Georges Rivière (muséologue)

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Georges-Henri Rivière
Nom de naissance Georges Henri Léon Benjamin Rivière
Alias
« GHR »
Naissance
Paris (France)
Décès (à 87 ans)
Louveciennes (France)
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Autres activités
Premier directeur du Conseil international des musées (ICOM) auprès de l'UNESCO, de 1948 à 1965
Conjoint
Nina Spalding Stevens (1877-1959)
Famille

Georges Henri Rivière[1], né le à Paris et mort le à Louveciennes (Yvelines)[2], est un muséologue français, fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris.

Surnommé « le magicien des vitrines »[3], il a joué un rôle important dans la nouvelle muséologie et dans le développement des musées d'ethnographie à l'échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Né dans le 18e arrondissement de Paris, il est le neveu du dessinateur Henri Rivière, auquel il emprunta son second prénom, pour se faire appelé Georges-Henri lorsque son oncle s'occupa de lui après le suicide de son père Jules en 1912. Il est le frère aîné de l'ethnologue Thérèse Rivière à qui il fit découvrir le monde de l'ethnologie au Musée d'Ethnologie du Trocadéro[4]. Il fait ses études au prestigieux Collège Rollin et interrompt sa scolarité après le baccalauréat. Jusqu'en 1925, Georges Henri Rivière étudie la musique puis, de 1925 à 1928, suit les cours de l'École du Louvre et qui éveillent son intérêt pour les musées.

Le Musée de l'Homme[modifier | modifier le code]

En 1928, Georges-Henri Rivière devient le conservateur de la collection de David David-Weill. Il découvre au Musée d’ethnographie du Trocadéro des pièces d’art précolombien avec l’idée de faire un article pour la revue Cahiers d'art de Christian Zervos. Il est enthousiasmé par ce qu'il y découvre et décide de monter un projet d’exposition, soutenu par monsieur David David-Weill. Il obtint les autorisations nécessaires et put monter son exposition avec l’aide d’un jeune expert inconnu, Alfred Métraux. Il monte l'exposition sur l'art précolombien au Musée des Arts décoratifs en 1928 et qui le fit connaître de tout le milieu parisien. Le nouveau directeur du Musée d'ethnographie du Trocadéro, Paul Rivet, décide de réorganiser le musée avec l'aide du talentueux « GHR ».

Sous la direction du docteur Paul Rivet, « GHR » y présente quelque 70 expositions de 1928 à 1937. avant que le musée change de nom pour devenir le Musée de l'Homme.

Le Musée des arts et des traditions populaires[modifier | modifier le code]

De 1937 à 1967, il dirige le Musée national des arts et traditions populaires qu'il a conçu et réalisé.

Bien que la création du musée remonte à 1937, l'ethnologie du domaine français ne prend véritablement son essor qu'avec la mise en place des enquêtes scientifiques (Chantiers 1425, 909 et 1810) organisées sous le patronage de l'État français durant l'Occupation[5]. Il parvient à l'installer sur le site de l'avenue du Mahatma Gandhi, en bordure du bois de Boulogne. Il y développe une muséographie révolutionnaire et en assurera le couronnement scientifique par la création du Centre d'ethnologie française.

Grand découvreur de talents, meneur d'hommes, il joue un rôle essentiel dans la fondation de l'ICOM (Conseil international des musées), dont il est le premier directeur de 1948 à 1965, puis le conseiller permanent jusqu'à sa mort. Il travailla à la mise sur pied de l'organisation à travers ses comités, ses conférences générales et son centre de documentation[6].

Théorie du musée[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait laissé très peu d'écrits, Georges Henri Rivière a fortement renouvelé la muséologie en France. Ses idées très innovantes et son goût pour les mondanités l'ont amené à mettre en place de véritables « opérations de communication »  : il met Joséphine Baker en vitrine au Musée de l'Homme, ou encore place des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring[7].

Georges Henri Rivière (à l'extrémité droite) dans le salon de la comtesse de Noailles en 1977

Il participe également au développement du concept d'écomusée qui se répand dans le monde au début années 1970. Environnement et pluridisciplinarité sont ses idées maîtresses sur lesquelles sont fondées, entre autres, les « Recherches coopératives sur programme d'Aubrac et du Châtillonnais » dans les années 1960. Même à la fin de sa vie, il continue de conseiller ceux qui poursuivent son œuvre et de les pousser à l'innovation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Archives personnelles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Association des amis de Georges Henri Rivière, La Muséologie selon Georges Henri Rivière: cours de muséologie, textes et témoignages, Dunod, Paris, 1989, 402 p. (ISBN 2-04-018706-5)
  • Nina Gorgus, Le Magicien des vitrines. Le muséologue Georges Henri Rivière, Éditions de la Maison des Sciences de l'homme, Paris, 2003, 416 p. (ISBN 2-7351-0975-5)
  • Christian Faure, Le Projet culturel de Vichy, Folklore et Révolution nationale 1940-1944, Presses universitaires de Lyon/Éditions du CNRS, 1989, 335 p. [présentation]
  • Isac Chiva, « Georges Henri Rivière : un demi-siècle d'ethnologie de la France », dans Terrain, no 5, octobre 1985Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles de GHR parus dans la revue Cahiers d'art[modifier | modifier le code]

  • Archéologismes, 1926 - 7 - 1ère année
  • Jean Lurçat, 1926 - 8 - 1ère année
  • Une sculpture chinoise entre au Louvre, 1926 - 10 - 1ère année
  • La céramique peinte susienne au musée du Louvre, 1927 - 2 - 2ème année
  • Un sondage dans l’art égéen, 1927 - 3 - 2ème année
  • Les disques, 1927 - 6 - 2ème année
  • Peintures égyptiennes d’époque impériales, 1927 - 9 - 2ème année

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'état civil « Georges Henri Léon Benjamin Rivière », cf. La muséologie de Georges Henri Rivière, Paris, Dunod, 1989, 404 p. L'orthographe usuelle « Georges-Henri » utilisée par la BnF (notice BnF no FRBNF11922116d) et l'Encyclopédie Universalis n'est pas conforme à celle qu'il utilisait : « Georges Henri »). Voir pdd.
  2. Cf. Acte de naissance. À l'époque, Louveciennes faisait partie de la Seine-et-Oise.
  3. Nina Gorgus, 2003.
  4. http://www.youscribe.com/catalogue/tous/litterature/correspondances-et-memoires/therese-riviere-2335273
  5. Christian Faure, 1989.
  6. Sid Ahmed Baghli, Patrick Boylan & Yani Herreman, Histoire de l'ICOM (1946-1996), Paris: ICOM, 1998, 103p.
  7. « L'homme qui a mis Joséphine Baker en vitrine, au musée de l'Homme et placé des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring fut aussi l'animateur de certaines des plus vastes recherches ethnographiques collectives de notre temps. » (Isac Chiva, 1985)
  8. Archives nationales