Glande vestibulaire majeure

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La glande vestibulaire majeure (ou glande vestibulaire principale), anciennement appelée glande de Bartholin (nouvelle terminologie anatomique)[1],[2], est une glande paire et l'un des deux types de glandes vestibulaires (avec les glandes vestibulaires mineures).

Etymologie[modifier | modifier le code]

Les glandes vestibulaires majeures furent longtemps nommées "glandes de Bartholin" à partir de l'anatomiste danois Caspar Bartholin le Jeune qui les a décrites au XVIIe siècle[3]. Certaines sources attribuent par erreur leur découverte à son grand-père, l'anatomiste Caspar Bartholin le vieux (1585–1629).

Anatomie et physiologie[modifier | modifier le code]

Sur le plan embryologique, les glandes de Bartholin proviennent du sinus urogénital. Elles sont innervées par le nerf pudendal et utilisent l'artère pudendale externe comme source de sang. Elles sont reliées à des canaux situés entre les petites lèvres et le bord de l'hymen qui drainent le mucus dans le vestibule vaginal.

Ovales et mesurant environ 0.5 cm, elles sont situées légèrement en arrière, à gauche et à droite de l'ouverture du vagin, de chaque côté de la vulve, dans sa moitié postérieure et dans l'épaisseur des grandes lèvres. Elles sont partiellement recouvertes par les bulbes vestibulaires, eux-mêmes recouverts par les muscles bulbo-spongieux[4]. Ces glandes sont les homologues féminins des glandes bulbo-urétrales, ou glandes de Cowper.

Les glandes vestibulaires ne fonctionnent qu'entre la puberté et la ménopause. Le canal excréteur de chaque glande mesure 20 mm et s'ouvre par un orifice arrondi à la jonction du tiers moyen et du tiers postérieur du sillon labio-hyménéal. Constituées d’acini bordés d’un épithé lium cylindrique, elles excrètent un mucus épais véhiculé par le canal excréteur. Le mucus participe à la lubrification de l’orifice vaginal au même titre que les autres glandes[5].

Pathologie[modifier | modifier le code]

Lorsque l'orifice du canal glandulaire de Bartholin est obstrué, les glandes produisent une accumulation de mucus. Ceci peut provoquer une inflammation douloureuse. Cette inflammation porte le nom de bartholinite ou kyste de Bartholin. Ce dernier peut à son tour s'infecter et former un abcès[6]. L'adénocarcinome de la glande est rare, les tumeurs généralement bénignes et l'hyperplasie encore plus rares[7]. Le carcinome de la glande de Bartholin est une tumeur maligne rare qui survient dans 1% des cancers vulvaires. Cela peut être dû à la présence de trois types différents de tissu épithélial[8]. L'inflammation des glandes de Skene et de Bartholin peut sembler similaire à la cystocèle[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Keith Lean Moore et Arthur F. Dalley, Anatomie médicale : aspects fondamentaux et applications cliniques, De Boeck Supérieur, , 1177 p. (ISBN 978-2-7445-0114-2, lire en ligne).
  2. Vitorio Delage, « Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine », sur dictionnaire.academie-medecine.fr (consulté le 21 mai 2016).
  3. (en) Min Y. Lee, Amanda Dalpiaz, Richard Schwamb et Yimei Miao, « Clinical Pathology of Bartholin's Glands: A Review of the Literature », Current Urology, vol. 8, no 1,‎ , p. 22–25 (ISSN 1661-7649, PMID 26195958, PMCID PMC4483306, DOI 10.1159/000365683, lire en ligne, consulté le 18 mai 2018).
  4. Min Y. Lee, Amanda Dalpiaz, Richard Schwamb et Yimei Miao, « Clinical Pathology of Bartholin's Glands: A Review of the Literature », Current Urology, vol. 8, no 1,‎ , p. 22–25 (ISSN 1661-7649, PMID 26195958, PMCID 4483306, DOI 10.1159/000365683, lire en ligne, consulté le 23 mai 2020)
  5. Bernard Blanc et Laurent Siproudhis, Pelvi-périnéologie, Springer Science & Business Media, (ISBN 978-2-287-00501-5, lire en ligne)
  6. William A. Lee et Micah Wittler, « Bartholin Gland Cyst », dans StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 30335304, lire en ligne)
  7. (en) Peter A. Argenta, Karen Bell, Carol Reynolds et Robert Weinstein, « Bartholin's gland hyperplasia in a postmenopausal woman », Obstetrics & Gynecology, vol. 90, no 4, Part 2,‎ , p. 695–697 (ISSN 0029-7844, DOI 10.1016/S0029-7844(97)00409-2, lire en ligne, consulté le 23 mai 2020)
  8. (en) Debra Heller et Sarah Bean, « Lesions of the Bartholin Gland: A Review », Journal of Lower Genital Tract Disease, vol. 18, no 4,‎ , p. 351–357 (ISSN 1089-2591, PMID 24914884, DOI 10.1097/LGT.0000000000000016, lire en ligne, consulté le 23 mai 2020)
  9. (en-US) « Anterior and Posterior Vaginal Wall Prolapse - Gynecology and Obstetrics », sur Merck Manuals Professional Edition (consulté le 23 mai 2020)