIIe siècles, l'extension de certains édifices telle la cathédrale obligea, comme au Mans, à déborder les limites du castrum et donc à abattre une partie de la muraille.

Cité dans la cité, le groupe épiscopal formait un bloc facilement distinguable. Il était souvent délimité par une partie de la muraille du castrum. Les évêques le fortifiaient parfois. À Lisieux, au XIVe siècle, en l'absence d'enceinte urbaine, la défense se concentrait au niveau du quartier épiscopal enfermé dans une muraille d'où son nom de « Fort l'Évêque ».

Aujourd'hui, le groupe épiscopal se distingue beaucoup moins. Beaucoup d'églises ont été abattues, le cimetière aplani et recouvert. Les tribunaux, les prisons, les maisons des chanoines ou des officiers ont perdu leurs occupants et ont trouvé de nouvelles affectations, quand ils n'ont pas été détruits.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Erlande-Brandenburg, la cathédrale, Paris, Fayard, 1989
  • Jacques Heers, la ville au Moyen Âge en Occident, Hachette, 1990